Adoration ou émotion ? par Paul Washer

Le livre des Psaumes est un livre de cantiques d’adoration, dont  chacun d’eux peut se chanter. Si un jour vous vouliez écrire un livre sur Dieu, sur la doctrine de Dieu, sur les enseignements bibliques à propos des attributs de Dieu, vous vous rendriez compte que plus de 50% de ces enseignements proviennent du livre des Psaumes.

Ainsi, nos propres louanges se doivent d’être en accord avec ces louanges-là. Si vous avez un leader de l’adoration, il faudra qu’il connaisse ces choses (qu’il soit un « théologien » de la louange). Parce que le leader de l’adoration se doit de connaître Dieu, et de marcher dans la véritable crainte de Dieu et dans la sainteté, probablement beaucoup plus qu’un prédicateur.

<b>C’est vraiment terrible ce que nous faisons de nos jours dans les églises dans le domaine de l’adoration, parce que nous ne manifestons pas la crainte de Dieu</b>. Un jeune homme a une guitare ? il chante bien ? Alors nous le laissons conduire l’adoration. Nous devons comprendre que dans le livre du Lévitique, Dieu fit mourir deux leaders de l’adoration, parce qu’ils ne l’adorèrent pas selon la révélation des Écritures.

L’adoration est quelque chose de dangereux. Une autre chose que nous devons comprendre est celle-ci : l’adoration est supposée être didactique, avoir pour but l’instruction. Elle est supposée servir à l’enseignement. Laissez-moi vous lire un passage de l’épître aux Colossiens (3/16) : <em>“Que la parole de Dieu habite en vous richement”. Ainsi, l’adoration provient de quelqu’un qui est saturé de la parole de Dieu. “En toute sagesse, instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres, par des psaumes, des chants et des cantiques spirituels”.</em>

Le fait de chanter dans les églises a pour but principal de bénir Dieu, et pour but secondaire d’instruire, pour enseigner ceux qui écoutent, pour les encourager, les exhorter, et témoigner.

Voici le problème que j’ai avec la plupart de la musique chrétienne actuelle; non pas <em>toute</em> la musique, mais une grande partie : elle ne respecte pas ces principes, et se fonde principalement sur le ressenti. Je vais être très honnête avec vous, et si cela vous fâche, pardonnez-moi. Je suis américain, je suis parfois un peu abrupt. <b>Beaucoup de chants d’adoration dans l’église d’aujourd’hui ne sont rien d’autre que la célébration de la chair</b>. C’est de l’exercice émotionnel. Si vous commencez à ressentir la présence de Dieu pendant les moments les plus emphatiques (exaltants) musicalement, lorsque le rythme s’accroît et que la musique est si glorieuse … et que vous ne perceviez la présence de Dieu qu’à ce moment-là … alors je dois vous dire que ce n’est pas la présence de Dieu que vous ressentez. Ce sont des émotions.

Je connais certaines personnes, parmi les plus saintes que je connaisse, qui s’assoient et adorent, sans musique. Je ne dis pas que ce soit la seule façon d’adorer, non, ce n’est pas cela. Mais le fait est qu’ils n’ont pas de musique. Alors quelqu’un dit : <em>“prenons le chant n°52”</em>. Et ils commencent à chanter. Et une fois terminé, un autre dit : <em>“Que pensez-vous du N°153 ?”</em>. Et ils commencent à adorer. Ce sont certaines des personnes craignant le plus Dieu, que je connaisse sur cette terre, qui comprennent profondément ce qu’est l’adoration.

Et si j’amenais chez eux des gens de cette église, qui savent tout de la musique, ils sortiraient de là en disant <em>“ces gens sont tous morts !”</em>. Parce qu’ils ont une idée erronée de la vraie présence de Christ. Ils ont besoin de chants qui transportent, qui soulèvent les émotions. Il n’y a pas forcément de mal à ça, mais il est nécessaire d’être très prudents.

Une fois, j’étais avec un groupe, et ils chantaient <em>“Dieu est ici”</em>, et la musique continuait, continuait … <em>“Dieu est ici, Dieu est ici” </em>… Et moi je dis <em>“non, non, Il n’y est pas”</em>. Et ils me demandèrent : <em>“Comment le sais-tu ?”</em>. Et je dis : <em><b>“Parce que la plupart d’entre vous seraient déjà  morts si Dieu était présent ici”. </em></b>Parce qu’Il est un Dieu saint,  …

Les gens se laissent transporter par la chair parce qu’ils ressentent quelque chose. Je m’arrêterai ici, mais je vous invite à réfléchir encore à une chose : j’ai entendu une fois quelqu’un me dire : <em>“Vous savez, pendant que je me rasai, ce matin, Jésus m’est apparu”</em>. J’avais envie de demander à cette personne comment il était possible qu’elle ait continué de se raser ! Quelle légèreté au regard de la présence de Dieu ! Dans la Bible, lorsque la présence de Dieu se manifestait, les hommes réagissaient différemment : <em>“Malheur à moi, je suis perdu ! Car je suis un homme aux lèvres impures et j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures … et mes yeux ont vu le roi, l’Eternel des armées !”</em> (Esaïe 6/5). C’est l’expérience d’Esaïe ! Vous dites “oui, mais c’est l’ancien testament”. Mais regardez Jean sur l’île de Patmos : Christ lui apparaît, et il tombe comme mort.

Je ne dis pas que la présence de Dieu produit toujours cet effet. Mais lorsque ce n’est JAMAIS ainsi, lorsque c’est toujours <em>“bénis-moi, bénis-moi, bénis-moi … joie, joie, joie … danser, danser, danser”</em>, quelque chose, je le crains, est devenu dramatiquement faux.

1 comments On Adoration ou émotion ? par Paul Washer

  • Totalement vrai.
    Il n’y a rien de pire que d’enchainer des cantiques dans une assemblée où l’on ne perçoit pas l’Esprit de Dieu, où l’on chante pour la gratification d’avoir chanté. Ça en devient presque « ch**nt » parce qu’on s’en bien que l’on n’est pas rassaisié, que quelque chose de fondalemental n’est pas là.

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