Les cris de Dieu en faveur de son peuple, de Ravi Zacharias

La construction du temple a marqué un tournant dans l’Histoire d’Israël, surtout dans son attitude vis-à-vis de Dieu. Juqu’alors, les israélites avaient été la possession de Dieu. Désormais, c’est Dieu qui devenait en quelque sorte leur possession. Dans le passé, ils avaient marché AVEC Dieu; maintenant ils devraient aller VERS Lui (pour aller au temple). Avec la sédentarisation du lieu de culte, la piété elle-même devint dépendante d’un lieu. Vie et adoration furent disjointes. Ce qui dans l’esprit de David avait été un moyen pour adorer Dieu devint une fin en soi, et servit à glorifier l’homme au détriment de l’Éternel.

Dans le temple tout était luxueux, élégant et fascinant. Mais c’est là que débuta la piété formaliste. C’est dans le temple que fut perdu le livre de la Loi. C’est dans le temple que le système des sacrifices se corrompit. C’est dans le temple que les sacrificateurs perdirent de vue la noblesse de leur tâche. C’est de là que la gloire de Dieu sortit et abandonna le peuple à son sort. La tente et l’autel avaient été remplacés par une autorité ecclésiastique avide de pouvoir; quoique l’apparence fut sauve dans leurs vêtements sacerdotaux richement brodés, les prêtres avaient fait oublier au peuple son véritable sacerdoce.

Dieu souhaitait établir sa tente dans chaque adorateur individuel d’abord, avant que tous les adorateurs se retrouvent pour offrir leur adoration commune. Le temple avait pris la place du tabernacle et constituait désormais un obstacle. C’est ce que démontre Etienne dans son discours au peuple dans Actes 7. Il paiera son audace de sa vie. Il déclare : «Le Très-Haut n’habite pas dans ce qui est fait par la main de l’homme» (v.48). Il rappelle ainsi que l’homme doit moins aller au temple pour adorer Dieu que l’adorer dans le temple de son propre cœur. C’est le corps qui est le temple de Dieu.

N’allons pas jusqu’à affirmer que la beauté et l’architecture d’un lieu de culte n’ont aucune importance. Deux dangers menacent l’homme qui construit un superbe édifice et le décore de tableaux et d’autres ornements : perdre de vue la valeur plus grande de l’être humain qui entre et oublier que la flèche se dresse vers le ciel et non vers la terre. Chaque objet dans un lieu de culte exprime quelque chose; certains orientent l’âme vers Dieu, d’autres détournent l’attention. Par la bouche de Malachie, le dernier prophète de l’Ancien Testament, Dieu interpella sérieusement le peuple pour qu’il se rende compte à quel point le culte qu’il lui offrait était vide de sens.

Il est intéressant de noter que l’apôtre Jean termine l’Apocalypse sur le thème de l’adoration. Et il prend bien soin de préciser qu’il n’a pas vu de temple dans la cité éternelle, ce qui n’empêchait pas les rachetés d’offrir l’adoration la plus authentique qui ait jamais été. Dans la Jérusalem céleste, Dieu n’est pas cantonné dans une maison.

Extrait du livre : Les cris du cœur, Editions Farel

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