L’influence de la culture sur la louange

Daniel SAGLIETTO (article paru sur le site Le Bon Combat)

 

Dans beaucoup de nos Eglises évangéliques, les temps de louanges ont acquis une place importante à l’intérieur du culte. Ceci est une grâce que Dieu nous accorde de pouvoir le louer avec tout notre être : notre intelligence, notre cœur, nos émotions et notre corps. Cela constitue un moyen de grâce par lequel le Saint-Esprit agit pour que Dieu soit glorifié et que l’Eglise soit édifiée (Ep 5.19). Mais dans la variété des cantiques récents à notre disposition, il nous arrive, souvent, de chanter certains textes très flous qui ne reflètent pas ce qu’enseigne la Parole de Dieu. A propos de l’adoration, E. Clowney a souligné à juste titre que :

L’adoration n’est pas une faculté de l’imagination qui nous permettrait de nous projeter hors de nous pour entretenir une émotion religieuse. Le culte comme la religion ne peuvent être définis indépendamment de Dieu, car la louange est la réponse de la créature à la gloire révélée du Créateur. Lorsque l’adoration et la piété sont vouées à un dieu inférieur, la nature même de ce culte est faussée. Cette perversion est le commencement de la spirale descendante de l’idolâtrie que l’apôtre Paul décrit (Rom 1.18-32). Le culte ne dégénère pas aussitôt dans la prostitution sacrée ou la débauche, mais il se corrompt dès lors que la créature humaine refuse de reconnaître Celui qui, seul, est digne d’être adoré, à qui l’on doit une entière dévotion, absolue, irrévocable (Rom 1.21-23)[1].

Il apparaît ainsi, de façon claire, que notre louange collective est un témoignage de notre dévotion personnelle au sein du corps de Christ. Aussi, comme membres du « corps de Christ »[2]fondé sur le « fondement des apôtres et des prophètes »[3], les chants dans les moments de culte doivent-ils normalement refléter ce que croit la communauté, ce sur quoi elle fonde sa vie, ce qu’elle considère comme son véritable trésor. Il convient donc de se demander quelle est l’origine des cantiques qui sont en dissonance avec la Parole de Dieu. Une grande partie d’entre eux ont pour auteur des « artistes » dont les convictions ne sont pas nettes. Mais est-ce la seule explication ? Il est raisonnable d’imputer aussi l’origine de la situation à l’influence malheureuse de présupposés culturels ambiants. Tel est l’objet des développements suivants.

  1. La louange

La louange est, d’abord, une offrande qui peut avoir différentes formes, une reconnaissance envers le Créateur. En effet, « la gloire transcendante de Dieu suscite la louange[4]» et la « gloire merveilleuse de Dieu, révélée dans l’Evangile, [qui] est la gloire de sa grâce[5]». C’est cette « gloire du Seigneur qui produit notre adoration [qui] devient une bénédiction [et] qui transforme sans cesse notre existence, et cela nous rendra enfin semblables à Jésus-Christ[6]». La louange est ainsi une offrande suscitée par la reconnaissance envers Dieu, destinée à adorer Dieu de tout notre être, en communion avec nos frères et sœurs :

Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment ; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce.(Col 3.16)

Ce verset met en évidence quatre éléments qui me paraissent fondamentaux, quatre secteurs dans lesquels la culture ambiante de ce monde essaie de s’immiscer pour les corrompre :

> Notre louange manifeste l’œuvre de la « Parole de Christ qui habite en nous » : elle est une expression de notre foi. Comme le souligne très bien 1 Pierre 1.23, nous sommes nés de nouveau lorsque Dieu a implanté en nous sa Parole vivante et permanente. C’est cette Parole plantée en nous qui, sous l’action du Saint-Esprit, nous a régénérés et nous a révélé la gloire de Dieu qui jaillit de la face de Christ. C’est, à ce moment-là, que par la foi nous avons saisi Christ comme notre Sauveur et Rédempteur[7]. Ainsi, les paroles de cantiques ne peuvent pas être séparées du fondement même de notre foi : la Parole de Dieu. Colossiens 3.16 présuppose clairement que notre louange provient de la Parole de Dieu qui habite en nous : la louange doit avoir un fondement objectif. Ce fondement est le fondement apostolique (1Co 3 ; Rm 16.25), la foi qui nous a été donnée une fois pour toutes par les apôtres (Jude 1 ; Hé 1.1).

> Notre louange est un moyen de grâce que Dieu a donné à l’Eglise pour susciter sa croissance, sa cohésion et sa piété. Notre louange au sein de l’Eglise est une œuvre communautaire par laquelle nous vivons une véritable koinonia avec nos frères et sœurs : elle témoigne de notre unité en tant que corps à la tête duquel règne notre Seigneur Jésus-Christ.

> Notre louange s’adresse à Dieu et c’est lui qui en est le centre.

> Notre louange est « sous l’inspiration de la grâce »  ou  « … chantant avec gratitude dans nos cœurs envers Dieu… ». De ce fait, notre louange doit exprimer une reconnaissance pour la grâce de la rédemption que Christ nous a acquise à la croix en devenant, pour nous, une victime propitiatoire à cause de nos péchés afin que nous soyons réconciliés avec Dieu[8]. Notre louange est une réponse à la grâce que Dieu nous a faite en envoyant son Fils unique pour notre rédemption.

  1. La gangrène de la culture ambiante

Nous allons maintenant voir que la culture ambiante attaque ces quatre secteurs de façon évidente et va jusqu’à infecter certains de nos cantiques.

a) Le postmodernisme et le relativisme

La société est profondément marquée aujourd’hui par le postmodernisme et le relativisme. La notion de « vérité » est devenue une valeur à décliner au pluriel pour un même sujet, alors que son étymologie ne le permet pas. En effet, notre société est devenue tellement tolérante qu’elle en est venue à être intolérante vis-à-vis de l’« absolu », de tout ce qui peut paraître « ultime » pour lui-même. C’est ainsi que la foi réformée est rejetée parce qu’elle défend l’orthodoxie fondée sur l’enseignement apostolique. Les notions de chute, de dépravation totale, de providence, de souveraineté, de rédemption, de propitiation, de jugement sont insupportables pour nos contemporains. C’est malheureusement ce que l’on peut trouver parfois dans certains cantiques qui manquent tellement de « spécificité » qu’un mormon ou un témoin de Jéhovah pourrait les chanter aussi. Cela ne signifie pas que tous les chants devraient être une déclinaison du Symbole des apôtres, mais devrait nous inviter à scruter les doxologies présentes dans le Nouveau Testament. Nous y verrions des caractéristiques théocentriques et christocentriques fondamentales pour la foi apostolique. Notre louange devrait exprimer notre foi qui est fondée sur ce que nous « a dit le Fils en ces temps qui sont les derniers[9]», et non « une foi » parmi tant d’autres. Par exemple, Dieu est souvent chanté :

> ou comme très distant (on frôle le déisme) ;

> ou tellement proche que les notions de révérence et de sainteté apparaissent comme des valeurs étrangères ;

> ou tellement « en tout » que cela frôle un « panthéisme » évangélique.

La seule manière de remédier à cela est de faire prévaloir la gloire unique de notre Dieu créateur et trois fois saint (transcendance), gloire qui s’est manifestée à la croix dans le sacerdoce parfait et unique de Jésus-Christ (immanence).

b) Le danger de l’individualisme

La société française est devenue foncièrement individualiste et particulièrement rebelle à toute forme d’autorité (c’est là sûrement un héritage de 1968). Aujourd’hui, il suffit de regarder les publicités pour voir que la cible première est l’individu et son épanouissement. Or, en Ephésiens 5.19 comme en Colossiens 3.16, le contexte immédiat des exhortations pauliniennes est celui de l’édification réciproque au sein du corps de Christ pour glorifier Dieu. Paul nous encourage à nous exhorter les uns les autres, à nous instruire les uns les autres. Si l’individualisme s’introduit dans notre louange, il peut se manifester de deux façons très dangereuses :

> L’égocentrisme. Nos chants de louange ne devraient pas contenir uniquement des « je », ceux-ci ne devant pas éclipser la réalité du « nous ». En effet, Dieu s’est acquis « un peuple » au prix du sang de son Fils bien-aimé.

> L’orgueil. On peut l’appeler le syndrome L’Oréal évangélique : « Parce que je le vaux bien. » Il ne faudrait pas que l’homme occupe la place centrale dans les chants de louanges au point que Dieu n’agit plus pour sa propre gloire mais pour répondre aux besoins de ses créatures. C’est là une déformation de ce qu’est la grâce : un don immérité. Dieu manifeste sa gloire dans le salut au travers du jugement[10]. L’homme n’est pas au centre de l’histoire de la rédemption, car c’est Dieu lui-même qui se glorifie en son Fils Jésus-Christ pour la plus grande joie du peuple qu’il s’est choisi.

La gloire de Dieu et non celle de l’homme doit être au centre des cantiques. Cela apparaît difficile dans société qui chérit sa « liberté » par-dessus toute autre chose, plus même que celle des autres, car un Français n’a « ni dieu, ni maître ».

c) Le danger d’une louange « thérapeutique »

Michael Horton, dans Christless Christianity[11], utilise l’expression de « thérapie moraliste déiste », tirée de l’analyse sociologique faite par Christian Smith et Marsha Witten pour décrire la jeunesse américaine. Cette expression décrirait la « foi évangélique » de la jeunesse « évangélique » (toutes traditions confondues) aux Etats-Unis. Cette « foi  thérapeutique» implique les convictions suivantes :

> Dieu a créé le monde.

> Dieu veut que les gens soient bons, gentils et justes les uns envers les autres comme l’enseignent la Bible et la plupart des autres religions.

> Le but central de la vie est d’être heureux et de se sentir bien dans sa « peau ».

> Dieu n’a pas besoin d’être particulièrement impliqué dans la vie de quelqu’un, à moins qu’il ne soit nécessaire pour résoudre un problème.

> Les hommes bons vont au « ciel » lorsqu’ils meurent.

 

Cette étude porte sur la population américaine ; cependant, on peut y retrouver plus ou moins les présupposés de nombre de nos contemporains sur ce qu’est la religion chrétienne. C’est, en effet, malheureusement, ce qui constitue la foi de certains dans nos propres Eglises. C’est particulièrement le cas pour la troisième caractéristique, qui est bien présente dans la société française. Celle-ci est, en effet, celle qui consomme le plus d’anxiolytiques et d’antidépresseurs[12](5 millions de Français) ; elle est également très dépendante de ses psychologues et des séances de coaching.

Notre société est engagée dans une véritable poursuite d’un « bonheur » égocentrique et beaucoup de nouveaux cantiques se focalisent sur un « bonheur » fondé sur la paix (uniquement émotionnelle et non celle qui découle explicitement de la réconciliation en Christ), la douceur, la bienveillance de Dieu. Malheureusement, au lieu de magnifier et de glorifier Dieu, nous élevons nos besoins au-dessus de Dieu et nous voulons que des cantiques riches en métaphores et en images poétiques nous procurent une sorte de paix, alors que celle-ci est déconnectée de l’œuvre de Christ à la croix. C’est ainsi que le risque est grand de succomber au danger de l’émotion à outrance (par les paroles ou par la musique) en se déconnectant des réalités bibliques de la rédemption et de l’intercession du Fils auprès du Père. Nous pouvons trop souvent ainsi nous adonner à une louange « thérapeutique » et non « confessante ».

d) Un évangile « romantique »

Il est impossible de  ne pas remarquer que les vérités fondamentales qui décrivent la grâce et l’œuvre propitiatoire de Christ sont de moins en moins présentes dans nos chants. En effet, notre société pluraliste ne supporte pas la notion d’exclusivisme qui caractérise la doctrine biblique de la rédemption. Si nous abordons les thèmes de l’exclusivité du salut en Jésus-Christ seul, nos contemporains, bien qu’ils rejettent l’existence de Dieu, nous reprocheront d’être intolérants vis-à-vis des autres religions et de manquer d’amour et de générosité. En plus de vouloir défendre un relativisme qui fait de Dieu une valeur obsolète et optionnelle, notre société est si imprégnée de romantisme à « fleur de peau » qu’elle estime que la notion d’un jugement universel divin envers l’humanité à cause de son rejet de Dieu est inacceptable. Si un Dieu existe, il doit nécessairement être amour : un amour tel qu’il  est exclu qu’il soit juge en même temps. Comme nous voulons non pas « choquer » mais rendre l’Evangile « accessible », nos cantiques sont de plus en plus « dépouillés » de ces vérités fondamentales liées à notre dépravation naturelle et à l’exclusivité du salut en Jésus-Christ seul, par le moyen de la foi. Si la louange est adressée à Dieu (et il faut qu’elle le soit !), nous ne devons pas louer un dieu que nous aurions façonné selon notre idée de ce qu’il devrait être. Il importe plutôt de chanter des chants qui soient de profondes louanges de qui est Dieu. Si nous affaiblissons, dans nos chants, le témoignage biblique sur la sainteté et la justice de Dieu, nous transformons l’amour de Dieu manifesté à la croix en œuvre « incohérente ». En effet, si la « justice de Dieu » et sa « sainteté » sont mises de côté, pour quelles raisons  fallait-il que Dieu le Fils s’incarne et meure sur la croix ? Un tel abandon des dimensions expiatoires et propitiatoires fait courir le risque de se limiter à une définition « exemplaire » de la croix. On aurait ainsi tendance à aborder, dans les chants, la thématique de la « croix » comme étant un exemple de l’« amour » que nous avons à nous manifester les uns aux autres. Une telle attitude est inacceptable au vu des Saintes Ecritures, car Jésus-Christ s’est offert comme victime « propitiatoire » au Père pour notre rédemption, et il a donné sa vie en « rançon pour beaucoup[13]».

 

  1. Conclusion

Il convient donc de veiller à ce que nos nouveaux cantiques soient exempts des quatre présupposées culturels qui constituent une véritable gangrène : le relativisme, l’individualisme, le consumérisme thérapeutique, le sentimentalisme « mielleux ». Pour cela, le mieux est de retourner au fondement biblique de notre foi et de découvrir (ou de redécouvrir) les trésors immenses contenus dans les hymnes des générations de croyants qui nous ont précédés. Comme Wesley le conseillait[14]:

Par-dessus tout : chantez spirituellement. Ayez un regard vers Dieu dans chaque parole que vous chantez. Ayez à cœur de lui plaire plus qu’à vous-mêmes ou à quelque autre créature. C’est pourquoi faites strictement attention à ce que vous chantez et veillez à ne pas laisser vos cœurs être détournés (de Lui) par les sons, mais qu’ils soient constamment offerts à Dieu[15].

Ne nous effrayons pas de ce que notre louange puisse être perçue comme un « territoire inconnu » par nos contemporains. C’est justement ce Dieu qui leur est « inconnu » que nous leur annonçons au travers de la révélation pleine et entière que nous en avons en Jésus-Christ. La louange reflète souvent une réalité étrangère à ce monde et à ses présupposés relativistes. Tout comme en Apocalypse 4 et 5, ce sont le « trône de Dieu » et « l’agneau immolé qui se tient debout» qui doivent être au centre de notre louange, de nos affections, de nos méditations. Ainsi, comme le souligna Cornelius Van Til[16]à propos de l’éducation et de la culture, il est important que, dans l’écriture des cantiques, nous œuvrions en résonance avec les trois facettes du ministère parfait qu’a accompli Christ : prophète, prêtre et roi. Jésus-Christ est le prophète parfait (car il est le Logos éternel de Dieu qui nous a révélé le Père[17]), le prêtre parfait (il a offert son corps en sacrifice pour nous une fois pour toutes[18]) et le roi parfait éternel qui siège à la droite du Père et règne[19].  Ainsi, il faudrait que nos cantiques soient :

> Prophétiques, annonçant une parole claire et précise en accord avec la foi apostolique.

> Sacerdotaux, magnifiant le sacrifice de Christ qui « n’a point connu le péché », et qui a été fait péché pour nous « afin que nous devenions en lui justice de Dieu[20]».

> Doxologiques, glorifiant le règne de Christ et la souveraineté de Dieu.

Il faut souhaiter que nos chants ne soient plus des « dérivés » de la culture ambiante, « vaporisés » d’un « parfum évangélique », mais plutôt qu’ils soient saturés de l’Evangile et offrent, à un monde qui est en pleine « dérive », une vision du « trône de Dieu » et de « l’agneau immolé qui se tient debout ».

 

Daniel Saglietto

 

 

 

[1]E.P. Clowney, L’Eglise, Ed. Excelsis, 2000, 122.

[2]Ep 5.23

[3]Ep 2.20.

[4]E.P. Clowney, op. cit.,122.

[5]Ibid., 123.

[6]Ibid., 124.

[7]2 Co 4.4-6 ; Ep 2.8 ; Jn 1 et  3.

[8]Rm 3.21-28 ; 2 Co 5.17ss.

[9]Hé 1.1-2.

[10]J’emprunte cette expression à Jim Hamilton (God’s Glory in Salvation through Judgment, Crossway 2010) qui l’utilise pour définir le centre de la théologie biblique.

[11]M. Horton, Christless Christianity, Baker Books, 2008, 40ss.

[12]http://www.scienceshumaines.com/-0aantidepresseurs–un-choix-collectif–0a_fr_14006.html.

[13]Mc 10.45.

[14]J’apprécie cette parole de Wesley même si on peut y déceler une certaine tendance augustinienne de méfiance vis-à-vis des arts et des sentiments qui y sont mêlés (« détournés par les sons »).

[15]A. Kuen, Oui à la musique, chap. 4. (http://louange.org/html/index.php?name=News&file=article&sid=25&theme=Printer)

[16]http://www.sermonaudio.com/sermoninfo.asp?SID=1220039319

[17]Jn 1 ; Hé 1.

[18]Hé 10 ; Rm 8.34 ; Hé 1.3.

[19]1 P 3.22 ; Ep 1.21.

[20]2 Co 2.21.

7 comments On L’influence de la culture sur la louange

  • Aujourd’hui la ‘louange’ prend environ la moitié de la place dans un culte évangélique classique.

    Il est intéressant de voir en lisant la Parole de Dieu que, dans la nouvelle alliance, la musique est complètement absente.
    On trouve bien des cantiques, mais ils sont exclusivement chantés.
    Et des harpes, mais dans le ciel.

    Pas non plus la moindre trace d’un conducteur de louange, encore moins au milieu des pasteurs, docteurs, prophètes, évangélistes et apôtres.
    Pas de réunions de louange, pas de ‘ louange et adoration prophétiques ‘, rien.

    Alors évidemment on citera le psaume 150 :
    1 Louez l’Éternel ! Louez Dieu dans son sanctuaire ! Louez-le dans l’étendue, où éclate sa puissance !
    2 Louez-le pour ses hauts faits ! Louez-le selon l’immensité de sa grandeur !
    3 Louez-le au son de la trompette ! Louez-le avec le luth et la harpe !
    4 Louez-le avec le tambourin et avec des danses ! Louez-le avec les instruments à cordes et le chalumeau !

    A quoi je répondrais en citant le psaume 66
    15 Je t’offrirai des brebis grasses en holocauste, Avec la graisse des béliers ; Je sacrifierai des brebis avec des boucs.

    Faut-il encore sacrifier des boucs sous prétexte que les psaumes le demanderaient ? Ne faut-il pas plutôt voir là comme un droit d’inventaire avec les psaumes depuis la nouvelle alliance ?

    D’après certains historiens, il semble que les instruments de musique soient entrés dans les églises aux alentours du 9e siècle et qu’il n’y en avait pas avant.
    Pourquoi ?
    Pourquoi l’église des premiers siècles n’utilisait-elle pas d’instruments pour louer le Seigneur ?
    Pourquoi cette entrée si tardive ?
    Comment est-on passé d’adorateurs ‘en esprit et en vérité ‘ à adorateurs ‘en chantant et en jouant de la cornemuse ‘ ?

    Par contre la Bible nous donne un bel exemple de culte ou l’on FORCE le peuple à adorer dès que la musique démarre : mais c’est à Babylone (livre de Daniel, chapitre 3).

    • Bonjour Toto
      Merci pour le commentaire, qui va dans le sens de ce qu’exprime l’auteur de l’article.
      Intéressante, la mise en symétrie des psaumes 150 et 66, pour relativiser la louange musicale … à laquelle vous avez visiblement réfléchi. Comme vous, la transformation du culte évangélique m’interpelle, la place prépondérante des concerts de culte (qui ont éteint l’expression personnelle) me dérange. Et comme Daniel Saglietto, je pense que la culture du monde est entrée dans le lieu saint (je le dis avec mes mots, en prenant garde de ne pas généraliser parce que les chrétiens sincères existent encore).
      Pour autant, je continue de croire que la louange dans l’église (et de l’église) est importante. Nous devons faire attention de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, comme on dit : ni la musique, et surtout pas la louange, ne sont pour autant de mauvaises choses en elles-mêmes. Et ce n’est pas parce qu’on forçait le peuple à adorer la statue d’or de Nebucadnetsar au son des instruments de musique que nous pouvons nous autoriser à assimiler un culte évangélique à cet exemple.
      Ce que je veux dire par là, c’est que nous percevons les choses depuis notre fenêtre, c’est inévitable. Nous avons nos paramètres, mais ils sont toujours incomplets.
      Songez par exemple que si l’Esprit de Dieu vous révélait soudainement quelque chose de la gloire de l’Agneau, et que vous compreniez pour la première fois qui il est (vous pensiez le savoir) et combien vous n’avez besoin de RIEN d’autre que de l’aimer (ça, vous ne le saviez pas), et de l’adorer … alors, le temps de louange vous paraîtrait subitement trop court. Vous arriveriez au culte avec le cœur plein de louange, comme un fleuve qui menace de déborder, et vous trouveriez une joie intense, un contentement extrême, à déverser votre cœur dans les chants, connus ou pas, musicaux ou pas. Tout en étant capable de faire ça plusieurs heures de suite. Et vous seriez comblé, parce que ce qui compte dans notre relation avec Dieu, c’est de vivre quelque chose de vivant spirituellement. Et que le problème, souvent, c’est que nous remplaçons cette vie de l’Esprit, lorsqu’elle est absente, par une vie de l’âme, par de l’émotionnel, c’est-à-dire par quelque chose de vibratoire. Et la musique, c’est bien connu, créée une vibration et provoque une harmonie.
      Le vrai problème que nous avons, c’est donc davantage le fond que la forme. La question, ce n’est pas l’omni-présence de la musique, c’est le manque ou l’absence de la vie de l’Esprit, qui a permis l’émergence de ces choses. Et dans la mécanique spirituelle, je ne vous apprends rien : la Vie vient de la mort (Colossiens 3, Romains 8/13 et Galates 5/24).C’est le début de la partition céleste, celle que Jésus a suivie. Et c’est la nôtre, aussi.

  • Merci d’avoir développé si longuement, mais vous n’avez pas répondu à mes questions.

    Autre chose, vous dites :
    Songez par exemple que si l’Esprit de Dieu vous révélait soudainement quelque chose de la gloire de l’Agneau, et que vous compreniez pour la première fois qui il est (vous pensiez le savoir) et combien vous n’avez besoin de RIEN d’autre que de l’aimer (ça, vous ne le saviez pas), et de l’adorer … alors, le temps de louange vous paraîtrait subitement trop court. Vous arriveriez au culte avec le cœur plein de louange, comme un fleuve qui menace de déborder, et vous trouveriez une joie intense, un contentement extrême, à déverser votre cœur dans les chants, connus ou pas, musicaux ou pas. Tout en étant capable de faire ça plusieurs heures de suite. Et vous seriez comblé, parce que ce qui compte dans notre relation avec Dieu, c’est de vivre quelque chose de vivant spirituellement.

    Intéressant. Vous dites que si on découvre qu’on a besoin de rien d’autre que d’adorer alors le temps de louange vous semblerait tout a coup trop court ?
    Pourquoi pas le temps de prière ?
    Pourquoi pas le temps de balade dans les bois ?
    Pourquoi pas l’adoration en esprit ? Et en vérité ? Sans justement RIEN d’autre.
    Votre réponse est contradictoire.

    La musique ne serait-elle pas plutôt quelque chose qu’on va rajouter à l’expérience spirituelle, qui fera que rapidement on associera les deux et qu’au final on imaginera plus l’un sans l’autre ?
    D’ailleurs dans l’esprit d’un évangélique lambda (et pas lambada !) aujourd’hui un temps de louange ou d’adoration est FORCEMENT accompagné de musique.

    Je pense pour ma part que c’est bien autre chose.

    • Bonsoir Toto
      Je vous ai proposé une réponse générale sur le fond, afin de nous éviter de nous perdre dans les détails de la forme. Mais puisque vous attendez de la précision, je vais essayer de ne pas vous décevoir.
      Préambule : vous dites « Faut-il encore sacrifier des boucs sous prétexte que les psaumes le demanderaient ? Ne faut-il pas plutôt voir là comme un droit d’inventaire avec les psaumes depuis la nouvelle alliance ? » Vous placez en symétrie le psaume 150 (qui exhorte à louer) et le psaume 66 en tenant le raisonnement suivant : puisqu’il est évident que nous n’avons pas/plus à sacrifier des animaux, nous n’avons pas non plus de raison de louer (avec des instruments, si je ne déforme pas votre pensée). Vous contestez l’appui musical à la louange et ses dérives actuelles, en vous appuyant sur 3 affirmations/questions :
      1) « D’après certains historiens, il semble que les instruments de musique soient entrés dans les églises aux alentours du 9e siècle et qu’il n’y en avait pas avant. Pourquoi ? ».
      Je ne suis ni un opposant ni un défenseur acharné de la musique dans le culte, et j’essaye simplement de comprendre en essayant de me garder des préjugés qui déforment les choses. Pour répondre à cette question, je pense qu’il n’est pas inutile de regarder dans le rétroviseur en essayant de comprendre le contexte des évangiles : par exemple j’imagine mal que Jésus ou les premiers chrétiens aient chanté sans instrument(s) de musique. Question de bon sens. Car ils ont chanté. Je pense qu’ils étaient capables de chanter et psalmodier a capella, mais je conçois difficilement une absence totale de musique, tout simplement parce que les premiers chrétiens sont des juifs et que la musique est très présente dans leur culture. Avec un héritage sacré très fort. Et le fait que les écrits néotestamentaires ne disent rien sur la présence de musique dans les cultes ou réunions de prière ne me paraît pas suffisant pour conclure que la musique religieuse est une chose que Dieu désapprouve. En revanche, la musique entrant dans l’église, puis dans le christianisme mondial deviendra une porte pour la pénétration de l’esprit du monde, comme le montre bien Daniel Saglietto.

      2) «Pourquoi l’église des premiers siècles n’utilisait-elle pas d’instruments pour louer le Seigneur ?
      Pourquoi cette entrée si tardive ?»

      Comme vous le savez sans doute déjà, ce sont les pères de l’église qui ont proscrit les instruments de musique, et je ne suis pas certain que cette mise à l’index soit plus spirituelle… La séparation d’avec le monde était perçue avec les excès qu’on connaît, et qui ont fait que l’église n’est pas devenue la lumière que Jésus voulait qu’elle devienne. C’est dans cet esprit-là qu’on a fait l’apologie des croisades, et qu’est né l’inquisition. Je ne m’étend pas sur cette réponse, mais il y aurait beaucoup à dire sur ceux qui pensent qu’il vaut mieux aseptiser l’église, ou éradiquer sans ménagement tout ce qui n’est pas biblique. Parce qu’à force de fermer la porte à toutes les erreurs, c’est la vérité qui finit par ne plus pouvoir rentrer.

      3) «Comment est-on passé d’adorateurs ‘en esprit et en vérité ‘ à adorateurs ‘en chantant et en jouant de la cornemuse ‘ ?»
      Vous assimilez visiblement l’adoration en esprit et en vérité à quelque chose dans lequel la musique n’a pas de place. Ce n’est pas mon avis — et je ne dis pas que les deux sont indissociables, mais que leur association n’est pas un critère d’idolâtrie. Je vous rejoins si vous pointez les excès des cultes musicaux, les shows louangeur, et le parfait aveuglement qui consiste à confondre une scène pleine de décibels avec la tente de la Rencontre. Je vous rejoins si vous déplorez la confusion entre l’adoration en esprit et en vérité avec l’émotionnel vibratoire. Mais pour autant, cela ne signifie pas à mes yeux de pouvoir affirmer que la louange avec de la musique est diabolisable par principe. Ce que vous semblez prêt à faire.

      En conclusion, (et pardon pour la longueur), je répond à votre dernier com :

      «Intéressant. Vous dites que si on découvre qu’on a besoin de rien d’autre que d’adorer alors le temps de louange vous semblerait tout a coup trop court ? Pourquoi pas le temps de prière ? Pourquoi pas le temps de balade dans les bois ? Pourquoi pas l’adoration en esprit ? Et en vérité ? Sans justement RIEN d’autre. Votre réponse est contradictoire.»
      Je parlais bien sûr d’un contexte de culte et d’un moment de louange. Pour les autres contextes, vous avez raison : la prière, la ballade dans les bois, la lecture de la Bible, la cuisine, etc … sont autant d’occasions de louer et d’adorer.

      «La musique ne serait-elle pas plutôt quelque chose qu’on va rajouter à l’expérience spirituelle, qui fera que rapidement on associera les deux et qu’au final on imaginera plus l’un sans l’autre ? D’ailleurs dans l’esprit d’un évangélique lambda (et pas lambada !) aujourd’hui un temps de louange ou d’adoration est FORCEMENT accompagné de musique».
      Vous et moi avons découvert (par la grâce de Dieu) que l’adoration est plus haute, plus large, plus profonde que cette pauvre définition évangélique moderne qu’on trouve dans certains endroits : ça signifie que beaucoup de chrétiens lambdas ne sont pas des chrétiens lambadas !
      Est-ce que vous avez lu cet article ?
      https://lesarment.com/2007/01/pieges-autour-de-la-musique-chretienne/

  • Ah non je suis pas déçu ! Merci d’avoir pris ce temps pour répondre.

    Je ne veux pas diaboliser la musique, mais parfois en essayant de redresser, maladroitement j’en conviens, on finit par tordre dans l’autre sens (même si c’est moins tordu qu’au départ !)

    la musique entrant dans l’église, puis dans le christianisme mondial deviendra une porte pour la pénétration de l’esprit du monde, comme le montre bien Daniel Saglietto.
    C’est exactement ma pensée.
    Je crois cependant que le manque de force (Daniel 12:7 ? ) de l’Eglise actuelle, de sens du sacrifice et un aplatissement complet devant l’esprit du monde et son politiquement correct nécessitent des réponses musclées. Sous peine de finir par y ressembler complètement, ce qui n’est plus qu’une histoire de minutes.

    Autrefois les gens se protégeaient des pillards derrière des murailles, aujourd’hui il est de bon ton d’être ‘open’.
    On voit le résultat.
    Nehémie n’aurait pas beau temps en 2019.

    8 Nous avons une petite sœur qui n’a pas encore de seins. Qu’allons-nous faire de notre sœur, le jour où il s’agira de la marier ?
    9 Si elle est solide comme un mur de défense, nous bâtirons sur elle des tours d’argent pour la protéger. Si elle est une porte, nous la bloquerons avec un tronc de cèdres.
    10 Moi, je suis un mur de défense et mes seins sont pareils à des tours. Alors, pour lui, je suis celle qui apporte le bonheur.
    Cantique 8

  • Préambule : vous dites « Faut-il encore sacrifier des boucs sous prétexte que les psaumes le demanderaient ? Ne faut-il pas plutôt voir là comme un droit d’inventaire avec les psaumes depuis la nouvelle alliance ? » Vous placez en symétrie le psaume 150 (qui exhorte à louer) et le psaume 66 en tenant le raisonnement suivant : puisqu’il est évident que nous n’avons pas/plus à sacrifier des animaux, nous n’avons pas non plus de raison de louer (avec des instruments, si je ne déforme pas votre pensée).
    Non, je dis que s’appuyer sur le PS150 pour JUSTIFIER l’emploi d’instruments de musique est une erreur.
    Mais ca va mieux en le disant…

  • A ces chantres qui se prennent pour David…..à qui la faute ? Les critères nécessaires pour appartenir à un groupe de louanges sont de connaître 2 ou 3 accords à la guitare, ne pas chanter trop faux et ne pas être trop vieux. Après on s’étonne que leurs louanges ne montent pas plus haut que le plafond de leur église; mais en fait ils ne font que confirmer les prédications qu’on leur donne. On ne peut faire connaître que l’Evangile que l’on vit, car c’est de l’abondance du coeur que la bouche parle. Parle moi de ton Jésus, et je te dirai de quelle dénomination tu es. Si l’on veut des louanges qui découlent de La Croix, il faut vivre de La Croix.

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