Nathanael, un coeur droit

VOICI UN VRAI ISRAELITE EN QUI IL N’Y A PAS DE FRAUDE » (Jean 1/47).
Si nous essayons de tracer quelques traits du portrait de Nathanaël, c’est dans la bouche de Jésus que prendrons les premiers éléments. Il y avait quelque chose en effet dans le coeur de Nathanaël que le Christ a vu, une droiture et une sincérité dans l’exercice de sa foi en l’Eternel qui sont suffisamment rares pour être signalées.
C’est une entrée en matière que beaucoup souhaiteraient certainement connaître !

Nathanaël, dont le nom signifie «Dieu a donné» est originaire de Cana en Galilée, où Jésus accomplit son premier miracle (les eaux changées en vin). Il est un homme qui attend le Messie, comme beaucoup de ses contemporains.

Quel est son état d’esprit ? Il ne semble pas être un croyant à qui on peut en conter : «Philippe trouve Nathanaël et lui dit : nous avons trouvé celui duquel Moïse a écrit dans la Loi, et duquel les prophètes ont écrit, Jésus, le fils de Joseph, qui est de Nazareth.Et Nathanaël lui dit : Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ?»
Il a sondé les Ecritures, qu’il connaît bien et qu’il aime, et celles-ci lui disent clairement que le Christ doit venir de Bethléhem (Michée 5/1), c’est pourquoi il ne croit pas vraiment à l’histoire que lui raconte Philippe. Peut-être même l’a-t-il repris en lui disant : Tu m’annonces un Christ venant de Nazareth ! Ce n’est pas scripturaire. Tu prêches une erreur! Tu ressens des sentiments, tu as part à des émotions et tu entend de belles paroles, peut-être même as-tu vu des choses surnaturelles, mais attention : tout cela doit être biblique ! Je ne me déplacerais pas pour un « Messie » qui ne vient pas du bon endroit !

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais Philippe s’est obstiné et il est parvenu à entraîner son ami.
Les réticences de Nathanaël sont justes et parfaitement respectables; il fait partie de ceux qui attendent Dieu, sans cependant être disposés à accepter n’importe quoi, sous prétexte « qu’il se passe des choses ». Le plus étonnant dans l’histoire de ce «vrai Israélite», c’est qu’il a bien failli manquer son rendez-vous avec Jésus, pour une question de détail mal expliqué.
Nous ressemblons parfois à Nathanaël, chaque fois que nous écartons un message, une initiative, en les attribuant hâtivement à tel mouvement ou à tel homme, plutôt qu’au Saint-Esprit.
Nous devons être prudents, surtout aujourd’hui, mais notre prudence ne doit jamais glisser dans la méfiance, ou la défiance. La méfiance est présente dans le coeur de ceux qui ont perdu confiance en leur Dieu.

Cet épisode a beaucoup de choses à nous enseigner au sujet de notre rapport avec ces Ecritures que nous aimons, que nous défendons, que nous prêchons. Dieu peut permettre par exemple que la Vérité soit présentée de manière incomplète (comme c’est le cas par ignorance de la part de Philippe), ET SE SERVIR EFFICACEMENT DE CE TÉMOIGNAGE (voir Phil. 1/17).
Il signifie également que nous devons certes examiner toutes choses, mais en prenant garde à ne pas nous en tenir à la lettre seulement – car la lettre tue – mais aussi à l’Esprit des Ecritures, car les paroles de Dieu sont Esprit et Vie. Sinon, nous sommes simplement légalistes.

Une connaissance exacte des Ecritures peut donc être insuffisante pour juger de choses de plus en plus subtiles, comme le démontre le rejet de Jésus par les pharisiens, gens pourtant versés dans la Thora. Nous devons juger de tout spirituellement (1 Cor. 2/10-16), et non pas seulement bibliquement.

Sur le plan de la Lettre (de l’analyse intellectuelle de la Bible), Nathanaël est trop au fait des perspectives prophétiques pour être trompé; il sait beaucoup de choses sur Dieu, à propos des choses de Dieu, mais que sait-il véritablement DE Dieu ?
Ce malentendu sur le lieu de naissance de Jésus, qui est emblématique, nous le retrouverons plus tard, dans les interrogations de la foule : D’où est-il ? la rumeur dit qu’Il vient de Nazareth ? Que dit-il ? Il faut « boire son sang, manger sa chair » ? Je n’en entendrais pas davantage de cet homme !

Certains se sont peut-être détournés avant même d’avoir entendu la voix du Sauveur.

Il est curieux de constater la rapidité foudroyante du retournement de Nathanaël : il a suffit d’une parole de connaissance de Jésus pour qu’il s’écrie: «Rabbi, tu es le Fils de Dieu; tu es le roi d’Israël !».
Toutes les questions naturelles sont soudain passées au second plan, comme c’est souvent le cas dans l’évangile de Jean.
Nazareth, Bethléem, cela n’a plus d’importance car j’ai trouvé quelque chose de mieux, qui va plus loin : le contact avec une dimension insoupçonnée, quelque chose de grand, qui me dépasse et qui ouvre une perspective nouvelle : l’origine du Messie est céleste, il ne peut être que … le Fils de Dieu !
Nathanaël est entré dans une autre sphère, radicalement différente, qui va, si nous y entrons nous aussi, transformer tout notre rapport avec la Vérité.
Les yeux du coeur, les yeux spirituels, le pressentaient, mais les yeux charnels et les yeux religieux étaient empêchés, tout comme dans le cas de Saül de Tarse; c’est pourquoi ses yeux physiques furent aveuglés afin que ses yeux spirituels puissent « voir » Jésus.

Si nous cultivons le Ciel en nous, alors le Ciel en nous reconnaîtra ce qui vient du Ciel : l’oeuvre qui vient du Ciel, le zèle qui vient du Ciel, la bénédiction qui vient du Ciel, la discipline qui vient du Ciel, la répréhension qui vient du Ciel. Mes brebis reconnaissent ma voix …
Nous sommes appelés à être «remplis de la connaissance de Sa volonté» (Colossiens 1/9), et de «La pensée secrète de l’Eternel, qui est pour ceux qui Le craignent, pour leur faire connaître Son alliance» (Ps. 25/14).

article de Jérôme Prékel/paru dans le n°27 du Sarment

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