Fin du monde et Code secret de la Bible : un rabbin désigne l’année 2021

Les prédictions de dates de fin du monde font partie des exercices périlleux et le risque de plantage est assez élevé — pour ne pas dire maximal — puisqu’à la date d’aujourd’hui, aucune tentative ne s’est soldée par un succès, si on peut dire. Ça se saurait.

Les chrétiens ne devraient normalement pas perdre trop de temps sur le sujet puisque Jésus a précisé que « nul ne peut connaître ni le jour ni l’heure ». C’est pourquoi ceux qui s’y essayent sont la plupart du temps rabroués. Mais Jésus n’a pas parlé de l’année, ni de la période. Et sur le plan prophétique, il est permis de penser que puisque Dieu ne fait rien sans informer ses prophètes (voir le jugement de Sodome et Gomorre), alors il est possible que certains sentent spirituellement que le jour approche, ou même en aient une révélation relativement précise : par exemple, Elisée et les fils des prophètes connaissaient le jour de l’enlèvement d’Elie. Car c’est pour les impies et les endormi(e)s que le retour du Seigneur intervient comme un voleur dans la nuit.

Il prévoit une attaque de l’Iran en 2020 et la fin du monde en 2021

Le Rabbi Matityahu Glazerson, bien connu en Israël, communique régulièrement ses recherches de codes secrets dans la Torah : il avait ainsi prévu (dit-on) l’élection de Donald Trump avant novembre 2016, et trouvé le coronavirus et son origine chinoise en début 2020, intriqué dans un texte du livre du Lévitique qui contient des règles précises de consommation de viandes animales. Pour lui, tout le problème vient des organes de certains animaux, qui ne doivent absolument pas être consommés. 

Aujourd’hui, il prédit une attaque inévitable de l’Iran sur Israël et une fin du monde pour 2021.

Les codes secrets bibliques : comment ça marche ?

Popularisé dans les années 90 par le journaliste Michael Drosnin, le concept de code secrets de la Bible est l’objet de controverses (même chez les chrétiens) et a fait couler beaucoup d’encre. Il s’agit de transformer le texte original en une grille de lettres sans espace ni ponctuation, auxquelles on affecte une valeur numérique. Puis on procède à une recherche dans plusieurs sens (vertical, horizontal, diagonal, gauche à droite, etc) en imposant un saut de lettres identique (par exemple, on sélectionne une lettre toutes les 7 lettres). Puis on analyse le résultat. La conversion de lettres ou de mots en valeurs numérique se pratique depuis des siècles au travers de la gematria, qui permet de « faire parler » le Texte de manière différente, en l’encodant puis en le décodant.  Ces méthodes d’interprétations de la Parole de Dieu ont leurs partisans et leurs détracteurs. On se souviendra simplement que Jésus a dit que la vérité était à la portée des petits enfants, ce qui signifie que la Parole de Dieu « en clair » (et surtout sa mise en pratique personnelle) peut suffire pleinement pour ma lumière, ma repentance, et le conseil de Dieu pour la marche par l’Esprit. 

Opportunisme prophétique

Auteur d’une trentaine d’ouvrages, le rabbi Glazerson (83 ans) est très influent et régulièrement cité dans les médias israéliens. Dans l’une de ses dernières vidéos, il n’hésite pas à affirmer que le jour du jugement devrait arriver à la fin de l’année en cours (5780 du calendrier hébraïque), qui s’achève le 18 septembre 2020. Mécaniquement, le temps du Jugement et de la Fin correspond à l’avènement du Messie, ce qui pousse le rabbi à appeler Israël à la repentance.

Cependant, le timing des révélations de fin du monde ne doit rien au hasard, et le rabbi est un influenceur spirituel et politique. Pour lui, il n’existe qu’une seule alternative : ce sont les défenseurs de Dieu qui gouvernent le pays, ou bien ce sont ses adversaires. Le camp du Bien étant la coalition rassemblée autour de Benjamin Nethanyahou, chef du Likhoud, qui comprend une constellation de petit partis religieux. Les dernières élections ont obligé BN à trouver une alliance avec son adversaire centriste, Benny Gantz, mais l’atelage est fragile et le premier ministre menacé par diverses affaires dites de corruption. En cas d’aggravation de la situation politique, Nethanyahou serait obligé de provoquer une nouvelle élection, qu’il serait alors assuré de perdre. Or, pour les partis religieux rassemblés dans la coalition «Parti Judaïsme Unifié de la Torah», il est -encore- l’homme de la situation, tout comme Donald Trump est l’homme providentiel pour les évangéliques américains.

Politique, ou spirituel ?

En Israël, on cherche l’appui des évangéliques pour soutenir la politique de souveraineté (entendre : l’annexion de la Judée-Samarie et la liberté d’élargir ses frontières en Palestine). «Si vous aidez à l’application de la souveraineté d’Israël sur toutes nos communautés, vous vous tiendrez du bon côté de l’histoire», a déclaré Yossi Dagan, le chef du Conseil régional de Samarie, à une réunion Zoom avec des dirigeants évangéliques, constituée de responsables évangéliques de Madagascar, d’Éthiopie, du Malawi, de Zambie, de Tanzanie, du Kenya, du Soudan du Sud, du Congo, du Nigéria et du Ghana.

Si le monde chrétien évangélique se laisse entraîner dans la question politique, un peu partout, c’est à cause du reflux spirituel et l’abandon de ses armes et de ses réponses. Le terrain politique propose à l’Église des implications réalistes qui s’imposent comme des évidences : aujourd’hui si l’on veut produire un effet (ce qui est légitime), on pense qu’ il faut actionner les bons leviers.

Mais hier, comment les batailles se gagnaient-elles ? Nous avons oublié que nos pères dans la foi les livraient sur leurs genoux, et que ce sont les réveils qui changeaient les cœurs. C’est cela l’Évangile de Christ : une puissance qui va traiter jusqu’à la racine du mal.

Pour les hommes de Dieu de la génération précédente, celle qui a connu le réveil de Pentecôte, imaginer que les évangéliques se laisseraient gagner à ce point par les sirènes de la politique aurait été considéré comme de la prostitution spirituelle. Tant la notion de la séparation du monde et de la consécration était différente. Aujourd’hui on considère comme une victoire d’écarter ses ennemis par le suffrage et de leur imposer nos choix politiques. Mais ce sont en réalité des reculs. Les victoires politiques de la religion sont des échecs spirituels.

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