Le projet du nouveau monde

Un représentant démocrate du Missouri a déclenché l’indignation, dimanche 3 janvier. Emanuel Cleaver était invité à prononcer la prière d’ouverture de la première session parlementaire du 117è Congrès, ce qu’il a fait en ces termes :

« Dieu éternel, nous nous inclinons devant votre trône de grâce alors que nous quittons le vacarme politique et social de l’année 2020 … Puissions-nous être un modèle de guérison communautaire, contrôler nos tendances partisanes et vivifier notre esprit. … 

« Que le Seigneur élève sur nous la lumière de son visage et nous donne la paix », a dit Cleaver pendant son invocation de deux minutes, « la paix dans nos familles, la paix dans ce pays, et j’ose demander, ô Seigneur, la paix même dans cette salle ».

“ Nous le demandons au nom du Dieu monothéiste… Brahma, et du Dieu connu sous de nombreux noms et par de nombreuses religions différentes. Amen et AWOMEN ».

Cette prière (surtout sa conclusion) a déclenché la fureur des parlementaires républicains, non pas tellement à cause de l’assimilation de Brama avec le Dieu de la Bible, mais face à une nouvelle manifestation d’avancement de la cause inclusive, c’est-à-dire le nivellement des genres (par exemple de travailler à un changement de règle afin de remplacer l’utilisation de mots comme père, mère, fils, fille, frère, sœur, oncle, tante, etc. par des mots non genrés. Avec tout ce que signifie en arrière-plan cette volonté d’effacer les différences.

La plupart des commentateurs se sont étranglés devant l’incurie du démocrate qui semblait ignorer jusqu’au sens du mot « amen » (ainsi-soit-il), mais ils se trompent. C’est bien pire !

Emanuel Cleaver ne peut pas ignorer que « Amen » n’est pas un masculin qu’on peut féminiser, puisqu’il est un pasteur ordonné Méthodiste. Il sait très bien ce qu’il fait, et c’est ce qui rend sa prière éminemment politique et calculée. Il ne parlait donc pas à Dieu, mais il utilisait la forme de la prière pour un objectif politique, qui sera sans doute considéré comme antichrist, de la part de ceux qui croient en la Parole de Dieu.

Cependant, sa tentative pathétique de genrer le mot « amen » intervient quelques jours à peine après que la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi a introduit de nouvelles règles qui «respecteraient à l’avenir toutes les identités de genre» en éliminant les termes spécifiques tels que mère et père, fils et fille, et tante et oncle.

Les garçons ont aussi le droit d’être des princesses

Cette image et cette incitation « les garçons peuvent aussi être des princesses » est une des étapes d’un processus qui prend sa source dans la nouvelle idéologie de l’égalité homme-femme. Elle ne peut pas être laissée sans réponse, ni commentaire.

À l’heure du positivisme et des bonnes résolutions de la nouvelle année, je retiens de 2020 cette image qui bouleversera sans doute les personnes qui croient dans la valeur et l’importance des différences naturelles issues d’une création divine. Je ne sais pas quel virus est le plus dangereux, du coronavirus ou de la confusion de genre, poussée avec un grand zèle par le féminisme extrémiste (celui qui sert les intérêts de l’homosexualité et globalement des sexualités alternatives) et tous ceux et celles qui ont un intérêt à la déconstruction des modèles de la création.

Nous aimerions que les féministes chrétiennes prennent position contre ces courants antichrists qui se servent d’une juste cause pour de mauvais buts, car les hommes qui le feront seront soupçonnés de travailler au renforcement du vieux modèle de l’hégémonie masculine. Femmes disciples, femmes chrétiennes influentes, levez-vous ! Vous êtes appelées à la pointe de ce combat.

Vis-à-vis des pouvoirs terrestres, c’est notre liberté d’affirmer nos croyances, et d’exprimer librement nos opinions : un garçon naît masculin et devra respecter (et conquérir aussi) son identité de genre.

Vis-à-vis des pouvoirs célestes, c’est notre mandat d’affirmer ce qui est vrai et de dénoncer ce qui est faux, y compris devant des puissances qui nous dépassent. Car l’Église, l’Assemblée de Dieu, est la colonne et le soutien de la vérité, et que cela ne vaut pas que dans le domaine théologique.

Les enfants de Dieu ne doivent pas abandonner le terrain de l’apologie et de la défense du modèle dans lequel ils croient. C’est au moins aussi important que la conquête des 7 montagnes.

4 comments On Le projet du nouveau monde

  • Jérome bonjour…Et bonne année  » DANS LE SEIGNEUR  »
    Je viens de terminer un livre que m’a conseillé un pasteur dans une librairie chrétienne
    Il s’agit du livre « Ces évangéliques derrière Trump » par André Gagné (professeur à l’université Concordia à Montréal)
    L’auteur est remarquablement informé sur les charismatiques soutenant le dominionisme. Comme vous avez déjà écrit sur le sujet, j’aimerai connaître votre avis du fait qu’il est particulièrement difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. Le livre n’est pas très long, 150 pages
    En vous remerciant d’avance si vous trouvez le temps
    Armand FABRE

    • Bonjour Armand
      Pour répondre à votre question, j’ai effectivement lu plusieurs articles d’André Gagné sur le dominionisme et il a produit à mon avis un travail remarquable, sociologiquement parlant. À ma connaissance, le Sarment a été précurseur sur le sujet, avec une analyse peut-être davantage « de l’intérieur » de la sphère évangélique, comparativement à l’étude d’André Gagné, qui se pose en davantage en observateur. C’est un universitaire de renom. c’est un peu notre Sébastien Fath ;).
      Je n’ai pas encore lu le livre sur Trump mais je compte le faire.

      Sur la question du bon grain et de l’ivraie, tout est une question de vision et de compréhension globale : les prétéristes vont globalement et naturellement vers le dominionisme, le Kingdom Now (Royaume maintenant) qui se retrouve dans le mouvement de la NAR (New Apostolic Reformation/Nouvelle Réforme Apostolique) qui ne peut évidemment pas être réduit à ce seul courant. Les futuristes quant à eux croient à une montée en puissance des pouvoirs de la Bête qui conduit le monde vers le chaos, prélude obligé à l’avènement du Seigneur.

      À la réflexion, ce qui s’est passé au Capitole avec cette démonstration de force des partisans de Trump, montre qu’une grande partie des croyants (conservateurs) qui composent ce mouvement voient dans le président sortant le garant du dominion. Ils ont intégré la sphère conspirationniste Qanon qui veut un pouvoir chrétien (on le comprend) et qui est prêt à l’imposer par la force (on le comprend moins). Une grande puissance de mensonge est à l’œuvre, qui fera hélas une grande moisson d’âmes.
      Le phénomène Qanon existe déjà en Europe mais se manifeste sous une autre forme parce que les cultures et les mentalités diffèrent. Mais la révolte et la confusion n’ont pas de frontières.

  • Bonjour Jérôme,
    Je partage complètement les arguments que vous avez développés. Cependant, je crains malheureusement que votre appel aux féministes chrétiennes, pour s’opposer aux dérives du néo-féminisme, reste lettre morte.
    Les femmes qui exercent un ministère pastoral revendiquent le titre de « pasteure », ce qui est un non-sens grammatical puisque « pasteur » est une fonction et donc neutre. Vouloir genrer le titre, c’est genrer le ministère. On accorde ainsi plus d’importance à la personne qu’au ministère qu’elle est censée remplir. C’est dans les familles d’églises où le pasteur porte la robe noire quand il préside le culte et monte en chaire que l’on trouve le plus cette revendication féministe. Or, justement, le symbole de la robe noire rappelle l’effacement de la personne devant le’ ministère qu’elle porte, comme pour les avocats. Quand un ministre du culte revêt ce vêtement, il n’est plus un riche ou un pauvre, il n’est plus un citoyen qui a un engagement politique d’un bord ou d’un autre, et il n’est plus un homme ou une femme. Il ou elle est alors serviteur/servante de Dieu dans l’Eglise. Rien d’autre.

    • Papysaxo
      Merci pour le commentaire. Le féminisme chrétien est un non-sens, dans la mesure où un chrétien devrait être une personne aimant et respectant toute justice. Dans ce christianisme-là, les hommes ne dominent pas les femmes, et les femmes ne regardent pas comme une proie à arracher d’être les égales des hommes (paraphrase de Philippiens 2/6).

      Mais dans la réalité, le christianisme des gens nés de nouveau, (ayant passé par une repentance et s’étant engagés à marcher avec Dieu) est un espace de transformation constant « jusqu’à ce que Christ soit formé dans leurs cœurs« , c’est-à-dire le programme de toute une vie. Ce qui induit la co-existence de l’injustice, une complicité active ou passive, une lutte, des victoires et des défaites, et donc forcément une responsabilité. Dans cette réalité, il existe une souffrance du féminin qui est indiscutable, et qui est la raison d’être du féminisme chrétien, j’imagine.

      On parle beaucoup des torts du masculin envers le féminin mais j’entends peu de choses sur les torts du féminin à l’égard du masculin. Pourtant ils existent, mais je suppose que les hommes répugnent à l’exprimer. De même on parle beaucoup des femmes qui souffrent dans leur condition mais on n’entend pas la voix de celles qui s’y épanouissent. Pourtant elles existent aussi.

      Aujourd’hui il y a la nécessité de lutter contre les injustices faites aux femmes, mais il y a dans ce combat, une frange féministe dont le mobile est plus proche de la vengeance que du progrès, et dont le centre de gravité est plus proche de l’iniquité que de la justice. En disant ça, je pense au militantisme LGBT qui habite la cause féministe et parfois l’incarne. Et je trouve dommage que les chrétiennes ne se démarquent pas soigneusement de tout ce qui est impur dans le grand bazar féministe, souhaitant sans doute profiter de l’effet de la communication générale, et ne pas fractionner un bloc qui a besoin de force pour faire avancer la cause. Encore un pacte Faustien !

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