Le baptême au nom du Seigneur Jésus-Christ

Avant son ascension dans les lieux célestes, le Seigneur Jésus-Christ a laissé à Ses proches cette recommandation: «Allez donc, et faites disciples toutes les nations, les baptisant pour le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit» (Matthieu 28/19).
L’ordre était très clair, mais bizarrement, nous constatons que les disciples de Jésus ne l’ont pas vraiment suivi, puisque toutes les formes de baptême rapportées dans les Actes des apôtres font seulement référence à Son nom (au nom de Jésus-Christ), dans leur formulation. Pourquoi cette divergence (ou cette «transgression»), de la part de ceux qui étaient pourtant les dépositaires du message du Maître ?

Ce fait est encore plus saillant dans la première intervention de Pierre au moment de la Pentecôte et qui prend objectivement à contrepied l’ordre de Jésus, puisque l’apôtre prêche : «Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit» (Actes 2:38). Il ne s’était pourtant passé guère plus de cinquante jours depuis que Jésus avait parlé.
On reste perplexe devant ce qui semble être un écart de vue majeur quant à la forme de cet acte important qu’est le baptême, entre Jésus et les acteurs qu’Il s’est choisi pour accomplir Son plan.

L’objet de cet article n’est pas de poser de nouveau le fondement «de la doctrine des ablutions» (Hébreux 6/2), – ce qui reviendrait à poser la question de l’utilité, et de la véracité de l’acte lui-même – mais d’attirer l’attention sur une question finalement restée sans réponse, et sur un paradoxe gênant, qui ne demeure debout que par le ciment de la tradition religieuse. Or nous devons prendre garde de ne pas construire notre foi (et celle des nouveaux convertis) sur la tradition – fût-elle évangélique – mais sur le fondement pur et sans mélange de la Parole de Dieu.
L’Eglise dans sa grande majorité a de tout temps adopté une forme de baptême selon l’ordre de Jésus (au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit), marginalisant, de fait, les enseignements du livre des Actes. Pourquoi ? Est-ce à dire que les premiers disciples ont fait fausse route ? Si tel est le cas, alors il faudra l’enseigner dans nos instituts bibliques et théologiques. Et dans le cas contraire, nous devrons peut-être nous mettre à la recherche d’une vérité perdue, fût-ce seulement dans sa forme.

Que disent les Ecritures ?
Une lecture attentive fera apparaître trois cas concrets de baptême au nom du Seigneur (Jésus-Christ) :
Actes 8/16 : «car l’Esprit Saint n’était encore tombé sur aucun d’eux, mais seulement ils avaient été baptisés pour le nom du Seigneur Jésus»;
Actes 10/48 : «Alors Pierre dit : Peut-on refuser l’eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit aussi bien que nous ? Et il ordonna qu’ils soient baptisés au nom du Seigneur» ;
Actes 19/4 : «Alors Paul dit : Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire, en Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus».

Le baptême de Corneille et de ses amis (Actes 10/48) n’est pas explicitement exécuté au nom du Seigneur Jésus-Christ, mais : «au nom du Seigneur», et nous pouvons penser, à la lecture du chapitre 10, et notamment des v. 37, 42 et 43, qu’il sagit bien du Seigneur Jésus-Christ.

Ces répétitions plaident pour un examen attentif de la forme du baptême chrétien, tel qu’il existe aujourd’hui, d’autant que nous ne trouvons pas, en parallèle, d’exemple rapporté d’immersion – en grec baptisma signifie immersion – «au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit» (ce qui ne constitue pas une négation, mais simplement un fait biblique et doctrinal pour le moins troublant).

Ces exemples rapportés sont peut-être simplement une émanation concrète de ce que l’auteur du livre des Actes appelle «la doctrine des apôtres» (Actes 2/42).

Sans doute arguera-t-on du fait que la forme du baptême importe peu, pourvu que celui-ci soit sincère, et c’est tout à fait vrai. Mais il se trouve que les Ecritures disent qu’il n’y a «qu’un seul baptême» (Eph. 4/5), et nous sommes tous désireux, tant sur la forme que sur le fond, d’être en accord avec le modèle biblique; on ne fera donc certainement pas de procès d’intention à qui cherchera à se conformer à l’Esprit des Ecritures, même sur un sujet généralement si consensuel.

D’ailleurs, ce thème de l’harmonisation de la forme et du fond du baptême est plutôt un argument supplémentaire plaidant en faveur du baptême au nom du Seigneur Jésus, comme les lettres de Paul l’attestent; car l’apôtre développe une doctrine – justement en harmonie avec la forme qu’il pratiquait – toute entière articulée autour du nom de Jésus, de la mort de Jésus et de la résurrection de Jésus. Le Messie y est décrit comme étant le centre et l’aboutissement de toute chose, le point de départ et le but fixé, le mobile ultime de nos actes : «Faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ» (Col. 3/17).
La révélation de la profondeur de l’oeuvre de Dieu nous est dévoilée par l’apôtre, qui nous explique que c’est en fait pour Christ que nous avons été baptisés (Rom. 6), et que, ce faisant, c’est Lui que nous avons revêtu (Gal. 3/27).

Considérant de telles déclarations, qui sont l’émanation de l’inspiration divine dans leurs coeurs, nous comprenons mieux le choix des apôtres pour le baptême au nom (ou : pour le nom) du Seigneur Jésus-Christ, à qui «tous les prophètes rendent témoignage que, PAR SON NOM, quiconque croit en Lui reçoit la rémission des péchés» (Actes 10/43).

Dans la continuité de cette réflexion sur la forme du baptême, nous découvrons qu’en fait, le nom de Jésus-Christ est devenu (dès le livre des Actes) l’attestation véritable de l’oeuvre de Dieu et en quelque sorte le sceau de Sa victoire. Le nom de Jésus-Christ est le point d’orgue d’une foule d’accomplissements néo-testamentaires :
– on prie au nom de Jésus-Christ : «au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche» (Actes 3/6);
– on guérit au nom de Jésus-Christ : «Il a été guéri par le nom de Jésus-Christ le Nazaréen» (Actes 4/10);
– C’est Christ le point central de la prédication : «Philippe étant descendu dans une des villes de samarie, leur prêcha le Christ» (Actes 8/4);
– on souffre pour le nom de Christ : «ils se réjouissaient d’avoir été estimés dignes de souffrir pour le nom … Ils ne cessaient tous les jours d’enseigner et d’annoncer Jésus comme le Christ» (Actes 5/42);
– jusqu’aux exorcistes qui tentent de se servir d’un supposé pouvoir contenu dans Son nom : «au nom de Jésus que Paul prêche …» (Actes 19/13).

Il paraît donc naturel et évident que l’on baptise aussi au nom de Jésus-Christ, et pour Jésus-Christ ! car «Il n’y a de salut en aucun autre; car il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés» (Actes 4/12).

Nous ne pouvons pas parler ici de toutes les significations du baptême, de son origine ou de toutes ses fausses pratiques, par manque de place. Cet exposé sera donc incomplet.
Disons simplement qu’en se faisant baptiser Lui-Même à sa majorité, Jésus a donné à cet acte – s’il le fallait – toute son importance (Marc 1/10). Mais c’est dans Sa déclaration de Marc 16/16 que le Seigneur a été le plus clair, posant le baptême comme un acte indispensable au salut (Marc 16/16*), lui donnant ainsi une valeur qu’il n’avait sans doute pas eue durant les années de son ministère (Matthieu 28/19), puisque Jean-Baptiste ne baptisait que «pour la repentance».

Le nom du Seigneur Jésus-Christ semble donc bien à sa vraie place dans cet acte majeur qu’est le baptême, car il annonce que toute notre vie sera axée autour de cette réalité : nous mourons avec Lui, sommes ensevelis avec Lui, ressuscités avec Lui, accomplis en Lui, assis avec Lui, sommes cohéritiers avec Lui, nous souffrons avec Lui, pour Lui; c’est Son nom qui affermit les pieds des boiteux, c’est par Son nom que nous chassons les démons, Son nom encore qui est le seul nom, au-dessus de tout nom, qui ait été donné aux hommes pour être sauvés.
Faire quelque chose en Son nom, c’est attester que nous avons l’autorité d’agir pour Lui, exactement comme s’Il faisait la chose Lui-Même.
Il est donc juste que nous rétablissions cette justice et que nous replacions toute chose dans la juste perspective divine.
Rendons à Jésus ce qui appartient à Jésus. Car il y a quelque chose de la glorification de Jésus dans la restitution de toutes Ses prérogatives, et la reconnaissance de la révélation de Son incarnation, de Sa mort, de Sa résurrection et de Son autorité : en un mot de Ses droits non seulement sur ceux qui croient et qui désirent Le suivre, mais sur l’univers tout entier.
La pensée qui précède est destinée à proposer une alternative biblique à la pratique traditionnelle, alternative qui ne repose pas sur un seul verset, comme c’est le cas pour le bapême au nom du Père, du Dils et du Saint-Esprit, mais sur une interprétation globale et suffisamment étayée par de multiples exemples.
Le fondement scripturaire du baptême par immersion en vigueur dans la majorité des groupes protestants/évangéliques (au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit) est certes fondé, mais à mon sens moins convaincant que le baptême au Nom du Seigneur Jésus-Christ (ou pour le nom du Seigneur).

Pour quelle raison l’institution du baptême traditionnel s’est-elle si cristallisée ? La réponse est dans la question. C’est l’institutionnalisation qui a gravé dans le marbre un rite indéformable, y compris par les Écritures elles-mêmes.
Oser envisager que le baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit est peut-être devenu caduque par le fait conjoint de la mort du Seigneur et Sa glorification, ainsi que par le don du Saint-Esprit semble relever d’une audace insupportable pour les responsables de l’Église, penseurs et théologiens. On préfère marginaliser cette pensée, en la réduisant, obéissant en cela au même réflexe de rétractation dont « l’Église officielle » fit preuve à maintes reprises dans son histoire.

Le baptême des apôtres, et celui que Paul accomplît à plusieurs reprises, et qu’il prêcha, était-il inspiré des hommes ou du ciel ? Cette question qui imite une autre question que le Seigneur Jésus-Christ posa aux sacrificateurs qui doutaient, plongera ceux qui s’interrogent dans le même embarras.

Mais sii nous considérons le Roi du royaume de Dieu, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (Apocalypse 17:14), les choses seront rendues moins difficiles. Le poids de la tradition sera moins lourd, son orgueil moins pesant.
Rechercher premièrement le royaume de Dieu et sa justice, c’est rechercher à rendre gloire à son Roi, et nous savons que Christ personnifie en même temps le royaume de Dieu (Matthieu 4/17) et la Justice de Dieu (1 Corinthiens 1/30). Il est la royauté absolue, définitive, éternelle.

Que chacun soit conduit dans toutes les Écritures.

article de Jérôme Prékel/

1 comments On Le baptême au nom du Seigneur Jésus-Christ

  • merci pour ta reflexion, Jésus a dis baptisais au du Père, Fils, et du Saint Esprit. normalement l’article contracté devrait etre au pluriel donc avec x , cela nous montre que ces trois nom n’est incarné qu’a un. est c’est Jésus Christ qui l’incarne.

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