L’esprit de Saül est-il aussi parmi les prophètes ? par Eliane Colard

1 Sam 10/5 -12: «… Lorsqu’ils arrivèrent à Guibea, voici une troupe de prophètes vint à sa rencontre. L’Esprit de Dieu le saisit, et il prophétisa au milieu d’eux. Tous ceux qui l’avaient connu auparavant virent qu’il prophétisait avec les prophètes, et l’on se disait l’un à l’autre dans le peuple : qu’est-il arrivé au fils de Kis ? Saül est-il aussi parmi les prophètes ?.. ».

1 Samuel 19/18 -24: « ..Saül envoya des gens pour prendre David. Ils virent une assemblée de prophètes qui prophétisaient ayant Samuel à leur tête. L’Esprit de Dieu saisit les envoyés de Saül et ils se mirent à prophétiser eux-mêmes. …Alors Saül alla lui-même à Rama.. l’Esprit de Dieu fut aussi sur lui ; et Saül continua son chemin en prophétisant jusqu’à son arrivée à Najoth… il ôta ses vêtements et prophétisa aussi devant Samuel ; et il se jeta nu par terre tout ce jour-là et toute la nuit. C’est pourquoi l’on dit : Saül est-il aussi parmi les prophètes ? ».

 

Ce message je l’ai reçu il y a presqu’un an, mais à l’époque je sentais que je n’avais pas encore saisi de tout ce que le Seigneur voulait dire au travers de cette expression :« Saül est-il aussi parmi les prophètes ». J’avais laissé reposer le message attendant le temps de Dieu pour le libérer. Et il y a trois semaines, j’ai eu un songe qui m’y a ramené et j’ai compris que c’était le temps pour moi de le reprendre et de le compléter.

Dans ce songe je rencontrais une personne qui exerçait le ministère d’une façon originale : elle embrassait les gens sur la bouche, les uns à la suite des autres. Je l’ai interpellée pour comprendre pourquoi elle faisait ça. Elle m’a répondu que c’était une nouvelle méthode spirituelle qu’elle appliquait pour communiquer l’onction. Dans ce songe, j’ai eu l’impression que quelque chose d’impur était communiqué par ce baiser au-delà même de l’aspect physique. La signification que j’ai reçue était que ce baiser de la bouche était une communication ou impartation émanant d’un enseignement séducteur pernicieux qui mettait les gens sous le joug d’un esprit de séduction spirituelle, tout en leur faisant croire qu’ils entraient davantage dans l’intimité de Dieu. J’ai volontairement utilisé le mot impartation que certains emploient pour signifier le fait de transmettre, et qui a une connotation anglo-saxonne, car en général tous ces nouveaux vents de doctrines avec leurs nouvelles techniques viennent généralement de pays anglo-saxons.

Au départ, j’avais prévu de titrer ce message : « Entrer dans la mouvance ou Vivre dans la présence ». Je ne crois pour autant pas que les deux choses devaient forcément être exclusives l’une de l’autre ou mises en opposition pour un choix de positionnement entre l’une et l’autre. Je crois résolument que le Seigneur nous appelle à vivre les deux choses et non pas l’une à la place de l’autre. Le tout est de vivre les choses dans le bon ordre. Cependant je n’étais pas satisfaite : il m’apparaissait que je ne pouvais délivrer ce message en l’état, il y avait autre chose, un avertissement important en rapport avec ce verset que Dieu avait placé sur mon cœur : « Saül est-il aussi parmi les prophètes » ? Le songe fait dernièrement, complète ce qui me manquait pour développer la seconde partie de ce message. Le Seigneur m’a poussée à faire des recherches sur les pratiques du milieu que fréquentait cette personne vue dans le rêve ; et j’ai compris pourquoi je ne pouvais libérer ce message que maintenant.

 

Sous la mouvance de l’Esprit de Dieu

Jean 3: « Le vent souffle où il veut ; tu en entends le bruit mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va ». Actes 2 : « : « tout à coup un bruit vint du ciel comme si un vent violent se mettait à souffler et il remplit toute la maison où ils étaient assemblés ».

 

Bien souvent les hommes ont eu la prétention de dire et de définir comment Dieu devrait agir, jusqu’où il devrait aller et qui il devrait ou non toucher. Mais en réalité ce n’est pas ainsi que cela se passe. Dieu est bien plus grand que nos raisonnements. Dieu n’est pas créé à notre image ! Nous n’avons pas à mettre en forme les cases que Son Esprit aurait à remplir, ni à délimiter le territoire de son action. Le Saint-Esprit est comme le vent qui souffle où il veut comme il l’a fait à la pentecôte et il continue aujourd’hui. Nous n’avons pas encore connu toutes les facettes de la sagesse infiniment variée de Dieu. Sa Parole vivante et permanente nous révèle chaque jour autre chose de Lui. Pour ma part chaque fois je suis étonnée de recevoir autre chose, de saisir quelque chose que je n’avais pas saisi, de plonger encore plus profondément dans Ses profondeurs, de découvrir tout à coup une chose nouvelle d’un verset pourtant lu et relu ; et chaque fois je me rends compte que je suis loin du compte car il y a encore tellement à découvrir des merveilles de Jésus-Christ ; c’est Lui le Mystère de Dieu en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science. Alors que tous ceux qui veulent être intelligents cherchent à Le connaître Lui ! À être comme le Scribe instruit qui sait tirer de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. Que tous ceux qui veulent découvrir des mystères cherchent son cœur et uniquement son cœur.

L’Esprit de Dieu est en mouvement car Dieu n’est pas statique, Il bouge. La première vision d’Ezéchiel était un trône en mouvement dans un vent impétueux, au milieu de la nuée et d’une gerbe de feu. Au commencement l’Esprit de Dieu était en mouvement à la surface des eaux pour appeler les choses à l’existence. Il bouge et c’est à nous de le suivre tout comme le peuple d’Israël suivait la nuée dans le désert puis a suivi l’arche pour passer le Jourdain et entrer dans le pays promis. C’est à nous de suivre Dieu et pas à lui de nous suivre. Et là où Dieu se trouve il se passe indubitablement des choses. Dieu a envoyé son esprit sur l’Eglise pour la faire se mouvoir dans la dimension spirituelle en conformité avec sa nature. Je précise spirituelle et non pas surnaturelle ; ce que j’expliquerai plus amplement dans la deuxième partie marquera la subtilité de la nuance que je fais ici. Mais il est important de noter déjà que le mot surnaturel n’est pas un terme biblique, il incarne plutôt des réalités attachées au prince de la puissance de l’air et qui sont vécues par le biais d’une souillure ou infection de l’âme. Concernant les réalités vécues par et dans l’Esprit de Dieu, le mot qui sied est spirituel. Et c’est le mot charnel ou encore « psychique » qui est l’opposé de spirituel. Cependant j’utiliserai le mot surnaturel dans la seconde partie puisque cet usage impropre est ainsi perçu comme tel au travers de ce que je voudrais dénoncer.

D’aucuns diront que dans la nouvelle alliance, l’important est d’avoir l’Esprit en soi et non plus survenant sur, ou saisissant comme auparavant. Pourtant Actes 1/8 dit : « vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous… ». Et c’est cette puissance survenant sur eux qui les a remplis du Saint-Esprit (Actes 2). Actes 10/44 « et l’Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole ». L’Esprit est descendu sur l’église pour la faire naître et bouger comme un corps et non pas pour rester statique ; elle devait suivre la mouvance de l’Esprit pour faire ce que l’Esprit disait à l’église. On a quelques exemple Actes 8/29 : « l’Esprit dit à Philippe approche-toi de ce char » ; Actes 10/19 : « l’Esprit lui dit voici trois hommes te demandent » ; Actes 11/12 : « L’Esprit me dit de partir avec eux sans hésiter » ; Actes 13/2 : « Le Saint-Esprit dit mettez-moi à part Barnabas et Saul ». Et aujourd’hui encore l’Esprit parle à l’Église mais il n’y a que ceux qui ont des oreilles pour entendre qui l’entendent encore, pour lui emboîter le pas. Paradoxalement, il est des assemblées qui considèrent que l’Esprit ne parle plus et ne dit plus rien car il a déjà tout dit et a cessé de parler lorsque les Écritures ont été définitivement écrites. Je ne vais pas entrer dans ce débat vain, considérant qu’il est tellement anti-scripturaire que c’est une perte de temps. Mais d’un autre côté il est des églises où l’Esprit semble très bavard donnant même la couleur du vêtement à porter tel ou tel jour de la semaine, le type de légumes à cuisiner, décidant au passage qui doit épouser qui, et bien entendu son porte-parole sera le pasteur ou un groupuscule évoluant autour de lui.

Entre les deux versets évoquant Saül parmi les prophètes, il y a eu l’épisode où Saül a été saisi d’un mauvais esprit qui le poussait à vouloir la mort de David qu’il était d’ailleurs venu chercher au milieu de la troupe de prophètes de Samuel. Et aussitôt qu’il avait quitté cette troupe de prophètes, l’envie de tuer David lui était revenue (1 Samuel 20/31) puisque le mauvais esprit n’était pas parti, en dépit de son immersion dans une atmosphère trempée dans la présence divine. Certains chrétiens ont une vision simplificatrice des choses : comment un homme saisi par un mauvais esprit peut-il aussi en même temps être saisi par l’Esprit de Dieu ? Ils ont trouvé la réponse imparable : « c’est impossible ! ». Mais ça c’est de la théorie, car les faits eux sont souvent têtus.

 

La présence de l’atmosphère ou l’atmosphère de la Présence ?

Saül a été emporté par l’ambiance, l’atmosphère qui l’entourait et qui était remplie de l’onction de l’Esprit de Dieu dont la conséquence était une activité prophétique intense. Il y était sensible. Entré dans cette assemblée de prophètes, il était dans le même état qu’eux, imbibé de la même atmosphère. Nous sommes généralement sensibles à l’atmosphère ambiante, c’est valable dans le monde qui nous environne, mais aussi dans la réalité de l’église. Certaines choses sont contagieuses : si vous êtes en contact avec des gens moroses vous finirez par le devenir. Et si des gens du monde fréquentent régulièrement des enfants de Dieu ils peuvent être influencés par l’Esprit de Dieu agissant au travers de ces derniers, tout comme ces derniers peuvent à l’inverse subir leur influence. C’est à cause de cet effet de contagion qu’une certaine règle avait été édictée pour le peuple d’Israël en ce qui concerne la guerre (Deutéronome 20/8) : « qui est-ce qui a peur et manque de courage ? Qu’il s’en aille et retourne chez lui afin que ses frères ne se découragent pas comme lui ».

Parfois nous entrons dans un lieu et percevons ce que dégage son atmosphère. De la tension, de la tristesse, de la joie. On entend parfois après un temps de culte d’adoration au Seigneur : « La présence de Dieu était tellement palpable waouh !! » Ou encore « c’était triste, sans vie ». Ces observations sont toujours basées sur un ressenti d’ambiance. Il est des assemblées où les gens sont portés par une sorte d’excitation générale qui devient contagieuse. Il y a des gens qui n’iront dans une assemblée que parce qu’il y a une ambiance, et cette ambiance a un effet certain, même si elle ne touche que l’âme sans parvenir à l’esprit. Je me souviens il y a des années, alors étudiante, j’étais allée à un camp d’église ; j’étais sous tente avec une jeune femme qui bien avant mon arrivée avait été amenée à l’assemblée par le biais d’un coffee-bar chrétien. Cela faisait des années qu’elle allait à cette assemblée et bien avant moi ; et j’ai tout bonnement cru qu’elle était en Christ. Un soir alors que nous regagnions la tente après un temps de séminaire elle m’a posé une question qui m’a interloquée : elle m’a demandé comment faire pour que Dieu vienne dans sa vie. J’ai réalisé que parce qu’elle était là à toutes les réunions de l’église, tout le monde avait pensé que c’était ok pour sa vie spirituelle ; mais cette femme n’avait encore jamais expérimenté le sentiment d’appartenance que l’Esprit d’adoption du Père dépose dans le cœur de ceux qui nés de l’Esprit sont appelés enfants de Dieu. Elle n’avait jamais osé le dire, par une sorte de honte à ne pas vivre comme tout le monde, la honte de dire qu’au-delà de l’apparence il n’y avait pas la réalité. Je pense qu’il y a ainsi dans les églises de nombreux poissons péchés dans la grande mer mais qui ne sont pourtant jamais devenus des brebis du Seigneur pour la raison qu’on s’est davantage préoccupé de remplir les églises que le royaume de Dieu. Vous aurez beau suivre des études bibliques et toutes sortes de réunions d’église, ce n’est pas cela qui fera de vous un enfant de Dieu. Jésus a dit à Nicodème, qui était un maître de la loi, qu’il fallait naître de nouveau pour voir et entrer dans le royaume. L’ambiance de la bergerie avait attiré cette jeune femme, mais elle n’avait pas reçu la puissance capable de lui donner la vie et la transformer réellement en brebis du Seigneur. Le registre de l’assemblée répertorie certes des membres, mais dans les cieux cela se passe autrement pour être répertorié dans le livre de vie. L’ambiance ne peut pas faire ça. Une personne me racontait qu’une de ses collègues catholique avait décidé de se joindre à une assemblée évangélique (dont le responsable, homme très charismatique, a pignon sur enseignemoi.com pour ses prêches tonitruants qu’on dit remplis d’onction. Cette personne lui expliquait qu’elle s’était jointe à cette assemblée à cause de l’ambiance dans la louange, parce que ça bougeait bien et c’était vivant, mais qu’elle restait néanmoins une catholique convaincue. Dimanche après dimanche elle vit une louange dite ointe, entend des prédications dites ointes, sans que tout cela ne renouvelle jamais son entendement pour produire en elle une transformation, un changement de cap spirituel salutaire.

Mais c’est parce-que personne n’est transformé par une atmosphère. Seule la présence de Dieu dans une vie peut amener cette vie dans la transformation. Saül prophétisant parce qu’il entre dans une troupe prophétique ce n’est pas une chose étonnante. J’ai aussi vu ce genre de choses (que je ne vais pas raconter car cela allongera ce texte), et ça a fait partie des choses qui ont fait que très vite, j’ai compris que je ne pouvais pas mettre l’action du Saint Esprit dans des cases prédéfinies selon ma compréhension des choses.

 

Les bienfaits de l’excitation Prophétique

Que se passait-il dans la troupe de prophètes rencontrée par Saül, pour que 1 Samuel 19/20 — version Français courant — parle d’excitation prophétique ? A cause de certains excès, les évangéliques préfèrent éviter certains termes, en raison de la connotation négative qui y est souvent attachée. Hébreux 10/24 peut nous éclairer sur le sens de ce mot dans la Bible « Veillons les uns sur les autres pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres ». On peut imaginer l’image que peut renvoyer une assemblée de prophètes prophétisant tous ensemble comme le dit ce verset. Ces prophètes étaient ensemble dans une école prophétique pour apprendre aux pieds de Samuel à laisser libre court à l’écoulement de l’onction prophétique. Ils étaient fils de Samuel, comme Elisée l’était d’Elie ; puis à son tour Elisée avait une troupe appelée les fils de prophètes. Il en découlait une sorte de paternité spirituelle ; Elisée appelait Elie « mon père », comme le jour de l’enlèvement de ce dernier.

Concernant Saül cette notion est là aussi en filigrane car tous ceux qui le connaissaient savaient qu’il était fils de Kis (1 Samuel 10/11); pourtant au verset 12 suivant, l’une des personnes demandait étonnée, qui était le père de toute cette troupe prophétique. Tous ces prophètes avaient le même Père spirituel (mais il se demandait si Saül partageait aussi cette paternité spirituelle comme je l’évoque plus loin). Les fils de prophètes demeuraient ensemble pour se frotter les uns aux autres, s’exciter, s’inciter les uns les autres à se mouvoir dans la liberté de l’onction prophétique. Lorsque des personnes à sensibilité prophétique sont en présence de personnes semblables, ça peut faire des étincelles, comme sous l’effet de pierres de silex que l’on frotterait les unes contre les autres. Leur esprit s’aiguise mutuellement. Les personnes prophétiques qui ne sont pas entourées d’autres personnes prophétiques peuvent parfois être comme en souffrance et la flamme de l’onction peut sembler s’amenuiser si l’onction n’est pas nourrie par cet aiguisement continuel. Elles ont besoin d’encouragement, d’incitation à se laisser façonner pour continuer à être des canaux de la bénédiction pour le corps. Elles donnent, mais doivent aussi être dans la situation de recevoir d’autres. Cet encouragement est d’autant plus bénéfique lorsqu’il provient de personnes qui passent par les mêmes états pas toujours bien compris. Parfois lorsque ces personnes partagent leurs états d’âme à des personnes qui n’ont pas cette sensibilité, il arrive qu’elles rencontrent incompréhension, incrédulité, voire moquerie ou mépris. Si Elie le Thischbite existait aujourd’hui, certains évangéliques l’auraient traité de mauviette, de faux prophète et de mauvais chrétien parce qu’après avoir tué des prophètes de Baal il s’est enfui face à une femme, en souhaitant mourir. Esaïe passerait pour un faux prophète lié par un esprit d’impudicité puisqu’il marchait nu et déchaussé (Esaïe 20/2) ; Jérémie on l’aurait traité de dépressif chronique, suicidaire au caractère instable et bipolaire. Quant à Ezéchiel, il passerait pour un cinglé au crâne rasé, un paranoïaque digne d’être interné dans un HP avec ses crises de tremblements frisant l’épilepsie, ses transports en esprit d’un lieu à l’autre, ses visions hallucinatoires effrayantes comme s’il était sous l’emprise d’une drogue. Daniel pour un théoricien du complot complètement infusé dans le système qu’il sert (Babylone) ; Osée passerait pour un dangereux proxénète (Osée 1/2). Amos, pour un prophète de malheur qui n’aime pas l’église et ne pense qu’à proclamer la destruction des églises qu’il qualifie de Babylone/Bethel- l’enfer. On pourrait continuer ainsi..

Ce que l’église accepte au travers de l’expression prophétique de ces prophètes d’autrefois, elle le refuse aujourd’hui. « Oh ! Dieu n’agit plus maintenant comme dans l’ancienne alliance ! On ne verrait plus un prophète maudire des enfants pour se faire dévorer par des ours, Non ! ». Voilà ce que pense une partie de l’Église d’aujourd’hui. Mais s’il faut regarder aux traces de la Nouvelle Alliance, avouons qu’on accepterait tout aussi difficilement un prophète dont la parole provoquerait sur place la mort de ceux qui mentent au Saint Esprit (chose pourtant bien plus fréquente aujourd’hui qu’aux débuts de l’église) Actes 5 ; ou encore un prophète qui vouerait un chrétien à Satan pour le traitement de sa chair (1 Cor. 5/5 et 1 Tim. 1/20). La triste réalité c’est qu’un tableau a plus de valeur et se vend mieux lorsque son auteur est décédé. Les œuvres et paroles des prophètes d’autrefois sont figées dans le tableau et nous regardons le tableau avec admiration, mais comme l’expression picturale d’une nature morte et non pas comme l’œuvre vivante et permanente qu’est censée être la Parole de Dieu. Car en effet, elle est vivante et non pas morte ou figée; permanente, et non pas pour un temps qui serait révolu.

 

Alors oui l’excitation prophétique fait du bien aux personnes prophétiques en ce qu’elle a cette faculté à affûter et aiguiser l’onction de Dieu pour la rendre plus efficace de par la liberté qu’elle dégage, c’est à cela qu’elle sert. Là où est l’esprit du Seigneur, là est la liberté. Ce moment où ils prophétisaient tous ensemble n’était pas, comme on dirait, un moment de libération de la parole prophétique pour parler au peuple où l’édifier dans le sens de ce que Paul dit en 1 Corinthiens 14/24. Dans cette assemblée de prophètes, ils étaient en train de se laisser édifier par l’Esprit de la Prophétie qui construisait en eux quelque chose propre au caractère prophétique. Cette excitation a un rôle particulier dans la libération de l’onction qui peut autrement se trouver comme à l’étroit dans un carcan. Lorsque l’onction de Dieu trouve cet espace de liberté, elle peut agir comme par vagues, descendant jusqu’à vous submerger et vous emporter dans le tourbillon du torrent qui jaillit du Trône divin, sans que ce qui appartient à la chair puisse lui faire digue. Quand elle déferle ainsi, elle peut même produire un effet d’enivrement du moins vue de l’extérieur où les personnes remplies peuvent sembler ne pas pouvoir tenir sur leurs pieds (c’est une possibilité pas une nécessité). On trouve de telles descriptions dans la Bible : en Actes quand les disciples ont été remplis de l’Esprit , ils ont paru comme fous ou encore remplis de vins doux. Ezéchiel, lors de la visitation de la gloire divine, était tombé en extase (fin chapitre 1) ; Daniel au chapitre 10 perdit toute vigueur (verset 8). En Jérémie 29/26, Jérémie évoque une lettre parlant de lui comme un homme fou. Osée 9/7 dit « le prophète est fou, l’homme inspiré a le délire ». Mais plus curieuse encore est la posture de Saül lorsque l’Esprit de Dieu l’a saisi la deuxième fois : « Il ôta ses vêtements et prophétisa aussi devant Samuel et il se jeta par terre nu tout ce jour-là et toute la nuit. C’est pourquoi l’on dit : Saül est-il aussi parmi les prophètes ? ». Incroyable que sa réaction ait conduit à se demander s’il était lui aussi prophète ! On a cherché toute sorte d’interprétation à ce verset. On peut bien sûr imaginer qu’il prophétisait là sur sa propre nudité à venir, comme nous avons un tel cas de signe prophétique en Esaïe 20/2 et 3, mais je crois qu’il faut juste prendre ce verset comme il est. Et ce n’était en tout cas pas un mauvais esprit qui l’avait conduit à se dévêtir.

Il reste que le corps peut réagir de façon étonnante lorsque l’Esprit Saint le saisit (là encore ça reste une possibilité pas une obligation). Il y a aussi parfois comme un poids qui descend, mais qui en même temps rend léger. Et j’ai compris que c’était le poids de gloire du Seigneur. Et c’est puissant et parfois même terrifiant, comme si on posait les pieds sur un terrain saint rempli de feu ardent. Bien sûr d’aucuns diront : « mais dans la nouvelle alliance nos pieds sont constamment posés sur le terrain saint ». Que répondre à ça ? Nous, évangéliques, sommes très forts en slogans à enrobage biblique. C’est comme lorsqu’une personne dit d’un culte communautaire : « oh le Seigneur était vraiment présent parmi nous », il se trouve aussitôt quelqu’un pour rétorquer d’une façon très spirituelle « mais il est toujours présent puisque sa Parole dit : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ».

On pourrait passer une vie à citer les paroles de la Bible : « je ne suis pas malade puisque la Bible dit que « par ses meurtrissures je suis guéri etc etc ». Il y a dans les geôles du diable beaucoup de malades et prisonniers spirituels qui répètent inlassablement des versets bibliques-mantras. Je ne crois pas que la Parole de Dieu ait été donnée pour ça, la vie chrétienne, c’est l’incarnation. Le verset ne produit pas automatiquement l’incarnation. On peut, en tant que chrétien, juste obtenir comme Marthe un beau verset biblique ou avec Marie voir l’incarnation du verset. Pour employer une expression péjorative, quand on est saisi dans l’esprit, ce n’est plus le corps qui a le poids supérieur, c’est l’esprit qui pèse, en amenant alors l’âme dans la Présence divine dans un état de soumission totale à l’Esprit de Dieu. Quand David dit « mon âme exalte le Seigneur », ce n’est pas son intelligence naturelle qui peut le faire. L’exaltation n’est pas la proclamation, c’est un état où l’esprit est pleinement engagé et entraîne l’âme dans l’élévation durant l’adoration à Dieu. En général, en communauté, nous vivrons l’adoration à Dieu à la mesure que le permettra le milieu dans lequel nous sommes immergés, je ne sais pas trop comment dire ça autrement. On est infusé par l’atmosphère ambiante. Si les gens qui vous entourent ont peur des expressions spirituelles libérées, par crainte de dérapage ou autre, alors vous resterez par prudence sur le bord de la rivière, vous n’y entrerez pas. Si vous aimez louer le Seigneur en dansant ou en tapant dans les mains, mais que vous vous joignez à une assemblée qui réprouve ces pratiques bien qu’en aimant Dieu sincèrement, il vous sera difficile de faire comme vous aimez le faire. Il y aura, que vous le vouliez ou non, comme un effet de blocage qui inhibe en vous le flot de l’Esprit, tel que vous avez pour habitude de le vivre. Jésus n’a pas pu faire des guérisons en certains lieux ; parfois il a fait sortir des personnes pour cause de moquerie ou incrédulité (voir histoire de la fille de Jaïrus). Il y a besoin d’un environnement favorable pour une plus grande liberté d’action ou d’opération dans l’Esprit. On n’y coupe pas : l’Esprit Saint agira dans et selon l’espace qu’on lui laissera ou pas. Dans un groupe de personnes prophétiques, tout le monde saute à pieds joints dans l’eau. Il n’y en aura pas un pour dire à l’autre « non, non, reste là n’y va pas c’est dangereux tu pourrais te faire mal, tu ne sais pas ce qu’il y a au fond de l’eau, elle pourrait être froide, brûlante ou polluée etc ». Les personnes à sensibilité prophétique qui sont entourées en majorité de personnes n’ayant pas cette sensibilité sont parfois comme contraints par cet environnement (dans le sens où c’est parfois ressenti comme une prison). En même temps, personnellement je suis reconnaissante au Seigneur de ne pas être entourée uniquement de gens qui me ressemblent spirituellement, car c’est d’une certaine façon, une sorte de garde-fou (c’est une expression qui exprime bien la chose). J’apprécie l’excitation prophétique pour l’endroit où elle me dépose lorsqu’elle m’y amène. Cependant il peut arriver que l’état dans lequel elle me met, me fasse parfois peur, ça ne peut pas être permanent. La montagne de la transfiguration n’est pas un endroit où Dieu nous demande de planter notre tente en permanence, comme je l’expliquerai plus loin. Elie n’est pas resté à manger les gâteaux cuits par les anges. C’était bon de vivre ça, mais ce n’était pas une fin en soi. Le but était de prendre des forces pour accomplir la mission confiée car comme l’ange le lui a dit : la route était encore longue il devait quitter ce lieu.

 

Le rôle de la musique dans la libération de l’inspiration Prophétique.

Regardons un peu le contexte de la rencontre de Saül avec la troupe de prophètes : Samuel lui dit « Après cela tu arriveras à Guibea Elohim où se trouve une garnison de Philistins. En entrant dans la ville tu rencontreras une troupe de Prophètes descendant du haut lieu, précédés du luth, du tambourin, de la flûte, et de la harpe et prophétisant eux-mêmes. L’Esprit de l’Eternel te saisira, tu prophétiseras avec eux et tu seras changé en un autre homme » (1 Samuel 10). La musique précédait et accompagnait le prophétisme de la troupe de prophètes.

Je sais que beaucoup a été dit sur l’emphase mise sur la musique, certains trouvant suspecte la trop grande place qui lui est faite dans le cadre du culte rendu à Dieu. Mais ce n’est pas parce qu’il y a des excès que la réalité spirituelle de son intérêt dans les choses saintes doit être niée. Il est un fait que la musique libère, stimule même si ce n’est pas là l’apanage du Christianisme. Le rejet de la musique dans le cadre du culte est allé parfois très loin ; au point qu’une certaine mouvance chrétienne a carrément banni les instruments de musique de la célébration cultuelle. Certes, c’est ce genre de décision qui a permis l’éclosion du fameux groupe US les « a capella » aux merveilleuses cordes vocales. Mais le soi-disant remède s’est avéré bien pire que le mal, car dans la plupart des églises de cette mouvance, le chant avec les cordes vocales n’est plus vraiment une louange à la gloire de Dieu, mais il est devenu un panneau pointant vers la gloire humaine avec ses merveilleuses capacités. Le chant devient en lui-même sujet et objet d’adoration avec de très belles prestations vocales à plusieurs voix bien harmonisées. Si nous réfutons les instruments dans la louange et l’adoration à Dieu sur la terre, il faut savoir que dans les lieux célestes autour du trône Divin, l’adoration et les louanges offertes à Dieu le sont, et le seront aussi sous forme de musique instrumentale : les joueurs de harpes sont mentionnés bien plus d’une fois dans le livre de l’Apocalypse !

 

Les Psaumes de David, écrits sous l’inspiration divine, étaient accompagnés de musique instrumentale : tantôt à cordes, tantôt à vent : luth, harpe, flûte, chalumeau… Ces psaumes n’étaient donc pas juste des paroles mises en mélodie. La musique a une incidence sur la libération de l’onction et l’écoulement de l’inspiration. Lorsque le mauvais esprit est entré en Saül, on a envoyé chercher David afin qu’il joue de la harpe. Apparemment le peuple d’Israël savait qu’un joueur de harpe inspiré pouvait apaiser les souffrances causées par le tourment d’un esprit mauvais. 1 Samuel 16/14 à 16 : « L’Esprit de l’Eternel se retira de Saül qui fut agité par un mauvais esprit venant de l’Eternel. Les serviteurs de Saül lui dirent : voici, un mauvais esprit de Dieu t’agite. Que notre Seigneur parle ! Tes serviteurs sont devant toi, ils chercheront un homme qui sache jouer de la harpe ; et quand le mauvais esprit de Dieu sera sur toi, il jouera de sa main et tu seras soulagé ».

Ce n’était pas là une vague superstition car au verset 23, il est dit « Et lorsque le mauvais esprit envoyé de Dieu était sur Saül, David prenait sa harpe et jouait de sa main ; Saül respirait alors plus à l’aise et était soulagé, et le mauvais esprit se retirait ». La musique ne chassait pas le mauvais esprit (ce n’était pas son rôle) mais elle avait la capacité de l’éloigner un temps de sorte que Saül puisse être soulagé. La musique de harpe de David neutralisait l’esprit malin : Saül semblait devenir un autre homme aimant David comme un fils de sa maison.

 

La musique avec instruments joue un rôle non négligeable dans l’activation de l’onction prophétique. Elle ne crée pas l’onction, mais la stimule. Si l’onction prophétique n’existe pas à la base, ce n’est pas la musique qui va la faire apparaître, la musique va juste permettre de libérer dans une plus grande mesure l’expression de l’onction prophétique. De même, ce n’est pas parce qu’un chant est oint que la personne qui la chantera sera touchée ou visitée ; ce n’est pas magique. Les psaumes de David étaient écrits sous l’onction pourtant ce n’est pas parce que vous les réciterez ou les chanterez que la même onction coulera sur vous. Cela pour dire que ce ne sont ni les chants ni les instruments de musique qui créent ou déposent une onction ; ils ne possèdent pas d’onction intrinsèque mais sont juste parfois des instruments libérateurs entre les mains de Dieu dans certaines circonstances. Nous avons un autre exemple où la mélodie d’un joueur de harpe fut suscitée pour permettre la libération d’une parole de Dieu. En 2 Rois 3/15 : Elisée réclame la présence d’un musicien dont la musique va « libérer » sur lui l’onction prophétique pour lui permettre de donner une réponse de Dieu. La présence de Dieu était sur Elisée il n’y a pas à en douter, il avait même reçu une mesure d’onction de l’Esprit qui était le double de celle déversée sur Elie. Donc ce n’était pas pour que l’onction vienne sur lui qu’il avait besoin de la présence du joueur de Harpe. Mais Elisée se trouvait dans un environnement spirituel hostile qui faisait qu’il avait besoin que l’onction de Dieu sur lui soit stimulée pour casser autour de lui l’influence de cet environnement, et permettre la fluidité de l’écoulement du flot inspirationnel de l’Esprit de Dieu.

La musique mue par l’Esprit de Dieu le soulevait au dessus de cet environnement où l’air était encore contrôlé par les esprits de Baal et d’Astarté (2 Rois 3/13), pour le propulser dans le conseil du Trône divin. Il faut le redire si nécessaire : la musique ne remplace pas l’onction mais elle stimule l’inspiration lorsqu’elle est mue par l’Esprit de Dieu. Les personnes prophétiques ont besoin il est vrai, d’être stimulées par d’autres qui leur ressemblent, mais aussi ce que Dieu dépose en elles a parfois également besoin d’être stimulé ou ranimé. Paul disait à Timothée « ranime le don de Dieu que tu as reçu par l’imposition des mains ». Ces dons reçus peuvent finir par s’éteindre si le feu de l’onction n’est pas entretenu. L’onction peut être là mais comme stérilisée pour une raison ou une autre, par exemple en présence de personnes remplies d’un esprit d’incrédulité, de jugement ou de critique sous couvert de discernement ou même des esprits d’opposition à l’Esprit de Dieu comme ce qui caractérisait l’environnement d’Elisée. Cela a un effet bloquant sur l’onction. C’est comme un instrument émoussé qui perd son efficacité et risque de devenir moins incisif, moins sensible, moins tranchant. Nous devons constamment être aiguisés pour que l’onction garde la mesure et la sensibilité qui lui donnent toute son efficacité. Cet affûtage des personnes prophétiques se fait donc dans le meilleur des cas dans le frottement régulier avec d’autres personnes prophétiques, comme on le voit dans les troupes de prophètes ou fils de prophètes. Mais il se fait aussi de cette façon avec la musique qui éveille, réveille et stimule et aiguise la sensibilité prophétique pour la libération de la parole prophétique d’inspiration. Elle libère et élève le niveau de l’onction pour libérer l’inspiration prophétique. Elle aide à ranimer le don, à le sortir de l’ornière et des entraves de la timidité et de la crainte.

Nous sommes des êtres tripartites avec un corps un esprit et une âme. Et dans l’inspiration prophétique notre âme joue une partition importante. Il y a eu des mauvais enseignements qui font que des gens assimilent l’âme à la chair, qui ne sert de rien avec ses désirs contraires à ceux de l’Esprit ; et c’est dommage. Car l’âme régénérée et placée sous l’autorité de l’Esprit de Dieu est un instrument de bénédictions. C’est votre âme qui soupire après Dieu ou qui a soif de lui. Au Psaume 57 David chante « réveille toi mon âme ! », au Psaume 86 il dit « Seigneur à toi j’élève mon âme ». Puis Psaume 103, « mon âme bénis l’Eternel ! ». C’est votre esprit qui est en contact avec Dieu et vous permet de vivre de la vie de Dieu ; mais c’est au travers de votre âme (qui intègre ce que vous êtes en Dieu), que vous pouvez vivre cette vie de Dieu. Votre vie nouvelle, vous la vivez dans votre âme rachetée, avec une conscience et des émotions purifiées, une intelligence renouvelée, une volonté sanctifiée. Lorsque la Bible parle du fruit de l’Esprit, cela va toucher à notre âme avec ses émotions, notre volonté, notre intelligence nos sentiments : tout ca reflète notre âme. Elle parle aussi de nos pensées qui doivent être ramenées captives à l’obéissance de Christ ou encore de nos sentiments qui doivent être ceux de Jésus-Christ. L’âme n’est donc pas la chair. Lorsqu’elle est soumise à l’Esprit de Dieu, nous recevons le vouloir et le faire pour accomplir la volonté de Dieu, mais lorsqu’elle n’est pas soumise à l’Esprit de Dieu, elle ploie sous le pouvoir de la chair pour accomplir ses désirs qui sont contraires à ceux de l’Esprit. Nous avons le choix de vivre au travers de notre âme, ou bien notre vie propre ou bien la vie nouvelle en Jésus-Christ. Mais c’est avec les fonctionnalités de notre âme rachetée que nous vivrons la vie nouvelle en Jésus-Christ. Car l’expression de cette vie nouvelle spirituelle passera par nos émotions, car nous sommes appelés à aimer Dieu non seulement avec notre esprit mais aussi de tout notre cœur et notre âme. Notre âme peut être un moteur ou un frein dans notre adoration à Dieu comme dans toute chose. C’est pourquoi David ordonnait à son âme de se fortifier en Dieu car une âme abattue entraîne l’esprit dans sa chute. Il n’y a pas que l’Esprit qui ait besoin d’être fortifié ; lorsque l’âme se fortifie en Dieu elle est restaurée (Psaume 138). C’est au travers de notre âme que notre amour pour Dieu s’exprimera de façon visible.

 

La musique va donc élever l’âme dans une sphère de liberté qui n’est pas contrainte par des barrières issues de l’intelligence naturelle ou la crainte. Là où est l’Esprit du Seigneur là est la liberté. L’onction prophétique a besoin de liberté. Et le prophète est appelé à prendre le risque de la liberté et c’est à cela que servaient aussi les écoles de prophètes de l’ancienne alliance. Ce risque intégrait aussi la possibilité de l’erreur comme on l’a vu avec les fils des prophètes d’Elisée ; mais c’est au travers de cela qu’ils ont appris et nous en sommes au bénéfice, voyons l’exemple des coloquintes sauvages qu’ils avaient cueillis. Attention ! ici je ne dis pas que l’erreur est l’école de Dieu pour les prophètes, je dis que le risque de la liberté intègre la possibilité de l’erreur et il y a là une grande nuance dans la mesure où ceux qui se laissent ainsi enseigner comprennent qu’ils sont dans l’erreur, découvrent pourquoi et acceptent la rectification dans une entière soumission à l’Esprit de la prophétie qui est le Témoignage parfait de Jésus notre Oint. Ces fils de prophètes avaient l’onction, mais pas le mode d’emploi, et c’est dans l’action qu’ils ont appris, non pas avec une feuille de route de « un prophète doit faire, un prophète ne doit pas ». Elisée a laissé aux fils des prophètes une grande autonomie d’action dans laquelle ils ont souvent pris de mauvaises décisions, fait des choix douteux, mais c’était aussi leur école et la nôtre, car si riche d’enseignements pour nous qui sommes parvenus en ce temps !

Au début de leur formation ils ne discernent pas grand-chose de la façon dont Dieu agit. Ils n’ont pas compris grand-chose à l’enlèvement d’Elie et ont proposé à Elisée d’aller le chercher sur les montagnes où l’Esprit de Dieu l’aurait certainement jeté. Lorsqu’ils ont proposé à Elisée d’élargir l’espace où ils étaient assis et qu’ils trouvaient trop étroit, Elisée ne s’y est pas opposé, et quand ils ont perdu le fer, il ne leur a rien reproché, mais l’a fait surnager avec un bout de bois. J’ai parlé de la symbolique de ce passage pour nous aujourd’hui ici. Et la première vraie mission prophétique d’un fils des prophètes d’Elisée fut de faire une action que Dieu avait au départ confiée à Elie : oindre Jéhu comme Roi d’Israël. Ce qui est curieux car c’est l’un des fils des prophètes d’Elisée qui le fera en fin de compte. Il devait avoir un drôle d’aspect en délivrant sa prophétie après avoir oint Jéhu, puisque les serviteurs de ce dernier lui dirent « pourquoi ce fou est-il venu vers toi ? » 2 Rois 9/11. Ce fils de prophète a prophétisé à Jéhu exactement la même parole qu’Elie avait prophétisée à Achab, mais qui n’avait pu être accomplie du vivant d’Achab à cause de son repentir dans l’humiliation de son âme : 1 Rois 21/29. C’est donc au pied d’Elisée, et trempé dans un exercice prophétique libéré que ce jeune prophète avait été préparé à cet acte prophétique annoncé depuis le temps d’Elie. C’était là l’aboutissement de toute la formation d’aiguisement spirituel dans cette école prophétique Eliséenne, car après cela on n’en entend plus trop parler. Et cette mission n’était pas rien, car elle avait trait au jugement de celle qui tuait les prophètes de Dieu. Dieu travaille à l’affûtage de l’instrument prophétique en préparant non seulement son esprit mais aussi son âme qui a besoin d’être modelée pour permettre une expression prophétique efficace qui intègre sa place, son utilité et ses limites. Lorsque Elisée a envoyé ce fils de prophètes vers Jéhu, le jeune prophète ne lui a pas répondu que Jéhu pourrait trouver son acte insensé ; il n’a pas non plus demandé son reste en demeurant plus que de raison auprès de Jéhu en se disant qu’il pourrait peut- être devenait conseiller spirituel du roi : il était quand même celui qui l’avait oint ! Non, il s’en est retourné aussitôt comme un serviteur inutile qui avait juste fait ce qu’il avait à faire sans plus. Son âme avait été formatée pour ce service sans éclat mais pourtant puissant.

 

L’âme n’est pas une mauvaise chose car Dieu nous a ainsi créés. C’est avec toutes les parties de mon être que je veux et peux adorer le Seigneur en esprit et en vérité. Car quand je l’adore en esprit, mon corps et mon âme sont aussi sollicités. Je peux taper des mains pleurer, trembler, soupirer, rire, chanter, tout cela se fait avec les parties de mon corps ; même quand je parle ou chante en langues, c’est mon corps et mon âme qui offrent cela au Seigneur (par ma bouche), bien que ce soit suscité par l’Esprit de Dieu. Notre esprit même soumis à l’Esprit de Dieu n’agit pas directement sur notre corps pour lui permettre d’adorer Dieu, pour cela il passe par notre âme, où se situe notre volonté notre intelligence et nos émotions. Pensez-vous que pour adorer Dieu, votre volonté, votre intelligence et vos émotions sont annihilées ? Nous voulons voir Dieu, c’est un désir saint ; nous voulons voir sa gloire. Lorsque la présence de Dieu est manifeste ou que son Esprit agit au milieu de nous, oui il peut y avoir des émotions libérées en nous ou au travers de nous. Nous pouvons en effet pleurer, rire, trembler, danser. Dans un Psaume (96), David chante que même les arbres des forêts poussent des cris de joie, Esaïe lui (55), prophétise que les arbres de la campagne battront des mains, et nous, nous resterions sans émotions lorsque Dieu nous visite de sa sainte présence ?! Ne dites pas que la sainte et glorieuse présence de Dieu, c’est tout le temps que vous la vivez : ce n’est pas vrai ; il y a des moments où la présence de Dieu est plus tangible, bien que la réalité est qu’il est là tout le temps et partout. Je le redis, ce n’est pas parce qu’on est chrétien qu’il faut se contenter de slogans en répétant des versets bibliques ! La parole de Dieu est une parole vivante pénétrante qui est donnée pour être incarnée ; elle est appelée à se faire chair aussi dans nos vies de tous les jours ; et nous ne pouvons nous tenir dans la recherche permanente de cette incarnation que dans la mesure où Dieu permet aussi que nous vivions des moments de manque, avec une conscience aigüe de l’absence de sa présence. C’est ce sentiment qui nous fait le poursuivre comme la Sulamithe après son Berger. L’épouse est languissante tant que l’époux n’est pas de retour (Matthieu 9/15). L’amour ardent fait connaître cette sorte de langueur.

 

L’impact de la musique sur l’âme

Il est dit que la musique adoucit les mœurs ; c’est parce qu’elle calme ce qui a de plus fort ou de dur en nous. Elle brise aussi les inhibitions et donne du courage ; c’est pour cela aussi qu’elle occupe une place importante dans l’armée ou dans les hymnes nationaux. Cela explique aussi pourquoi les bègues ne bégayent pas lorsqu’ils chantent ; c’est parce que la musique brise et fait sauter certains nœuds de l’âme. Elle déverrouille certains blocages de l’âme et fait sauter les barrières de l’intelligence naturelle. Elle met dans une prédisposition pour faire ou dire certaines choses qu’on ne ferait ou ne dirait pas naturellement, par crainte ou timidité. C’est pourquoi elle peut être utilisée comme technique préalable pour des transes ou autres choses de ce genre. Elle a la capacité de mettre l’âme dans un état où elle n’est plus prédominante et à partir de là, ce qui est spirituel peut trouver un espace pour prendre le dessus et ouvrir les champs qui jusque là étaient contraints, contenus. Ne croyez pas que cela ouvre juste aux choses de l’Esprit de Dieu ; cela ouvre à tout ce qui est spirituel. La musique joue profondément sur la corde des émotions de l’âme. C’est pourquoi les producteurs et scénaristes de films choisissent minutieusement la musique qui va marquer non seulement la bande originale, mais encore amener avec précision des situations très différentes dans la trame de l’histoire. Ainsi à son insu le spectateur sera amené successivement à surfer sur des vagues d’émotions très diverses, ressenties intérieurement comme s’il vivait lui-même l’histoire. La même histoire lue dans un livre serait perçue et vécue différemment, alors qu’on sait qu’un livre est toujours bien plus riche de détails qu’un film. Les gens qui ont pleuré sur le film biblique de Mel Gibson ne pleureraient pas forcément en lisant l’histoire de la crucifixion dans la Bible. La musique choisie pour amener la crucifixion a imprimé quelque chose au niveau même de leur âme.

On ne choisit pas la même musique pour un mariage ou un enterrement. Quand vous êtes dans la joie vous chantez en mode majeur, alors que votre âme s’élèvera plutôt en mode mineur dans des temps de tristesse ou d’agonie dans l’âme. Par ses Psaumes, David exhortait parfois à célébrer Dieu sur le Luth à 10 cordes ou sur la harpe à 8 cordes, d’autres fois avec aussi le chalumeau, la trompette, les tambourins ou encore des cymbales retentissantes et bien sonores (certains chrétiens pensent que la batterie ou le tambour Africain ne font pas très spirituel et cassent les oreilles de Dieu, mais ce qu’Il en pense Lui..!). Les instruments n’étaient pas choisis par hasard, le choix était fonction de l’état d’âme ressortissant des paroles du Psaume. Le Psaume 33 n’a certainement pas été chanté sur le même instrument que le Psaume 22.

La musique Soul qui est la musique de l’âme comme son nom anglais l’indique, est étroitement liée au Gospel et au Negro spiritual. Si ces musiques impactent si profondément, c’est parce que des émotions de l’âme sont à la base de leur émergence. C’est dans les champs de coton que les esclaves ont commencé à faire monter l’agonie de leur âme au Seigneur, dans des complaintes mélopées. Des émotions de l’âme sont chevillées au corps de ces musiques, c’est pourquoi elles racontent encore aujourd’hui une histoire d’âme qui marque l’âme de l’auditeur. Elles touchent une corde sensible, mais qui peut susciter des émotions aussi diverses que la reconnaissance, la revendication, l’amertume ou la fierté d’un sentiment d’appartenance. Comme la Marseillaise peut réveiller et toucher quelque chose dans l’âme du Français et lui donner comme la chair de poule, alors même que c’est un chant qui comporte des paroles difficiles. Il en est ainsi généralement de toutes musiques qui ont un ferment fédérateur puissant, ou qui véhiculent une page d’histoire touchant à l’âme d’une communauté, d’un peuple, une nation, voire même une classe sociale comme l’Internationale avec son hymne qui fait frémir les tenants de la lutte ouvrière ou la révolution. Et que dire de ce très vieux chant : « debout sainte cohorte soldat du roi des Rois ! » Vous le chantez et vous avez tout de suite l’impression d’être enrôlé dans l’armée du Roi. Si votre âme est abattue au-dedans de vous, il y a alors comme un effet dynamiseur de courage qui vous fait comprendre que Jésus a vaincu l’ennemi de nos âmes pour que vous ayez les moyens de vous tenir la tête haute sur le terrain qui fait entrer dans le cortège de sa victoire. Tous les Psaumes de David ont été composés pour être chantés à la suite d’une émotion vécue (souffrance, crainte, angoisse, ou joie) c’est pourquoi ils aident aujourd’hui l’âme en souffrance, ou élève la louange de celui qui est reconnaissant au Seigneur. Lisez les cantiques de délivrance de Déborah (Juges) et de Marie (Exode 15) ou encore celui funèbre (2 Samuel 1/17) que David a écrit sur Saül et Jonathan ; tous ces cantiques véhiculent une émotion de l’âme, ce dernier sur Saül, dénommé « cantique de l’arc » devait être enseigné à la postérité. Aujourd’hui d’ailleurs, en conformité avec ce que je développe plus loin, c’est comme si j’entendais la mélodie de ce cantique qui dit « comment des héros sont-ils tombés, comment leurs armes se sont-elles perdues ? ».

 

A cause de tout cet impact de la musique instrumentale sur l’âme, certains émettent de sérieuses réserves sur sa place dans l’adoration. Certes la musique instrumentale produit un effet certain sur l’âme, qu’on soit chrétien ou non ; mais il en est de même du jeûne qui produit un effet puissant sur l’esprit, qu’on soit ou non chrétien. Des adeptes de religions orientales ou pratiques ésotériques jeûnent pour que leur esprit soit fort ou rendu plus perméable aux esprits. Faudrait-il aussi cesser de jeûner à cause de ça ? Avant de fermer ce chapitre il est bon de préciser que ce n’est pas parce qu’une musique ou un chant ont été composés au sein d’un mouvement chrétien qu’on pense déviant, que le chant ou la musique est déviante. Sinon dans ce cas il faudrait éviter de chanter pas mal de chants contenus dans les livrets comme « J’aime l’Eternel » ou même « les ailes de la foi » car les auteurs seraient forcément des hérétiques pour l’un ou l’autre mouvement du Christianisme sur des doctrines clivantes chez les uns et les autres. Lorsque les paroles d’un chant honorent entièrement le Seigneur on ne saurait dire que ce chant est anathème peu importe les déviances avérées ou non de son auteur. De même qu’un incroyant ne saurait devenir enfant de Dieu juste en chantant un chant à la gloire de Dieu composé par un vrai chrétien.

 

La bénédiction continue de la présence ou le miracle ponctuel de l’eau agitée

Pour autant, la vie spirituelle du chrétien ne saurait être basée sur de la musique, des sensations ou atmosphères sinon ce serait s’exposer à rester très souvent sur le bord de la piscine attendant le passage d’un ange qui ne passe que rarement, alors que Jésus Lui, passe et frappe tout le temps à notre porte. Certains n’ont pas la foi pour recevoir autrement que par ce biais de la piscine. Alors de temps à autre, Dieu va à leur rencontre là où ils en sont, et provoque ces mouvements de l’eau agitée. Mais vous ne pouvez pas vivre en attendant ou comptant constamment sur le prochain mouvement de l’eau, car il ne se produit pas systématiquement. En Jean 5/4 il est dit que c’est de temps en temps qu’un ange descendait pour remuer l’eau. Aux versets suivants, Jésus dit au paralytique de se lever de prendre son lit et de marcher. Ce qu’il a fait par la foi et sans entrer dans l’eau de la piscine. Il a été guéri juste en croyant en la parole de Jésus, la source même de l’eau vive ; il y avait en Lui bien plus que l’eau de la piscine de Bethesda. Jésus n’a cependant pas condamné ceux qui attendaient le mouvement de l’eau pour être guéris, mais il a montré la voie par excellence. Il y a d’une part ceux qui attendent un mouvement vibratoire de l’eau, puis que quelqu’un les y pousse. Leur guérison est donc tributaire d’une double condition aléatoire, car l’eau ne bouge pas tout le temps, il faut pour cela qu’un ange passe. Puis il faut encore attendre et la volonté et l’intervention d’une tierce personne. Il y a d’autre part, ceux qui sont guéris en discernant la présence et le passage de Jésus. Dans ce cas précis il ne sera pas question de dépendre des autres, c’est la volonté et une action personnelle du malade qui est suscitée. Jésus dit au paralytique : « Veux-tu être guéri ? ». Jésus savait qu’il était malade depuis longtemps. Mais cette question mène bien plus loin ; elle fait appel à la volonté profonde et personnelle du malade, pas celle d’un guide ; car si sa volonté est engagée, son action aussi sera engagée.

 

Le drame du paralytique spirituel

Concernant les personnes couchées à l’entrée de Bethesda et attendant le mouvement de l’eau, la Version de la Bible Martin dit qu’il y avait « un grand nombre de malades, d’aveugles, de boiteux et des gens qui avaient des membres secs ». Beaucoup d’enfants de Dieu sont des paralytiques spirituels parce que leurs membres sont desséchés. Ils ont un réel besoin d’être plongés dans la rivière de Dieu, mais même pour y aller ils manquent de force et de volonté. Ils ont besoin que d’autres les poussent dans l’eau. Mais comme déjà dit, tout ça est très aléatoire et par conséquent ces personnes resteront dépendantes des circonstances, très instables comme dans une sorte de bipolarité spirituelle. Tantôt remplies, tantôt sèches. Tantôt exaltées, tantôt vides et déprimées. Ce sont aujourd’hui les chrétiens passant de séminaires en séminaires. Installés dans la dépendance de ministères et de la volonté d’autrui, de guides, et non de la parole permanente de Dieu; vivant dans l’attente de la prochaine vague à venir pour obtenir guérison délivrance ou rafraichissement. Mais le toucher de Dieu ne semble jamais laisser une action durable. Comme si l’eau vive (dont Jésus a parlé à la Samaritaine) ne pouvait être que passagère, en dépendance étroite avec le passage momentané de ces vagues ou mouvements dans l’eau.

 

Attendre la mouvance ou vivre dans la présence ?

Pourtant Dieu ne veut pas qu’on s’installe dans cet état d’esprit néfaste du paralytique spirituel. Quand Jésus lui a dit « veux-tu être guéri ? », le malade lui a répondu « je n’ai personne pour me jeter dans la piscine quand l’eau est agitée ; et pendant que j’y vais un autre descend avant moi ». Pour lui, sa guérison dépendait de ça. Beaucoup de chrétiens pensent que la simple et vieille bonne Parole de Dieu ne suffit pas, qu’il faudrait autre chose : le passage d’un ange ou quelque chose dans le genre de ce que pensait Naaman. Il attendait du prophète qu’il agite la main avec théâtralité etc. De même le paralytique spirituel attend que Dieu agite l’eau et agisse d’une manière dite très surnaturelle incluant au passage l’univers angélique. Mais Jésus n’était pas entré dans le schéma de pensée du paralytique. Il lui avait juste dit de se lever, de prendre son lit et de marcher. Il est dit « aussitôt l’homme fut guéri et il prit son lit et marcha ». La parole de Jésus avait produit quelque chose dans son cœur qui s’était répercuté dans ses os, la semence divine avait agi en lui depuis l’intérieur. Or dans le cas de ceux qui sont poussés par d’autres dans l’eau, nous faisons face à une action extérieure. Pourtant l’alliance dans laquelle nous sommes, en est une qui agit depuis l’intérieur. Dieu n’inscrit plus sa Parole sur des tables extérieures mais sur les tables intérieures des cœurs. Il est dit que dans cette alliance Dieu a parlé par le Fils. Si vous attendez le passage épisodique des anges, vous raterez le passage quotidien du Fils. Aucun mouvement de vagues spirituelles ne peut imprimer durablement des choses dans les cœurs comme le peut la Parole de notre Christ. Le dilemme « entrer dans la mouvance ou vivre dans la présence » nous met face à deux touchers de Dieu qui peuvent avoir des incidences différentes. J’ai dit au début qu’il peut être souhaitable de vivre les deux, mais dans l’ordre de Dieu. La mouvance de l’eau fait entrer dans l’éphémère. Alors que la Parole de Christ tombant sur la terre de nos cœurs dépose en nous une semence divine qui nous fait entrer dans la permanence, de sorte que quelque soit les circonstances extérieures, nous marchions par la foi dans la Parole de Dieu. Dans cette dimension de la marche, l’invisible précèdera le visible, mais pour s’établir dans l’éternel. Nous vivons dans une alliance où la parole ou l’action de Dieu doivent être de préférence non pas extérieures à nous, mais intérieures, afin de produire un fruit qui demeure.

Dans le temps de rédaction de ce message, au cours d’un temps de prière personnelle, j’ai eu la vision suivante : je voyais en esprit un grand tremblement de terre qui secouait les fondements de la terre en soulevant une lame de fond qui devenait un énorme tsunami. Je voyais ce tsunami emporter tout ce qui se trouvait sur son passage. Dieu va permettre que la terre spirituelle où se tiennent ceux qui sont à la recherche effrénée d’une nouvelle vague, soit secouée, remuée jusque dans ses profondeurs; ce sont les racines terrestres et charnelles dans des milieux charismatiques qui seront particulièrement touchées. Cette vague sera destructrice en ce que plusieurs qui ne sont pas ancrés dans les fondements de la parole, qui n’ont pas l’amour de la vérité, seront emportés par un flot impétueux qui ne sera rien d’autre qu’un ensemble plus important de doctrines de démons que ce mouvement de profond ébranlement de plaques spirituelles va faire monter à la surface.

 

L’esprit de Saül est-il aussi parmi les Prophètes ?

J’ai parlé au début de l’ascendance spirituelle de la troupe de prophètes que Saül avait rejoints ; cela questionne aussi sur l’esprit par lequel on est amené à faire les choses. Autrement dit cette question posée par les gens sur place pouvait aussi vouloir dire : ces autres prophètes prophétisent-ils tous par le même esprit que Saül ? Celui-ci est il un prophète de la même nature que les autres ? Son prophétisme procède-t-il de la même paternité spirituelle ?

Pendant la période où Saül était régulièrement saisi par un esprit mauvais qui le poussait à vouloir tuer David, il arrivait encore que l’Esprit de Dieu agisse au travers de Lui. 1 Samuel 19/23 dit que l’Esprit de Dieu s’est saisi de lui alors qu’il était en chemin pour rejoindre la troupe de prophètes de Samuel ; et il se mit à prophétiser. Et c’était là la deuxième fois qu’était mentionnée l’expression « Saül est il aussi parmi les Prophètes ? ». Il y a là de quoi remettre en question une idée erronée qui voudrait que quelqu’un en qui l’Esprit de Dieu agit, ou a agit, ne peut être saisi par un esprit impur. C’est Dieu qui avait oint Saül et c’est par l’Esprit de Dieu que Saül avait prophétisé les deux fois au sein de la troupe de prophètes. Lors de sa première rencontre avec la troupe Prophétique, conformément à ce que lui avait annoncé Samuel (1 Samuel 10/6), Saül avait été transformé en un autre homme (1 Samuel 10/9) : « Dès que Samuel lui tourna le dos pour se séparer de Samuel, Dieu lui donna un autre cœur ..». On ne pourrait pas dire que Saül a mal tourné parce qu’il n’avait jamais été transformé par Dieu. Saül avait eu une vraie visitation qui a pu opérer en lui une vraie transformation, sans que cette transformation ait réussi à produire du fruit dans la durée, un peu comme une pluie fraîche qui se répand sur une terre altérée, mais sans pénétrer la nappe phréatique. Une visitation qui fait du bien sur le moment, pouvant même guérir ou délivrer, mais sans agir en profondeur dans le cœur pour une transformation intérieure qui tienne dans le mauvais jour. C’est aussi cela l’esprit de Saül, comme on en voit la manifestation dans sa vie. Par deux fois il a été visité par Dieu ; ce n’était pas une action spirituelle venant du diable. Mais une telle visitation peut arriver à ouvrir la porte à de mauvais esprits et nous pouvons comprendre comment cela arrive en étudiant la vie de Saül. Pour en revenir à l’histoire du paralytique, quand Jésus l’a revu plus tard dans le temple, il lui a dit de ne plus pécher pour que sa situation ne devienne pire. Ce pire est précisément ce qui est arrivé à Saül après avoir rencontré la troupe de prophètes de Samuel et avoir touché de près l’onction de Dieu, il est retourné à sa condition précédente. Cela peut toujours arriver. Ce n’est pas parce qu’un jour Dieu t’a profondément visité que tu es immunisé contre le mal et le péché. Improprement, certains ont sacralisé la visitation de Dieu au point de vénérer ceux qui en ont été l’objet. Que pouvait-il lui arriver de pire à cet homme malade que Jésus avait guéri ? Le pire serait qu’il soit démonisé, que son corps entier devienne métastasé par une invasion démoniaque ; et c’est le péché conscient et volontaire, après avoir été touché par Dieu, qui occasionne ça. Car la désobéissance ouvre des portes toutes grandes au diable, comme c’est arrivé à Saül. Ce n’est pas arrivé parce que Saül n’avait pas eu l’empreinte de Dieu sur sa vie (Dieu l’avait oint !), mais parce qu’il avait cessé de marcher à l’intérieur des clous.

Lorsque Dieu visite, évidemment il se passe quelque chose au niveau de notre esprit qui est éveillé : la porte de notre esprit s’ouvre. Lorsque cette visitation est venue sur Saül, on voit bien que son âme s’est amenuisée, il n’était plus comme on dit lui-même, c’est-à-dire maîtrisant la situation par la logique de son intelligence naturelle. Là, la porte de son esprit s’était ouverte, mais lorsque cela arrive, il faut absolument que ce lieu saint de notre être soit en mesure d’être la résidence exclusive de l’Esprit de Dieu par une vie et une marche en conformité avec les exigences de Dieu. Cette visitation, la première du moins, avait été envoyée par Dieu dans un but de transformation comme nous le lisons en 1 Samuel 10/6 : « l’Esprit de l’Eternel te saisira tu prophétiseras et tu seras changé en un autre homme ». Or la transformation attendue en Saül n’a pas été durable, le Saint Esprit n’a pu rester en permanence dans la maison mais étant donné que la porte s’était ouverte par une visitation spirituelle, un autre esprit en conformité avec l’état de son âme, a pu entrer.

Plus loin, en 1 Samuel 16/14 il est dit « l’Esprit de l’Eternel se retira de Saül qui fut agité par un mauvais esprit venant de l’Eternel ». Et comme dit plus haut, pour apaiser le tourment de Saül, on faisait venir David, sur qui reposait l’onction de Dieu, pour jouer une mélodie qui avait la puissance d’éloigner momentanément cet esprit impur. Mais le fait que le mauvais esprit s’éloigne de lui ne changeait malgré tout rien à sa situation, ni à son caractère, car l’instant d’après il n’avait de cesse de vouloir tuer David. Alors oui, la musique fait du bien, oui, la musique peut être et est utilisée par Dieu pour libérer la guérison et la délivrance. Cependant comme je l’ai dit, une musique même ointe n’est pas et ne sera jamais envoyée pour changer les gens en profondeur. Ce n’est pas son rôle. Et être visité par Dieu ne pourra nous changer, ni nous transformer, si l’Esprit de Dieu n’a pas trouvé en nous un espace pour résider. Pour changer un cœur il faut la morsure de la Croix. En tout cas l’histoire de Saül illustre le fait qu’on peut recevoir une visitation que Dieu envoie pour nous transformer, sans qu’on soit transformé c’est-à-dire que la visitation n’a pas produit de fruit à la gloire de Dieu. Il y a ainsi des visitations spirituelles ou même des voyages célestes qui ne changent pas des cœurs. Quand dans la parabole de Jésus (le mauvais riche et le pauvre Lazare), Abraham répond que même si quelqu’un parmi les morts ressuscitait, les gens ne se laisseraient pas persuader, cela fait sens ; car il existe beaucoup de témoignages de gens revenus à la vie après une mort clinique ; pourtant la plupart ne sont pas devenus chrétiens, mais sont entrés dans des vues très ésotériques. Des récits de EMI sont par ailleurs très fréquemment répertoriés sur des sites à connotation spirite ou ésotérique, pour asseoir la réalité de l’au-delà. J’ai discuté avec une personne qui avait vécu ce genre d’expérience et qui avait intégré à cause de ça la croyance en une spiritualité New âge. Vous savez pourquoi ? Parce que le Nouvel âge parle beaucoup de lumières, d’entités lumineuses etc. Et cela prête à confusion car les gens pensent que toute lumière vient automatiquement de Dieu. Mais dans un songe que j’ai eu cette année le Seigneur m’avertissait encore une fois de cette séduction de fausse lumière descendant sur le monde.

 

Un esprit d’envoûtement

Il y a des années une parole donnée pour prophétique a circulé dans les milieux charismatiques comme quoi (les mots ne sont pas forcément les mêmes) « Dieu allait changer en une seule génération la perception et l’expression du Christianisme, que l’expérience de cette génération allait dépasser en puissance celle des apôtres de l’église primitive etc.. ». Aujourd’hui on ne va pas se cacher la face, la perception et l’expression du Christianisme ont changé. Je me suis convertie en 1985 et j’ai l’impression que la galaxie du christianisme a clairement opéré depuis quelques temps un déplacement conséquent d’orbite. Pour imager, l’église est comme une planète située entre deux systèmes stellaires très différents : le royaume de ce monde terrestre et le royaume des cieux. Il faut savoir que l’énergie lumineuse rayonnée par une planète ne provient pas d’elle-même mais de l’étoile autour de laquelle elle gravite. On dira que la planète-église a peu à peu cessé d’orbiter autour du soleil de Justice, pour orbiter autour d’elle-même. Résultat, elle s’est mise en situation de subir les effets de l’attraction terrestre (l’autre système stellaire). Même si elle connaît et utilise tout le lexique de la mécanique céleste inhérent au royaume des cieux, la planète chrétienne reflète aujourd’hui de plus en plus une expression propre à la galaxie du royaume terrestre autour de laquelle elle gravite désormais. Et si les apôtres de l’église primitive devaient se prononcer sur l’expression du Christianisme d’aujourd’hui, ils diraient que bien qu’il soit vrai que le vin se bonifie avec le temps, le Christianisme actuel a l’air d’un vin frelaté qui n’a de commun avec celui du commencement que l’étiquette sur la bouteille. Dans le Christianisme de ce 21è siècle, certaines églises boivent un vin triste coupé d’eau, d’autres un vin qui a viré à l’aigre et enfin d’autres un vin manifestement frelaté. Et c’est de ce dernier cas que je vais parler.

 

Il y a 10 ans, précisément en 2007, je publiais le message « Quel réveil, quels signes, quel temps » où je parlais de la mode de certain signes, dont les fameuses sphères lumineuses très connues des milieux New-âge et qui étaient dans le sillage des dents en or, plumes d’anges et autres poussières d’or. Je ne crois pas qu’il ait toujours été question de supercherie volontaire ou non, mais, pour une bonne part, de l’action d’esprits de séduction qui ont répondu à l’attente de la convoitise de cœurs. Des personnes, certaines dans le ministère, que je n’aurais pas soupçonnées, m’ont dit que ce message publié en 2007 les avait touchées et interpellées. Pourtant, 10 ans après, rien ne semble avoir changé, c’est même pire sous d’autres formes. Ceux qui courent après les signes et prodiges sont devenus plus nombreux et encore plus gourmands de tout ce qui est non pas simplement spirituel, mais surnaturel, sans distinction. En 2010 j’ai reçu et publié un songe d’avertissement concernant des séductions à venir. Je vais faire un copier coller de l’explication que Dieu m’avait donné de ce songe :

« Quand j’ai prié au sujet de ce songe, le Seigneur m’a éclairée au sujet de cette séduction qui va descendre.

Il va y avoir une recrudescence de manifestations surnaturelles dans toutes les religions de la terre : ce sont tous ces animaux et personnages mythiques que j’ai vu descendre et qui symbolisent les croyances diverses existant ou ayant existé sur la terre; des manifestations surnaturelles en tous genres et en beaucoup d’endroits à la fois. Et concernant ce qui est communément considéré comme « le christianisme », il y aura un réveil de signes et prodiges… les catholiques verront de plus en plus d’apparitions mariales ou de visitations de personnes décédées apportant des messages; beaucoup de chrétiens connaissant la Parole de Dieu et ses exigences concernant la réprobation des idoles ou le culte des morts seront malgré tout ébranlés par les apparitions tant elles auront une apparence glorieuse et sembleront empreintes à la fois de bonté et de douceur. Certaines des apparitions seront accompagnées de paroles dites prophétiques annonçant des choses sur la fin des temps. Plusieurs prédictions seront suivies d’accomplissement, ce qui séduira beaucoup de gens et donnera lieu à des rapprochements entre cultes et professions de foi jusque là séparés. Ces signes surnaturels feront tomber beaucoup de barrières dans le christianisme et entre le christianisme et d’autres religions. ».

Evidemment, toutes ces choses n’ont peut-être pas attendu 2010 pour voir le jour. N’empêche aujourd’hui en regardant l’expression actuelle d’une partie du Christianisme je n’en reviens pas de la dose de mort au pot que l’église est en train d’ingérer en toute bonne foi. Le songe que j’ai eu tout récemment et dont j’ai parlé au début, m’encourage à aller au bout de ce message et aborder avec courage cette deuxième partie. Car la personne que j’ai vue dans ce songe fait partie d’un mouvement qui est un des fers de lance de l’invasion à cette recherche du surnaturel dans le christianisme aujourd’hui. Il y a en effet un mouvement subversif qui est en train de pénétrer l’église par tous ses pores afin de la mettre sous le contrôle d’un esprit d’envoûtement. Ce mouvement trouve un terreau favorable là où les chrétiens sont dirigés par l’orgueil d’une vie non crucifiée et la convoitise des yeux et de la chair. Peu importe ce que vous lirez ou entendrez, vous tomberez toujours dans le sens où penchera votre cœur. Lorsque nos cœurs cessent d’orbiter autour du Seigneur pour orbiter autour de notre vie propre, nous subissons aussi inévitablement l’attraction des choses de ce monde en épousant ses centres d’intérêt. C’est parce que c’est un signe des temps. Le signe de Jonas ne marque que ceux qui cherchent le Ressuscité en le suivant d’abord dans le passage ingrat de la Croix. Vous ne pouvez être assis dans les lieux célestes si votre vie ancienne n’est d’abord passée par le tombeau.

L’ennemi des âmes fait croire le contraire et beaucoup de chrétiens-minutes vous parlent de vous faire pénétrer en 2 secondes dans un nirvana surnaturel à papoter avec votre ange ou esprit guide, que vous pouvez recevoir une guérison intérieure en utilisant une formule spéciale imparable en 4 étapes. Cette génération du christianisme a en effet bien changé par rapport au commencement; c’est une génération qui a davantage faim de miracles, de signes et prodiges que du Jésus de la Bible. Aussi cette génération aura exactement ce qu’elle désire. Et c’est Dieu lui-même qui répond à cette faim en lui envoyant une énergie d’erreur au travers de la vague qu’elle attend (comme prophétisé par Paul aux Thessaloniciens). De même que c’est Dieu lui-même qui avait envoyé à Saül un mauvais esprit.

La gourmandise de cette génération la perdra car ce n’est pas le pain de vie qu’elle demande, mais le pain des mystères qui procure la mort. Cette génération aura son Jésus, un autre Jésus qui obéi aux ordres qu’on lui lance. Un autre esprit qui n’est pas le Saint-Esprit, et qui parlera de son propre fond et ne révèlera pas la volonté du Père ni ne glorifiera Jésus en ramenant l’attention au Sauveur et Seigneur. Cette génération est malheureusement aussi celle qui prépare le terrain au faux Prophète. La Bible qualifie cette génération qui recherche des miracles comme une génération adultère qui va se perdre.

J’ai volontairement mis en italique le mot énergie car il exprime exactement ce qui est déversé sur une frange importante du christianisme actuel, celui qui prétend donner au monde une perception moderne et branchée du christianisme. Mais alors clairement une perception qui est en phase avec les attentes de ce monde, car branchée sur les mêmes ondes spirituelles. Il y a des années nous aurions frémi en entendant parler de l’introduction dans l’église de pratiques de méditations et de visualisation, soaking, ouverture de portails célestes, tunnel de feu, et orbes d’anges etc qui sont exactement de mêmes choses pratiquées dans les mouvements ésotériques, le Nouvel âge ou autres milieux occultes avec le même vocabulaire c’est bien simple vous rentrez ces mots dans google et vous voyez sur quels types de sites ça vous mène. Concernant les orbes d’anges, ce sont encore les fameuses sphères lumineuses que je dénonçais en 2007, il suffit de faire une recherche sur le net avec le mot « orbe d’anges » et vous verrez aussi sur quels sites vous tombez en premier. Pourtant, c’est ce qu’enseignent certains mouvements chrétiens qui sont en vogue en ce moment en France même. Ceux qui ont introduit ce concept d’ouverture de portails célestes ont prétendu que cela avait un rapport avec l’échelle de Jacob mentionnée dans la Bible.

L’échelle de Jacob est une réalité pratique de l’action de Dieu aujourd’hui dans l’église au travers du service des anges, mais cela n’a absolument rien à voir, car leur fameuse ouverture de portails célestes a en plus du vocabulaire toutes les apparences de ceux du Nouvel âge. John Paul Jackson (décédé depuis peu) quand il était encore vivant a beaucoup parlé de ces portails mais sur un plan tellement étranger à la Parole de Dieu ! (Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais google traduction est une bonne aide). Ces gens prétendent ouvrir des portails afin de permettre aux anges de descendre sur l’échelle de Jacob. Ce mouvement d’ouverture de portails spirituels est très dangereux en ce qu’il a la prétention de chercher volontairement à attirer l’univers angélique pour une interaction avec la terre.

Ce n’est pas du tout ainsi que fonctionne l’échelle de Jacob Biblique dont le Seigneur a parlé à Nathanaël. Ces leaders ont fait une interprétation tordue, maladroite et dangereuse de ce que Jésus avait annoncé. Car l’échelle de Jacob ainsi que je le disais dans ce message (§la porte des écluses des cieux et les portes des séjours des morts), cette échelle c’est Jésus en tant que chemin ! Les clés que Dieu a données à l’Église, ça n’a jamais été pour chercher à ouvrir des portails afin laisser passer des anges ou de voyager à travers les cieux. C’est plutôt de l’heroïc fantasy ça. Nous n’ouvrons pas le chemin pour faire descendre les anges. Ce chemin Jésus l’a déjà fait : c’est Lui la route nouvelle et vivante vers les cieux (Hébreux 10/20) ; et c’est par Lui que depuis son ascension auprès du Père, les anges montent et descendent pour le service envers ceux qui doivent hériter du salut. Nous ne sommes pas les donneurs d’ordres pour ce service, mais Dieu seul à qui les anges obéissent. Ce n’est donc pas avec l’apparition de cette nouvelle doctrine d’ouverture de portails que les cieux se sont ouverts, sinon ça voudrait dire qu’avant ça personne n’a été sauvé et que du reste Jésus serait mort pour rien. Jésus a dit à Nathanaël « désormais vous verrez les cieux ouverts et les anges monter et descendre sur le fils de Dieu » et non pas « désormais vous aurez le pouvoir d’ouvrir les cieux afin de faire descendre les anges pour une interaction de miracles et de prodiges sur la terre ».

Il y a une grande nuance entre ces deux choses et la différence réside dans une sorte de convoitise pour le pouvoir. Du reste, les occultistes parlent ce même langage au sujet de l’ouverture de portails afin de faire rentrer des maîtres ascensionnés ou des entités spirituelles extraterrestres en connexion avec la terre ; et c’est terrible de se dire que dans l’église certains sont en train d’utiliser les mêmes pratiques sous enrobage chrétien, comme si ça coulait de source.

Le pire est d’enseigner de telles choses au sein d’écoles dite du surnaturel. Presque tous les leaders évangéliques charismatiques actuels en Europe sont sous le charme de ces nouveaux enseignements et vents de doctrines. Johnson Paul Jackson a prétendu que bien que le Nouvel âge fait la même chose, leurs portails sont ceux du second ciel. Et voilà que tout est dit pour rassurer ceux qui voudraient continuer à faire des sauts de l’autre côté du miroir vers le pays des merveilles. Mais la ligne de démarcation dans le spirituel est absolument ténue. Et malheureusement toutes ces pratiques ésotériques conduisent souvent à un culte effréné des anges dans ces milieux comme on le voit actuellement à l’instar de Béni Johnson (femme de Bill Johnson de Bethel Church) partant battre campagne pour réveiller les anges avec le fameux wakey wakey. Très étrange, car les anges ne dorment pas ils sont même appelés veilleurs (Daniel 4/ 17 et surtout 23). Et comme par hasard c’est à Sédona capitale du New âge qu’elle est partie réveiller les anges, je pense qu’ils ont vraiment vu en cet endroit des choses en rapport avec l’univers angélique, mais c’est pas bon du tout, tout ça (retenez bien cela à ce stade, car il permet de saisir le degré de séduction dont je parle dans la suite. Cela peut prendre du temps de lire tous ces liens traduits mais je crois que c’est important pour comprendre la gravité de la séduction).

Voilà donc une frange du charismatisme moderne en pleine expansion qui nage et propose d’entraîner l’église dans les eaux troubles de l’ésotérisme et de l’occultisme. Des gens qu’on aurait pu penser bien assis dans les fondements de la Parole en sont à avaler les mensonges de l’ennemi comme des mets délicieux.

De tels enseignements se répandent depuis quelques années en France et en Suisse au sein de conférences type « école du ministère surnaturel » où sont enseignées des techniques pour couler ou tremper dans le surnaturel. Mais si ce surnaturel-là peut s’apprendre comme une série de techniques, on ne peut pas apprendre à communiquer l’Esprit par des techniques, sinon c’est de la Simonie : l’esprit qui était sur Simon le Magicien qui avait une manière bien à lui de comprendre comment et pourquoi recevoir le Saint Esprit. Malgré les songes reçus sur ces séductions, cela fait quelque chose de très bizarre de réaliser la réalité de ce déploiement de séduction non pas à proprement sur le monde, mais surtout sur l’Église. Le grand défi pour l’Église va être, de plus, de pouvoir discerner ce qui est de Dieu ou non. Evidemment tous ces milieux prétendent être à la pointe du discernement, donnent des cours sur comment discerner etc, et pourtant ne font (sur beaucoup de sujets) aucune différence entre le vrai et le faux. Dieu agit sur la terre au travers de son Église, mais Satan aussi agit, et maintenant encore plus qu’avant (même si une partie du christianisme prétend qu’il est lié) et sa cible, ce n’est pas le monde qui lui appartient déjà, mais l’Église qu’il s’emploie plus que jamais à séduire. Je crois que nous sommes vraiment dans le temps de contrefaçon des signes célestes comme je l’ai vu dans ce songe.

 

Un ensemble d’auteurs gravitant autour de Bill Johnson ont écrit avec ce dernier et sa femme Beni (la réveilleuse d’ange) un ouvrage « La Physique des cieux» qui peut être considéré comme un manuel encourageant clairement les chrétiens à frayer ou du moins à regarder vers les signes ésotériques du New âge afin, selon eux, de récupérer ce que Dieu avait donné à l’Église mais qui a été volé. Ce livre a la prétention d’éveiller le chrétien à une spiritualité ou mystique quantique. Il a certainement inspiré des enseignements délivrés dans les fameuses écoles du ministère surnaturel émanant des églises Béthel ou chambres de guérison.

Comment définir un ouvrage qui se réfère nommément à des méthodes de guérison ésotériques pour, je cite : « se débarrasser des énergies négatives en se concentrant sur les flux d’énergie positive afin d’améliorer la santé » ; ou encore sa suggestion selon laquelle la théorie des univers parallèles expliquerait la source de nos problèmes du présent. On peut se demander à quel moment on a perdu le Christianisme en chemin. Ce livre émet l’idée que Dieu est en train d’envoyer quelque chose de nouveau sur la terre et qui implique des vibrations, des fréquences, de l’énergie, du son, de la lumière et la possibilité de faire des sauts quantiques par la foi. Vous savez, en ce qui concerne les fréquences c’est quelque chose très à la mode dans les mouvements ésotériques ou New âge ; il y aurait même eu une série US de science fiction « Frequency » qui met en scène cette théorie des fréquences permettant la communication entre deux dimensions différentes et, en l’occurrence, il s’agit de communication avec des défunts, dans l’au-delà.

 

Mais pour bien saisir le niveau de séduction qui sévit dans ce milieu, il est dit d’Ellyn Davis (l’un des auteurs de ce livre) qu’elle a voulu, en participant à la rédaction du livre, établir un pont entre la chrétienté et la mystique quantique, et découvrir les vérités de Dieu cachées dans la mystique quantique et le Nouvel âge. Dans un des chapitres du livre, elle dit clairement ceci : « je crois que le moment est venu où les croyants auront le pouvoir sur la météo l’air l’eau la terre le feu le temps et l’espace ». Ce livre a été écrit en 2012 or nous sommes en 2017, où il n’y a jamais eu autant de pollution dans l’air et dans l’eau, ou d’aussi grosses tempêtes que celles qui sont passées récemment ; quant au feu, au moment où j’écris ce message, le feu fait beaucoup de dégâts notamment en Californie, dans l’Etat où se situent les mouvances d’églises fréquentées par les auteurs de ce livre. Je crois que c’était là une occasion d’éprouver la réalité de cette parole dite prophétique. Un autre des écrivains de ce livre, Jonathan Welton dit ceci : « J’ai trouvé au travers des Ecritures au moins 75 choses que le New âge a contrefaites comme avoir un esprit guide, les transes, la méditation, les auras, les objets puissants, la clairvoyance, la clairaudience etc. Ces choses appartiennent à l’Église mais elles ont été volées par le Nouvel âge et intelligemment reconditionnées,…Nous devons commencer à utiliser les contrefaçons du Nouvel âge comme indicateurs ; chaque fois qu’une contrefaçon apparaît, prenez-là comme une opportunité que le Seigneur vous donne de récupérer ce qui a été volé à l’église ».

Dans un autre livre, ce même Jonathan Welton apprend à accéder aux secrets divins et à diriger la révélation céleste. Dieu ne serait plus qu’une marionnette aux mains des hommes qui lui feraient faire ce qu’ils désirent. Mais quelle séduction ! En réalité on voit bien qu’il n’y a pas de place pour le Seigneur Jésus-Christ et la prédication de la Croix dans ces nouvelles techniques et spiritualités en vogue. Ce qui est sûr, c’est que ces auteurs et leur mouvement qui prend de l’ampleur en France, sont sur la même fréquence que les milieux ésotériques. Ils disent encore ceci dans un des chapitres : «le prochain mouvement de Dieu va générer un déplacement au plus profond niveau de qui nous sommes, peut-être au même niveau de vibration que le Nouvel âge a exploré ». Ils s’appuient sur les productions actuelles de films de science fiction ou d’anticipation (je cite : Matrix, Spiderman, Superman, X-men, Thor, The Avengers, Harry Potter ou de séries comme Heroes, Alphas, Once upon a time) pour avancer le fait que le monde a soif de superpuissance et de surnaturel, et que la réponse serait que l’Église aille dans ce sens pour répondre à cette soif.

Les révélations de ce livre seraient en quelque sorte une réponse de Dieu à cette soif. Pour justifier la nécessité d’une recherche effrénée de surnaturel, ils disent « nous avons été créés à l’image de Dieu et c’est dans notre ADN de vouloir être exactement comme lui ; Dieu a des superpouvoirs, et parce que nous sommes obligés d’être comme lui nous en voulons aussi ». Ça ne vous rappelle rien ? C’est tout le crédo du mouvement New âge : vouloir être des dieux mais c’était aussi, avant tout, le mensonge de Satan au premier couple en Eden. Et malheureusement il semble que des chrétiens tombent les deux pieds joints dans ce piège pourtant ancien.

Mais c’est oublier la pensée de Dieu qui traverse toutes les Ecritures. Car si le constat est vrai concernant la soif actuelle du monde pour le surnaturel dans tous états, le remède envisagé par ces milieux est une vraie catastrophe spirituelle au regard de la pensée divine. Car que nous dit la Parole très précisément au sujet de l’utilisation des super-pouvoirs de celui qui, selon ces livres, porte en lui l’ADN spirituel divin (s’il faut utiliser les mêmes termes), de celui qui est appelé Fils de Dieu ? (Philippiens 2/5 à 8) : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la Croix ».

Vous voyez, il est question de Jésus qui avait tous les attributs pour être comme Dieu et agir en conséquence, mais ne l’a pas fait ; et il nous est donné en modèle de cette façon là.

 

S’il est vrai que le monde a soif de la puissance des super-héros qui sont montrés dans les films et séries, c’est parce que le monde a peur ; et posséder la puissance est vu comme un moyen d’être invincible contre le mal, la violence et tout ce qui rend vulnérable. Mais sur ce point, les Ecritures nous montrent le chemin : elles nous disent pourquoi Jésus s’est dépouillé : c’était précisément pour vaincre le mal. Quel paradoxe ! Ce n’est pas avec les attributs de super héros qu’il l’a fait, mais en mourant sur une infâme croix et là il a vaincu puissamment et brillamment les puissances d’asservissements tel que le dit Paul aux Colossiens 2/15:« Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle en triomphant d’elles par la Croix ».

Voilà l’exemple que nous donne à suivre l’Esprit de vérité : avoir en nous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ en marchant comme il a marché. Et c’est l’esprit du mensonge qui pousse à marcher en ennemi de la Croix en prétendant que pour vaincre nous devons nous revêtir de la tenue de super héros selon ce monde. En dehors de la croix il n’y a aucune possibilité de victoire effective sur les puissances de ténèbres. Ce n’est pas avec l’armure de Saül que David a vaincu Goliath, mais avec l’armure de ce que Dieu lui avait « dit » (1 Samuel 17/45-46), c’était ça la pierre de sa fronde : la puissance de la Parole de Dieu. Mais aujourd’hui l’esprit de Saül qui coule au travers d’un certain prophétisme voudrait que l’Église dépose les armes de la lumière pour revêtir les mêmes que celles des ténèbres.

 

La Physique quantique n’est pas le problème, elle est l’objet d’études scientifiques réelles, bien qu’elle ouvre aussi la porte à toutes sortes de spéculations du fait qu’il ne semble pas y avoir d’interprétation satisfaisante de la mécanique quantique. Ce qui pose problème et qui est source de grande séduction dans les milieux de type Béthel Church prônant la recherche tous azimuts de surnaturel, c’est le fait que les moyens de la Physique quantique soient mis sur un pied d’égalité avec le Saint-Esprit dans la révélation. Et même plus que ça, car apparemment un des auteurs dit que grâce à la physique quantique il n’est plus question de bonds spirituels avec le Saint-Esprit mais de sauts quantiques grâce à la mystique quantique. Ils ont ainsi carrément réécrit Romains 1/20 et Ephésiens 3/ 8-9 en disant que leur livre est un avant-goût des choses à venir mettant en lumière ce que Paul avait prophétisé, et que grâce à la physique quantique désormais l’Église pourra enseigner la sagesse de Dieu aux puissances spirituelles (écrit dans l’avant propos de Kris Vallotton). Ils ont aussi réécrit 1 Corinthiens 1/28 qu’il faudrait selon eux comprendre désormais à l’échelle atomique et subatomique. Les choses existant à l’état de potentialité mais devenant réalité lorsque vous les observez ; aussi faites attention, disent-ils, à ce que vous regardez car vous risquez de l’obtenir. Ne cherchez pas, ce n’est pas dans la vraie Bible mais uniquement dans celle des auteurs de ce livre.

Beni Johnson (qui est avec son mari à la tête des églises Bethel) avoue sans complexe que la pratique du Tai Chi est ok pour elle, évoque aussi ailleurs, l’intérêt d’utiliser le diapason 528 Hz « MI » réparation de l’ADN en tant qu’acte prophétique parce que le son de ce diapason apporterait la guérison. Mais n’est-ce pas aussi ce que disent les milieux ésotériques qui le nomment diapason du solfège sacré ? Tout cela est clairement lié à une mystique ésotérique. Sans compter que concernant ce diapason, son caractère réparateur de l’ADN serait basé sur un mythe ésotérique sans aucun fondement scientifique et une base prétendument biblique complètement douteuse ->Nombres 7/12-83 qui reproduirait des fréquences Pythagoriciennes capables de réparer l’ADN : des codes numériques qui révèleraient 6 fréquences électromagnétiques correspondant à 6 notes disparues (!!). C’est terrible d’avoir à marcher à la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres.

 

Les auteurs du livre « Physics of Heaven » auraient pu ne pas du tout être chrétiens et écrire les mêmes choses. Le titre du livre est « Physique des cieux » : explorer les mystères du son, de la lumière Energie, vibrations et physique quantique. Parce que les auteurs pensent vraiment que le Saint- Esprit veut apprendre quelque chose à l’Église au niveau du pouvoir des sons et des vibrations. Pourtant cela fait longtemps que les milieux ésotériques et une certaine médecine alternative développent ces connaissances et les mettent en application. Un sonologue et musicothérapeute Canadien a d’ailleurs écrit 3 ouvrages sur les thèmes développés par « Physics of Heaven ». Lui au moins a pris soin de préciser que sa pédagogie s’est (je cite) « affinée et enrichie au fil des années par sa pratique, et au contact ou en inspiration avec les Maîtres du son, terrestre et célestes ».

Jésus n’a jamais dit « voici le temps viendra où vous serez guéris par les sons » ! Il a dit « voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru en mon nom : ils imposeront les mains aux malades etc… ». Si ça continue, ces nouveaux prédicateurs de la dernière vague du XXIème siècle nous diront bientôt que nous devons intégrer dans notre culte personnel le son du Aôm bouddhiste ; après tout, n’est-il pas reconnu par les bouddhistes pour être une vibration vitale ? Les auteurs du livre « Physics of Heaven » ne sont pas les précurseurs dans ce domaine à consonance clairement ésotérique, et qui existe aussi même dans le Soufisme islamique (mouvement ésotérique au sein de l’Islam) qui parle d’un mysticisme du son. La seule différence est qu’ils sentent confusément que c’est peut être le moment de pousser l’église à franchir le Rubicon et à entrer pleinement dans ces eaux troubles de la séduction du surnaturel et du New âge. C’est en gros ce que disait Ellyn Davis l’un des auteurs.

 

Dans tous les cas ce mysticisme quantique prôné par ces gens est clairement et résolument lié aux philosophies orientales. Il y a comme une volonté clairement affirmée d’introduire dans l’Église une mystique quantique pour remplacer les éléments fondamentaux qui font de l’évangile la seule puissance de vie capable de sauver. Vous croyez que ces choses sont loin de nous ? Détrompez- vous : la plupart des églises charismatiques subissent l’influence de ces enseignements. Les conférences sont visibles sur le net et les leaders de ces mouvements sont régulièrement reçus en France avec moult publicités élogieuses sur les réseaux sociaux et sites chrétiens. Alors oui, le christianisme a vraiment changé de visage en cette génération, mais sous une poussée ésotérique de grande ampleur.

 

Annette Capps est la première à avoir écrit sur le sujet en 2003 un livre « la foi quantique » dont le contenu vide complètement la vraie foi de toute sa substance. Elle aussi a réécrit la Bible : selon elle il n’y aurait plus besoin de foi en Jésus, la spiritualité quantique avec la foi placée en la physique, prouverait à elle seule la réalité scientifique des choses qui relèvent de miracles dans la Bible. Elle prétend que la matière a toujours coexisté avec Dieu, de sorte que Dieu n’a pas créé le monde à partir de rien mais à partir de celle qui existait déjà. Le contenu de son livre soutient toutes les croyances véhiculées dans les églises de type « parole de foi ». Elle est persuadée que nos mots sous forme d’ondes affectent la matière et qu’en les choisissant bien nous pouvons créer la réalité que nous désirons, elle dit entre autres que si vous dirigez votre foi vers votre compte bancaire avec intention de le remplir jusqu’à déborder, alors l’énergie vibratoire de vos mots fera que votre compte bancaire deviendra un aimant pour la substance de l’argent qui commencera à affluer de différents endroits (ben voyons !). Les auteurs de « la physique des cieux » n’ont pas dit autre chose. Mais on est là loin de la foi chrétienne transmise une foi pour toutes aux saints. Voilà le gouffre sombre et profond où une grande partie de l’Église est en train de tomber à cause de sa convoitise de plus de puissance.

 

Mais après Annette Capps, il y a eu Phil Mason avec son livre « la Gloire quantique » en 2010 dont Bill Johnson de Béthel Church a écrit l’avant-propos ; ce Phil Mason qui, pour appuyer sa croyance en l’interprétation des mondes multiples ou Multivers, s’est permis de citer Stephen Hawking, l’homme qui a prétendu que l’univers serait né sans Dieu. Puis seulement 2 ans après, vint la « Physique des cieux » (The Physics of Heaven) dont les auteurs font pour la plupart, si ce n’est tous, partie « d’Elijah list » la liste prophétique qui influence si fortement le charismatisme américain mais aussi Français. Tous ces auteurs développent la croyance que le domaine quantique est la nouvelle porte des cieux, une sorte de pont entre la terre et le ciel, le domaine matériel et le spirituel. Du coup le nom de l’église Bethel prend vraiment un sens particulier lorsqu’après avoir vu l’échelle, Jacob a dit « Ici est la maison de Dieu, ici est la porte des cieux » et a donné au lieu de sa visitation le nom de Béthel.

Mais du temps d’Amos Béthel était déjà appelé Béthel l’enfer un lieu dont Dieu ne supportait plus le bruit des cantiques. Un lieu condamné à cause de l’idolâtrie de ses prêtres.

Ce nouveau christianisme quantique qui fait une application spirituelle dogmatique de la physique quantique est on ne peut plus éloigné des principes élémentaires de la vraie foi. Malheureusement toutes ces croyances en une spiritualité quantique influencent bel et bien les pratiques des milieux charismatiques notamment dans les domaines de la guérison physique et intérieure. L’école de la transformation profonde dont l’actuelle ou prochaine conférence (suivant le moment où j’aurais fini d’écrire ce message) réunit des gens de Béthel, de l’AIMG et du renouveau charismatique catholique, ressemble de par son contenu à s’y méprendre à une école de la transformation profonde-guérison karmique. On dirait juste une enveloppe chrétienne. Appliquer les croyances quantiques dans la guérison intérieure peut aller très loin, comme chercher non plus à guérir le passé mais carrément le changer par la pratique du rebirthing ou thérapies régressives, qui touchent à la manipulation par les mémoires induites.

La prétendue guérison des souvenirs pratiquée dans des séances dites Sozo n’en est pas si loin, avec ses techniques de méditation et de visualisation qui ont pour objectif final de recréer la mémoire pour permettre une guérison rapide. La prière sozo pratiquée dans les églises Béthel semble de prime abord inoffensive à cause de la signification du terme, mais en réalité, c’est bien plus proche du mysticisme oriental que du Christianisme, en ce qu’il propose d’atteindre l’intimité avec Dieu par un voyage au travers de l’inconscient (les gens sont conduits dans une série d’étapes mentales) plutôt que par la prière. Les résultats qu’elle propose peuvent paraître très tentant à ceux qui, souffrant depuis longtemps, pensent trouver là un remède miracle. Les méthodes de guérison par régression ou visualisation s’apparentent à une sorte de sorcellerie divinatoire utilisée aussi depuis longtemps par des Chamans. Vous ne pouvez changer le passé, on ne peut réécrire à notre guise l’histoire passée, Ezéchiel 18 nous l’explique d’une certaine manière. Mais avec le Seigneur nous avons la possibilité d’agir sur le présent et ainsi impacter profondément notre futur.

 

L’esprit de Saül et la tentation de la sorcellerie

Marcher dans l’esprit de Saül conduit à se soumettre à un esprit de sorcellerie et c’est ce à quoi ces tenants d’une mystique quantique se sont ouverts. Tout comme Saül qui s’est placé en désobéissance flagrante avec les instructions du Seigneur sur la nécromancie, ils font commerce avec les morts. Il y a en effet une pratique consistant à aller dans les cimetières pour recevoir l’onction de guérison de ministères du passé. Une prophétie a même été donnée par Shawn Bolz, au pasteur responsable de Béthel Church (Bill Johnson) de la part de Bob Jones décédé. Ils ont certainement pensé que cela pouvait se faire puisque Saül, en allant vers la sorcière d’En Dor pour invoquer Samuel décédé, avait reçu une parole de sa part. Mais Saül avait désobéi à Dieu en faisant ça, et ce que Samuel a dit était une parole de jugement qui n’était rien d’autre que ce qu’il lui avait déjà dit de son vivant. Comprenons qu’évoquer les morts n’est pas un mythe, c’est une chose tout à fait possible, sinon Dieu n’aurait pas pris la peine d’interdire une chose infaisable. Deutéronome nous avertit, mais aussi Esaïe 8 verset 19 est tellement clair sur le sujet ! Dieu interdit qu’on s’adresse aux morts pour recevoir une parole à destination des vivants. C’est parce que faire cela nous place directement sous un interdit ; le commerce avec les morts occasionne dans notre protection une brèche qui ouvre la porte aux nuisances des séjours des morts. Lorsqu’on s’adresse aux morts en faveur des vivants, on n’est plus positionné sur la Pierre de fondation de l’Église, et alors les portes des séjours des morts ont toute latitude pour agir dans les vies. C’est un domaine tellement méconnu que les chrétiens manquent de prudence. La conséquence désastreuse de ce commerce avec les morts dans le ministère Béthel- Bill Johnson est bel et bien là : une porte a été laissée grande ouverte pour un esprit d’aveuglement encore plus manifeste. La preuve en est qu’une sorcière a témoigné avoir reçu à 3 reprises lors d’une visite incognito à Béthel Church Redding en Californie, une même prophétie de 3 personnes différentes de cette église qui ne s’étaient pas concertées et ne savaient pas qui elle était. Cette prophétie disait que Dieu était content et fier de cette sorcière, de ce qu’elle faisait et qu’Il l’encourageait à continuer même si son entourage lui disait que c’était mal. Ce témoignage est librement sur le net ici. Cette personne, sorcière actuellement, mais autrefois évangélique, a expliqué ici pourquoi elle avait décidé d’aller visiter cette église : pour observer le flux d’énergie. Elle dit en substance ceci « ma seule préoccupation était de savoir si je passerais pour un chrétien charismatique ou si je serais identifiée comme une sorcière… Une partie de moi était si curieuse de savoir comment je serais traitée s’ils savaient que j’étais une sorcière.. ». Elle y est allée avec son collier de pentacle caché sous sa chemise et elle a eu sa réponse : à Béthel personne n’a vu ni compris et au contraire ils lui ont dit que Dieu voulait qu’ils continuent dans leurs voies. Quel drame ! Vous savez, j’ai connu des assemblées évangéliques non charismatiques (je précise que je suis profondément charismatique) où une personne démonisée ne pouvait tenir en place durant le service. Alors comment se fait-il qu’en un lieu connu pour être si plein de la puissance de l’Esprit, des sorcières n’aient pu être démasquées ? C’est un véritable mystère mais surtout un véritable drame qui doit nous questionner, nous, chrétiens de cette génération.

Ces sorcières utilisent, comme ces milieux de la mystique quantique, le même vocabulaire des énergies, sons et couleurs dans la perception spirituelle liée à leurs rituels païens. On comprend alors à quel point la ligne de démarcation dans le spirituel est ténue et il faut être bien enraciné dans la Parole de Dieu pour ne pas tomber du mauvais côté. Malheureusement la recherche effrénée du surnaturel à tout prix, de « pouvoirs », des signes miraculeux en zappant les étapes dans la solitude des déserts de la vie chrétienne, fait plonger tête baissée dans la séduction un grand nombre de chrétiens. Personne n’aime ces temps où on ne sent rien, où il ne se passe rien, où on a soif, sans qu’il semble possible de se désaltérer. Mais c’est mal connaître Dieu, mal connaître la Parole Vivante que de croire que nous passons de montagnes en montagnes. La vie chrétienne est faite de passage de lieux arides en lieux arrosés, de creux sombres, de vallées desséchées au sommet de montagnes fertiles et arrosées. La sécheresse intérieure est un lieu de préparation en nous pour l’écoulement de la bénédiction divine. Dieu doit souvent nous faire passer par des transvasements successifs sinon nous reposerions sur notre lie. Il cherche constamment à nous vider de notre vin triste, aigre, ou frelaté ; et si nous ne nous laissons pas facilement vider, Il est parfois, par amour, amené à faire éclater nos outres, mais son but est de nous changer, nous transformer, afin que nous puissions Lui ressembler en recevant constamment sa semence en nous, une semence qui devrait donner un fruit de la nature du Cep auquel nous sommes rattachés.

 

L’esprit de Saül et la séduction du Dominionisme

Le cœur même du christianisme quantique c’est la croyance que l’eEglise peut provoquer la transformation de tout le système mondial en le faisant passer des ténèbres à la lumière. La croyance selon laquelle les chrétiens doivent prendre le contrôle des sphères importantes de la société afin de créer une société morale et juste soumise à Jésus-Christ. Jésus siégeant dans le ciel guiderait son église sur terre dans une conquête des nations. Voila la théologie dominioniste qui est une séduction de ce temps étroitement lié à la mystique quantique. C’est l’idée qui sous-tend le prétendu grand réveil à l’échelle de la planète où le monde entier sera soumis à Jésus-Christ avant sa venue parce que les chrétiens auront pris le contrôle des 7 montagnes qui régissent ce monde, en comptant sur le pouvoir d’une sorte de mer de lumière quantique dont Dieu leur aurait dit de s’emparer afin d’amener son royaume sur terre. Toujours cette volonté de puissance et de contrôle. Mais le diable a sa réponse toute faite pour un tel désir. Comme il l’a fait avec Jésus, il transporte actuellement ceux qui sont remplis de convoitise pour le pouvoir, sur le sommet d’une prétendue montagne de révélation (que j’appellerai la tentation de la 11è heure) en leur proposant la même chose qu’il avait déjà proposée à notre Seigneur Jésus-Christ (Matthieu 4/8 à 11) « le diable le transporta sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire et lui dit ‘je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores’. Mais Jésus a répondu « retire toi Satan car il est écrit tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul ». Et à ce moment-là le diable le laissa. C’était la dernière tentation à laquelle Jésus fut soumis au désert et c’est je crois la tentation à laquelle l’Église est soumise en ces temps-ci. Reste à savoir quelle sera sa réponse.

 

La théologie dominioniste croit fermement — et ce à l’opposé de ce que dit la Bible — que ce monde-ci va devenir meilleur. C’était là, la brèche dont Satan avait besoin pour faire croire que toutes choses spirituelles ne pouvaient avoir qu’une source. Je ne sais pas dans quel univers parallèle vivent les dominionistes mais il est clair qu’aujourd’hui dans ce monde-ci, ceux qui se souillent se souillent encore d’avantage et une bonne partie de l’Église est en train de tomber dans la séduction annoncée par Jésus et les premiers apôtres. Nous sommes clairement dans ces temps de la fin prédits par eux. Aucun des apôtres n’a annoncé pour les temps présents ce que prétend le faux évangile du dominionisme. Mais une telle évidence biblique ne réussit malgré cela pas à ouvrir certains yeux déjà tombés dans l’aveuglement Laodicéen. A ceux-là Dieu veut donner un collyre.

 

L’esprit de Saül et l’onction de faux christs

Matthieu 24/ 23-24 : « Si quelqu’un vous dit le Christ est ici ou bien il est là, ne le croyez pas. Car de faux christs et de faux prophètes apparaîtront ; ils accompliront de grands miracles et des prodiges pour tromper si possible même les élus ». On parle beaucoup de l’apparition de faux prophètes. Mais ils ne peuvent exercer qu’en vertu d’une fausse onction qu’ils auraient reçu d’un faux Oint (c’est la signification du terme christ). Notons en passant que Saül est le premier Oint de l’histoire biblique. Mais son onction avait viré et a ouvert la porte de son esprit à un autre esprit qui l’a conduit à la divination, exactement ce qui s’est passé avec cette prophétie de Bob Jones (décédé) à Bill Johnson de Bethel Church.

 

Lorsque la Bible évoque ici les faux christs, elle ne parle pas de celui qu’on appelle le faux prophète en Apocalypse 13. Il est plutôt question d’onctions reçues d’un autre que le vrai Christ. De même que la vraie onction permet d’accomplir des miracles, la fausse permettra aussi à ceux qu’elle aura oint d’accomplir des prodiges mensongers qui tromperont ceux qui ne sont pas ancrés dans la Parole de vérité. Le vrai Christ libère une vraie onction dont le but est d’apporter la bonne nouvelle aux malheureux, guérir ceux qui ont le cœur brisé, consoler les affligés, proclamer aux captifs la liberté, aux prisonniers la délivrance, proclamer l’année de la grâce mais aussi le jour de vengeance de Dieu. L’Onction libérée par le vrai Christ sera toujours complète. C’est pourquoi Jésus a dit que l’Esprit de vérité qu’il enverrait convaincrait le monde de péché, de justice et de jugement ; il ne parlerait pas de lui-même mais glorifierait Jésus.

 

L’onction des faux christs ne glorifie pas Jésus mais elle glorifie l’onction en elle-même, la puissance. Cette onction des faux christs conduit ceux qu’elle touche en dehors des sentiers balisés de la pensée du Christ biblique. Ceux qui sont touchés par cette onction sont conduits vers des pratiques occultes de divination où certains se vantent d’avoir discuté avec des personnes décédées et reçu d’elles des révélations prophétiques, comme la prophétie donnée à Bill Johnson par un Bon Jones décédé. Le plus dramatique est que rien en tout cela ne semble mettre le warning chez certains chrétiens. Pourtant tout en produisant des signes et prodiges à l’imitation de la vraie onction, ces deux onctions ne se ressemblent pas dans leur essence. Les auteurs du livre « Physique des cieux » disent que Dieu demande actuellement de regarder vers ce qui se fait de faux pour comprendre comment opère le vrai ; ils disent au chapitre 5 : nous ne devrions pas craindre de regarder à la contrefaçon puisque la puissance de Dieu pour nous garder est plus grande que la capacité du diable à nous voler…. Si nous demandons au Seigneur de nous rendre l’authentique, pourquoi avoir peur d’opérer accidentellement dans la contrefaçon ? ». Cependant comme je l’ai dit, nous ne pouvons servir Dieu en utilisant les mêmes ressources spirituelles que les tenants du Nouvel Âge. Ceci est un mensonge servi par le père du mensonge. Cette onction conduit à une dénaturation de l’évangile. Voilà comment Phil Mason le promoteur de la gloire quantique voit l’évangélisation auprès des gens du Nouvel Âge, une approche en douceur où il ne serait pas question de déployer la vérité, mais de couler avec eux selon une sagesse terrestre. Quand on voit ça, on se dit que Pierre était loin du compte quand il a fait son long discours pour expliquer pourquoi Jésus était le Sauveur et qui se terminaient par (Actes 3/19) : « Repentez-vous donc et convertissez-vous pour que vos péchés soient effacés ». La bonne nouvelle de l’évangile de Jésus-Christ serait-elle devenue une si mauvaise nouvelle au point d’avoir honte de l’annoncer comme elle est aux perdus ? Paul dit pourtant que c’est elle qui a la puissance pour porter la vie et non pas les impartations pour communiquer une expérience. La rencontre avec Dieu ne se communique pas par l’imposition des mains, car ce n’est pas là le but de l’onction.

 

David ou Saül

L’onction de David a eu d’autres résultats que celle de Saül ; de même que l’apparence de David était à l’opposé de celle de Saül. Le premier était le plus petit d’entre ses frères, tandis que le second dépassait en stature non seulement ses frères mais aussi tout le peuple. Et nous observons que tous ces mouvements n’ont qu’un mobile dans leur recherche : toujours plus de puissance, plus de grandeur et de visibilité pour impacter le monde. Dieu ne nous incite pas à rechercher plus de puissance ; c’est Dieu que nous devons chercher, Il n’est pas déconnecté de Sa puissance. Mais ces mouvements agissent comme si la puissance de Dieu était une force impersonnelle qu’on peut actionner comme on veut. La Bible incite à aspirer aux dons les meilleurs pour le service du Corps. Le service n’a rien à voir avec la domination. Dans la vie du royaume, la puissance est la résultante de la présence de Dieu dans une vie soumise à Lui, dans la dépendance. La puissance de Dieu n’est pas alignée sur la conception du monde. Dirions-nous d’Elie qu’il était puissant ? Selon le critère actuel de ces mouvements oui, puisqu’il a fait descendre le feu du ciel. Cependant il ne l’a pas fait en hurlant « Fire !» ni en créant des tunnels de feu. Jean et Jacques, lorsqu’ils ont voulu crier Fire ! Jésus les a formellement repris. IL n’y a pas dans le royaume de Dieu une onction de pyromanie. La vie d’Elie — l’homme qui non seulement fit descendre le feu du ciel, mais aussi fit pleuvoir — est remplie de leçons pour nous : il est passé par des phases que connaissent les enfants de Dieu parmi les plus faibles, il a été obéissant mais a connu des moments de doutes et d’angoisse. Il n’a pas opéré dans des conditions idéales : en temps de sécheresse il a été envoyé vers un torrent qui allait se dessécher ; puis pour se nourrir tantôt auprès d’une veuve qui n’avait déjà rien pour elle-même, tantôt livré à la providence des corbeaux, considéré comme animaux impurs. A t-il un seul instant pensé à regarder à ce que faisaient les prophètes de Baal pour faire descendre le feu du ciel sur l’holocauste ? Non ! Et pourtant aujourd’hui certains chrétiens voudraient que le peuple de Dieu regarde aux scarifications et autres imprécations des prophètes de Baal modernes que sont les sectateurs du Nouvel Âge et autres occultistes sous prétexte que ces derniers opèrent dans le surnaturel. Mais aujourd’hui encore, Dieu dit la même chose qu’au temps d’Elie le Tishbitt : vous ne pouvez clochez des deux côtés. Choisissez qui vous voulez servir Dieu ou Baal.

L’onction doit pointer non pas vers un homme ou un mouvement mais révéler plus amplement Jésus-Christ en nous revêtant davantage de son caractère. Elle doit nous faire entrer non pas dans les profondeurs du surnaturel mais dans les profondeurs de Jésus-Christ. Nous avons dans les Ecritures un test fiable pour savoir si un prodige vient du vrai Dieu vivant Deutéronome 13/1 à 4 : « S’il s’élève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t’annonce un signe ou un prodige et qu’il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t’a parlé en te disant allons après d’autres dieux, et servons-les, tu n’écouteras pas les paroles de ce prophètes ou de ce songeur car c’est l’Eternel qui vous met à l’épreuve pour voir si vous aimez l’Eternel votre Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme » . Regardez à quel point cette parole ressemble à 2 Thessaloniciens 2/10 et 11. Aussi, si une onction vous conduit à regarder vers les prodiges du New âge pour savoir comment Dieu opère afin de lui demander de réaliser la même chose, fuyez ! Car il y aura là manifestement un esprit de prostitution spirituelle qui vous conduira à adorer d’autres dieux. Le feu que vous allumerez sur l’autel sera un feu étranger, même si vous hurlez Fire ! à plein poumons. Le feu que le Saint-Esprit allume est un feu divin ardent, un feu dévorant même l’eau, mais aussi un feu que l’homme ne peut ni susciter ni fabriquer lui-même ; à plus forte raison ne peut-il apprendre à l’allumer au sein d’école de surnaturel ! C’est un feu qui descend du ciel lorsque l’autel de Dieu est restauré dans votre vie (voyez comment a procédé Elie). De même qu’il ne peut être allumé par l’homme (tel le buisson ardent), il ne pourrait davantage être éteint par l’homme. Alors que le feu étranger qui est allumé par la volonté de l’homme est très fugace et peut être éteint par l’eau.

Pour en revenir au test de Deutéronome 13, je veux insister sur le fait que le signe en lui-même n’est pas un indicateur d’action divine, ce qui est significatif c’est ce vers quoi il pointe, j’en ai déjà parlé il y a 10 ans. Les miracles ne sauveront personne. Le pouvoir n’est pas en lui-même un panneau indicateur dans le royaume de Dieu. Les magiciens de Pharaon faisaient les mêmes miracles que Moïse. Cette soif de surnaturel sans discernement est très dangereuse. Les choses dites surnaturelles ou paranormales qui défient la logique ne sont pas exceptionnelles pour ceux qui sont nés dans des pays non touchés par l’esprit Cartésien, mais est-ce une raison pour courir après, sous prétexte que nous devons nous mouvoir dans le spirituel ?

N’en déplaisent aux théoriciens du dominionisme, le monde devient de plus en plus méchant et les malfaiteurs spirituels sévissent et séviront de plus en plus dans le Christianisme, ce n’est pas moi qui le dis mais la Bible. Parmi ces malfaiteurs spirituels, de nombreux faux christs et faux prophètes, dont le fond de commerce change à mesure du temps et de la demande. Et lorsque la demande semble se tasser, une nouvelle offre alléchante voit le jour. Les fabricants et pourvoyeurs de drogues savent que le monde matérialiste a besoin d’autre chose qui les transporte au-delà de la réalité visible de plus en plus morose ; il y a des vendeurs de nirvana spirituel en milieu évangélique. La formule change avec le temps mais le commerce reste inchangé avec toujours le même fond : c’est la mise à disposition d’ersatz profondément dangereux pour le corps, l’âme et l’esprit même s’il peut sembler faire flotter.

 

Gethsémani ou la montagne de la transfiguration

Le diagnostic de ces mouvements est néanmoins assez juste : à savoir que ce monde semble avoir de plus en plus un penchant clairement avéré pour les choses surnaturelles et paranormales ; tout comme les enfants de Dieu sont créés pour vivre pleinement la vie spirituelle en abondance, et le Seigneur ne l’ignore pas. Mais lorsque les disciples étaient avec Lui à la montagne de la transfiguration et qu’ils ont voulu construire des tentes pour pérenniser ce moment, Jésus le leur a formellement déconseillé. Par contre il a voulu expressément qu’ils veillent avec lui lorsqu’il était à Gethsémani. Comprenons la leçon qu’il y a là pour nous. Même si la montagne de la transfiguration était une expérience merveilleuse à vivre, ce n’était pas là-dedans que le Seigneur voulait que ses disciples s’installent. Regardons le passage de Matthieu 17, c’est Jésus qui les emmène avec Lui à la montagne, ce n’est pas eux qui prennent l’initiative. Et là ils ont droit à tout : une théophanie extraordinaire, la nuée lumineuse, la transfiguration, la voix de Dieu waouh !! Oui mais à ce moment-là ils ont peur et c’est évident, Jésus est obligé de les rassurer « n’ayez pas peur ». La gloire de Dieu, nous ne pouvons la vivre comme si nous allions au marché, cela est impossible. Et cette sorte de visitation n’a pas duré. Elle se devait d’être fugace. Elle n’avait pas été envoyée pour que les disciples s’y installent. Et aussitôt après ils sont redescendus de la montagne. Or aujourd’hui les chrétiens à l’affût d’expériences surnaturelles proposent d’installer des tentes pour goûter aux puissances des siècles à venir. Par contre, plus loin, en Matthieu 26/36, lorsque Jésus conduit les disciples à le suivre à Gethsémani, il leur demande de s’asseoir et de veiller avec lui. Qu’est ce qui était plus difficile et qu’est ce qui était plus souhaitable ? Gethsémani ou la montagne de la transfiguration ? Aujourd’hui les nouveaux apôtres diraient qu’en termes d’expérience, Gethsémani précède forcément la montagne de la transfiguration. La montagne de la transfiguration, pour le moment, on ne fait qu’y passer furtivement par la grâce de Dieu, mais Gethsémani, Dieu nous invite à nous y asseoir avec lui pour que la puissance de la croix fasse son œuvre éternelle en nous. Si Paul a fustigé ceux qui marchent en ennemi de la Croix, c’est parce que c’est l’empreinte de la Croix de Christ qui doit caractériser la marche du croyant. C’est Christ crucifié, cette sagesse de Dieu qui est une folie en ce monde, que Paul a voulu manifester, et rien d’autre, et en cela, il a aussi montré la voie. A Gethsémani Jésus leur avait dit « veillez et priez afin que vous ne tombiez pas en tentation ». C’est l’heure pour nous d’aller à notre Gethsémani pour un temps d’agonie dans la prière, car la tentation/séduction est plus que jamais là, aux portes de l’église (Père, délivre-nous du mal). Aujourd’hui certains ne considèrent pas la réalité de cette tentation que l’ennemi déploie alors que la nuit descend ; leurs yeux spirituels sont appesantis, ils ne considèrent pas la nécessité de veiller ; pour eux c’est comme si Satan n’était plus le prince en ce monde (dominionisme oblige), ils ont perdu tout discernement du temps, ils ne comprennent pas que la nuit est là. La sentinelle qui veille sait que le matin vient, mais n’ignore pas que la nuit est aux portes.

Marcher dans et par l’Esprit est notre appel. Mais cela n’est pas vivre constamment dans le surnaturel. Sinon Dieu ne nous aurait pas fait corps âme et esprit. D’une façon pratique, vivre constamment dans le surnaturel reviendrait non seulement à voir constamment des anges mais aussi des démons car le monde entier en est rempli : ils sont dans la puissance de l’air que Satan contrôle encore actuellement. Vivre constamment dans le surnaturel reviendrait donc aussi à être constamment dans la crainte ou la paranoïa en raison de ce que vous verriez ou sentiriez autour de vous, étant donné que tous vos sens spirituels seraient en tout temps en éveil. Par ailleurs cela reviendrait aussi à devoir supporter constamment cet état spirituel dans un corps physique, et ça ce n’est pas très évident dans la durée. La visitation dans la sainte présence de Dieu peut donner parfois une sensation similaire à un choc électrique intense qui peut provoquer de gros tremblement ou carrément donner l’impression que vous êtes en train d’être foudroyé. C’est le poids de la gloire de Dieu ; en raison de ce poids de gloire et de ces conséquences sur ce qui est fait de chair, le souverain sacrificateur de l’ancienne alliance ne pouvait pénétrer dans le Saint des Saints sans la clochette amarrée à sa tunique pour appeler à l’aide si ça tournait mal pour lui. Les fois où j’ai eu ce choc électrique sur moi j’ai cru mourir et ce n’est pas un vain mot. Mais si nous pouvons pénétrer sans crainte aujourd’hui au-delà du voile (dans la nouvelle alliance), cela ne signifie pas que la Gloire de Dieu n’est plus la même ; et la chair a toujours du mal à la supporter et ce n’est pas juste la chair dans le sens du langage biblique, mais aussi la chair en tant que corps humain avec ses cellules.

 

Des stimuli extérieurs ou la croissance intérieure ?

Ce que Dieu veut c’est une transformation dans nos vies, les prodiges réalisés au cours de la vie de Saül n’ont pas produit cette transformation. Saül n’a pas connu le Dieu des prodiges comme David. Jésus a dit que dans les temps de la fin, il dira de beaucoup qui ont fait des miracles, des prodiges, des guérisons : « Je ne vous ai jamais connus ». Certains qui sont anti-signes, anti-miracles et guérisons, anti-dons spirituels utilisent ce verset pour dire que ceux que Dieu utilisent dans les signes, prodiges et miracles seront rejetés ; mais ça aussi est un faux évangile manipulatoire pour servir une doctrine et une chapelle en dehors des clous bibliques, et c’est tout autant répréhensible que ce qui est dénoncé ici.

Ce n’est pas du tout ce que Jésus dit. Cette parole signifie simplement qu’on ne pourra jamais se baser sur ces choses pour prétendre avoir connu Christ ou être connus de Lui, car ce sont juste des signes censés accompagner ceux qui ont cru, ils ont la valeur que Dieu leur donne et pas plus. Dans ce même passage qui parle des faux prophètes devant venir (Matthieu 7), Jésus dit bien que c’est aux fruits qu’on les reconnaîtrait. Alors plusieurs se basent sur ce verset pour brandir comme de fiers commerciaux le graphique des courbes ascendantes de leurs réalisations : guérisons, délivrances et toutes sortes d’actions naturelles ou spirituelles faites au nom de Jésus comme étant des fruits à la gloire de Dieu. Mais les fruits dont Jésus dit qu’ils permettront de voir la nature de l’arbre c’est uniquement ce qui procède de la nature et du caractère de Jésus. C’est normal : réfléchissez à la parabole du Cep et des sarment vous comprendrez mieux ce qu’est le fruit attendu en nous par Dieu. Ce que Dieu veut, c’est que nous croissions à la ressemblance de Christ et c’est pour cela que les dons et ministères-dons ont été donnés à l’église. Pas pour qu’on se sente cool face au monde, mais pour que Jésus revienne cherche une épouse qui s’est préparée, une épouse dont l’âme le corps et l’esprit se seront laissés sanctifier par l’Esprit et laver par la Parole.

 

Vin nouveau ou vin vieux clarifié ?

Aujourd’hui, tandis que l’esprit de Saül impacte plus que jamais le prophétisme charismatique, la harpe Davidique élève une complainte, une sorte de cantique de l’arc, pour dire que des héros sont en train de tomber sur le champ de bataille, l’huile de l’Esprit a cessé d’oindre leurs boucliers, la foi transmise aux Saints est en train d’être dénaturée (2 Samuel 1/27) : « Comment des héros sont-ils tombés ? Comment leurs armes se sont-elles perdues ? ». Il arrive d’aujourd’hui la même chose que ce qui est arrivé à Saül. Les armes des héros se sont émoussées et ont perdu leur efficacité ; des mouches mortes ont infecté l’huile qui servait à oindre des armes. C’est pourquoi le vin prétendu nouveau que sert cette prétendue génération prophétique est en finalité un vin frelaté à la mort au pot. Ce n’est pas là le vin que le Seigneur a préparé pour Sion, la montagne de Dieu, l’épouse bien-aimée de l’Agneau. Contrairement à ce que proclame ce prophétisme infiltré par l’esprit de Saül, le vin de la fin n’est pas un vin nouveau qui ferait pâlir d’envie les apôtres de l’église primitive. Le vin nouveau était déjà en fait celui du commencement. Mais le vin de la fin n’est cependant pas un autre vin, c’est le même vin du commencement tiré du même cépage mais qui sera devenu un vin vieux clarifié par le travail de la Parole, l’Esprit. Comme l’a prophétisé Esaïe 25/6, c’est un festin de vins vieux, de mets succulents, plein de moelle, de vins vieux clarifiés que le Seigneur a préparé pour l’épouse. C’est le même vin déversé à la Pentecôte mais qui aura été clarifié c’est-à-dire purifié, filtré, dépouillé de toutes lies, scories ou particules mortes en suspension. Un vin à l’image de l’épouse pure et sans tache ni ride que l’Agneau viendra chercher. Et cette clarification est tout le travail de purification et de sanctification opéré par sa Parole de Dieu en vue du festin des Noces. C’est la Parole vivante et permanente de Dieu et non pas les prodiges et miracles, qui feront paraître devant l’Agneau une épouse glorieuse sans tache ni ride ni rien de semblable mais sainte et irrépréhensible.

 

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