Le chrétien doit-il être soumis aux autorités quand elles sont injustes ou incohérentes ?

Par Jérôme Prekel. Ces deux dernières années, j’ai entendu cette question posée dans la sphère chrétienne un plus grand nombre de fois qu’au cours des trente dernières années. Et les réponses apportées sur les forums, dans les discussions ici ou là, ont de quoi surprendre. Dans une grande partie des cas, une forme de pragmatisme spiritualisé semble avoir pris le pas sur la position traditionnelle, dans une question qui fait débat depuis toujours, mais qui a trouvé à se renforcer durant la crise Covid.

Une question de prisme

Le meilleur moyen de passer à côté de la question, c’est de se tromper de prisme. Mais si nous choisissons le bon, celui du Ciel, alors nous avons des chances d’atteindre la pensée de Dieu : nous sommes des habitants du monde, mais surtout des citoyens du Ciel, puisque nous sommes assis en Christ, qui siège à la droite du Père. Si notre position est en Christ (et si quelqu’un n’est pas en Christ …) alors nous sommes en mesure de regarder les choses et les évènements depuis une position élevée, stable et sûre. Et de les comprendre de l’éternel vers le temporel, et pas le contraire. 

Ces chrétiens-là ne peuvent être que les défenseurs de tous les principes présentés dans les Écritures (c’est cela l’amour de la vérité) et particulièrement le principe de soumission à l’autorité, qui est remis en cause aujourd’hui par beaucoup de croyants qui se veulent réalistes ou se disent « éveillés ». Le sujet est important car dans le plan de Dieu, ses enfants sont appelés à exercer son autorité « tout ce que vous lierez … tout ce que vous délierez » (Matthieu 18/18). Or on ne confie l’autorité qu’à des personnes qui ont accepté elles-mêmes de se soumettre à tous ses principes. La soumission à l’autorité n’est pas une option de la vie chrétienne, qu’on aménage à sa guise, en fonction de ses propres évaluations. Ceux qui disent être soumis à Dieu, et qui ne reconnaissent aucune autre autorité, s’abusent eux-mêmes.

Si nous ne sommes pas en mesure de respecter les autorités que nous voyons, comment ferons-nous pour respecter celle que nous ne voyons pas ? La rébellion est un signe de la culture du monde, un marqueur qui était en nous, et dont nous nous sommes débarrassés en venant à Christ (Ephésiens 2/2). Normalement. 

L’objection de l’injustice

Est-il nécessaire que les autorités établies par Dieu, roi, président, gouverneur, magistrat, juge, policier soient justes et irréprochables pour que le chrétien leur obéisse ? Nous pouvons répondre qu’au plan des principes, il ne semble pas que la Parole de Dieu demande par exemple à la femme d’être soumise à son mari seulement s’il est juste, irréprochable et cohérent dans ses décisions. Sinon on ne dirait pas « Femmes, soyez de même soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n’obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes …» (1 Pierre 3/1). Il en est de même pour les enfants à l’égard de leurs parents, mais aussi pour les serviteurs à l’égard de leurs maîtres « au caractère difficile » (1 Pierre 2/18). Il en est de même également des esclaves et de leurs maîtres : « Que tous ceux qui sont sous le joug de la servitude regardent leurs maîtres comme dignes de tout honneur, afin que le nom de Dieu et la doctrine ne soient pas blasphémés » (1 Timothée 6/1). La soumission à l’autorité, même injuste, peut représenter une opportunité de témoignage. 

Les pensées qui nous soufflent des scénarios absurdes ou dramatiques, vers lesquels pourraient nous conduire l’obéissance à la Parole de Dieu, sont tous mensongers.

Invoquer l’exemple de la soumission servile à l’autorité de la part des complices d’un génocide, pour prouver la légitimité de l’esprit de révolte, est un sophisme. Car pour le chrétien né de nouveau, le respect du principe de l’obéissance à l’autorité ne mène ni à la servilité, ni à la complicité de meurtre, ni à la stupidité, mais à la bénédiction de Celui qui est le rémunérateur de la foi (Hébreux 11/6). C’est le chemin que Jésus lui-même a suivi : « il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes »(Hébreux 5/7). Parce que se soumettre coûte toujours quelque chose. Il aurait très bien pu contester les autorités, jusque devant Pilate : « Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te relâcher ? Jésus répondit : Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut » (Jean 19/10, 11).

Soumis à la volonté de Dieu, chef d’un royaume qui n’est pas de ce monde, il n’a pas remis en question les autorités, ni leur pouvoir — qu’elles tiennent de Dieu. Certains argueront que Jésus était en quelque sorte obligé de passer par là, pour aller à la croix. Mais nous trouverons le même positionnement chez Paul, par exemple, qui en appelle à César et à son autorité (Actes 25/15), alors que nous pouvons penser qu’il n’en a nul besoin. Et lorsque sa vie a été menacée, il n’a pas varié, parce que le principe divin a pour lui plus d’importance que son intérêt. Il lui aurait pourtant été facile d’user de sa considérable influence pour ouvrir une brêche théologique contre les autorités iniques et antichrist, appeler à leur désobéir, et donc à s’y soustraire. Au contraire, il a écrit Romains 13 et il est allé au martyre, sur le chemin de la soumission à l’autorité du pouvoir temporel. Il n’a pas considéré que son statut d’apôtre de Jésus, ou l’élévation de sa révélation prophétique, l’exonérait. Parce qu’il était assis dans les lieux célestes. Et c’est bien ce qui manque au christianisme investi par l’esprit de rébellion qui agite le monde.

Le chemin facile de la désobéissance

Il existe toujours mille raisons rationnelles de ne pas obéir, à chaque fois que la contrainte va à l’encontre de nos intérêts personnels et qu’elle se heurte à nos peurs nombreuses. On se met en mode « raisonnement » et « calcul », et la messe est dite rapidement ! Et la focalisation sur l’injustice des situations permet toujours de trouver ce qu’on cherche, c’est-à-dire de quoi légitimer la désobéissance. Une ruse vieille comme le monde.

Mais ce n’est pas de cette manière que devrait raisonner le chrétien qui vise à suivre le modèle de Christ, ou d’être l’imitateur de Paul (1 Corinthiens 11/1). Choisir de refuser de se soumettre à l’autorité, lorsque nos intérêts en souffrent, c’est le chemin facile. Tandis qu’une soumission librement consentie, par motif de conscience à l’égard du conseil divin et par amour de la vérité, est une occasion d’afficher notre foi dans la Parole de Dieu, qui est plus grande que notre foi en nous-même. Le caractère confiant (en Dieu) de la soumission à l’autorité fait partie des œuvres préparées d’avance (Ephésiens 2/10) par lesquelles les incroyants, constatant le témoignage chrétien, glorifient notre Père qui est dans les Cieux (Matthieu 5/16). Car tous savent que la soumission relève d’une mentalité qui n’est pas celle du monde. C’est le même principe qu’aimer ses ennemis.

Contrairement à ce que prétendent certains chrétiens, il faut bien plus de courage pour obéir que pour désobéir. Il n’y a pas de meilleur moyen spirituel de stériliser le témoignage que de cultiver un esprit de désobéissance et une conception personnelle et humaniste de la justice.

Ce que dit l’Esprit au croyant, clairement

Si vous lisez Romains 13/ 1 à 7 et 1 Pierre 2/13 à 17 en y cherchant la moindre possibilité d’affirmation de la liberté individuelle face aux autorités, vous allez vous heurter à un mur qui monte jusqu’au ciel. Parce que le principe de soumission y a été gravé d’une manière si claire que même un enfant pourra le comprendre. Et si cette lecture vous irrite, c’est que le conflit avec « ce qui est écrit » est peut-être plus avancé dans votre esprit que vous l’imaginez.

Avant de lire ces deux passages, remémorez-vous qu’ils ont été écrits à des chrétiens qui vivaient sous la tutelle de Rome, dont ni Pierre ni Paul n’ignoraient le caractère antichrist.

Romains 13/1 à 7

« Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. Ce n’est pas pour une bonne action, c’est pour une mauvaise, que les magistrats sont à redouter. Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais-le bien, et tu auras son approbation. Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains ; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience. C’est aussi pour cela que vous payez les impôts. Car les magistrats sont des ministres de Dieu entièrement appliqués à cette fonction. Rendez à tous ce qui leur est dû : l’impôt à qui vous devez l’impôt, le tribut à qui vous devez le tribut, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur. »

1 Pierre 2/13 à 18

« Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien … Honorez tout le monde ; aimez les frères ; craignez Dieu ; honorez le roi.  Serviteurs, soyez soumis en toute crainte à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont d’un caractère difficile ».

Ces recommandations bibliques viennent évidemment heurter la conception de la liberté individuelle de l’homme naturel et particulièrement celle de l’homme naturel moderne, dont la mentalité vient obscurcir la compréhension des principes spirituels qui les dictent. Car l’exhortation que le Saint-Esprit nous adresse est limpide : « il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu … ils sont des serviteurs de Dieu ». On ne parle pas des hommes qui les incarnent, mais des fonctions qui structurent la société. Roi, président, gouverneur, juge, magistrat, policier, chef : toute autorité établie parmi les hommes doit être honorée « comme pour le Seigneur » : « Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres selon la chair, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec simplicité de coeur, dans la crainte du Seigneur. Tout ce que vous faites, faites-le de bon coeur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur » (Colossiens 3/22 à 24).

Alors que le raisonnement de l’homme naturel est le suivant :

« Ça se voit comme à l’œil nu que ceux qui gouvernent ne sont pas des altruistes et qu’ils cherchent leur propre intérêt. Même Jésus le dit « Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent » (Marc 10/42). Si ces autorités venaient de Dieu, le monde serait plus juste. Et surtout Dieu nous donnerait des autorités qui respectent la foi. C’est absurde de croire que des autorités antichrist viennent de Dieu ! Ou que des magistrats athées sont des serviteurs de Dieu. Paul et Pierre se sont donc trompés. Il est manifestement impossible (ou insensé) que Dieu nous demande de nous soumettre à ces autorités-là, et à leurs décisions iniques, auxquelles nous avons le devoir de nous opposer. Actes 5/29 dit clairement qu’il faut parfois désobéir aux autorités ». 

Dans Marc 10/42, le sujet de Jésus était l’éthique de l’exercice du pouvoir, afin d’écarter les disciples du modèle terrestre, pour entrer dans Son imitation : dehors, les grands dominent : il n’en sera pas de même parmi vous. Quiconque veut être grand (diriger les autres) sera le serviteur de tous ». Ce qui conduira à une autre expérience de soumission à l’autorité : « soumettez-vous aux anciens » (1 Pierre 5/5) et « soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Christ » (Ephésiens 5/21).

Quant à Actes 5/29, c’est effectivement la seule entorse au principe de soumission aux autorités qu’on trouve dans le NT. Mais cet épisode concerne la prédication de l’évangile, à savoir la proclamation que Christ est vivant (ressuscité). Mais cela ne concerne PAS les libertés individuelles (et notamment celle de rébellion à l’autorité), auxquelles les enseignements bibliques nous préparent, de toute manière, à renoncer : à notre vie, et en acceptant même l’injustice « si quelqu’un te prend ta tunique … si quelqu’un te frappe sur la joue gauche… » (Luc 6/29). 

Le Saint-Esprit ne peut se déjuger, d’un auteur à l’autre, sur un seul et même sujet. Opposer les versets les uns aux autres est un piège, les contester relève de la séduction.

La fin du monde commence avec la fin de la soumission à l’autorité

La culture du monde, c’est la révolte et la rébellion (de manière à la fois verticale et horizontale), et la culture du royaume de Dieu, c’est la soumission et l’obéissance à la Parole révélée du Seigneur, de manière verticale et horizontale (la soumission à Dieu, les uns aux autres, aux autorités instituées par Dieu). Telles sont les deux influences qui sont constamment en conflit dans le monde, parce que le corps de Christ incarne la contradiction avec les principes du monde, au prix de sa vie parfois.

Je suis soumis à l’autorité parce que ma confiance sereine dans la direction de Dieu et dans son autorité me le permet. Les craintes qui agitent le monde ne m’affectent pas. Même si ma vie bascule dans l’épreuve ou l’injustice, je sais que Dieu est aux commandes. Et même si je dois affronter le pire, je sais que cela me rapprochera du meilleur. Que l’on parle de Pilate ou de l’antichrist, ils ne peuvent agir que dans le cadre qui leur a été assigné par Dieu, qui veille sur moi. Il ne peut rien m’arriver : « que me fera l’homme » (Hébreux 13/6) si je suis au service de l’Éternel ?

Pour l’esprit du monde, le principe de soumission est une marque de faiblesse, de servilité, c’est pourquoi la révolte et la rébellion sont souvent les clés de conquête d’une meilleure liberté, d’un élargissement de son royaume. 

Conclusion : l’avènement de l’anomie

La déchristianisation du monde — et la perte de certaines valeurs essentielles à l’intérieur du monde encore chrétien — font émerger un individualisme de plus en plus grand. Les hommes et les femmes dans le monde, ayant perdu le récit commun (leur origine en tant que créatures voulues par Dieu) et n’ayant plus de drame fondateur commun (la Chute, le Déluge) n’ont plus d’ennemi commun (le péché, le prince de ce monde, le monde) ni de menace finale (fin du monde). Le monde est entré dans un autre paradigme, construit par le seul réel esprit de complot contre l’humanité qui travaille sans relâche à ce dessein depuis le jardin d’Eden, pour produire l’anomie.

Ce concept défini par Durkheim (en 1897) décrit une situation sociale caractérisée par la perte ou l’effacement des valeurs (morales, religieuses, civiques) et le sentiment associé d’aliénation et d’irrésolution. Un tel recul des valeurs conduirait à la destruction de l’ordre social : les lois et les règles ne seraient plus observées (crise de confiance) et ne garantiraient plus la régulation sociale. L’anomie est caractérisée par le manque de régulation de la société sur l’individu (ce qui est clairement revendiqué par les courants complotistes). Les désirs individuels ne sont plus bornés, ce qui ouvre la voie à l’instauration, à terme, d’un « mal de l’infini » qui conduit au suicide social. Parmi les causes favorisantes, Durkheim identifie : les importants bouleversements politiques (guerres, changements de régime), ou des avancées technologiques, ou encore de nouvelles préoccupations scientifiques.

Pour que le monde s’effondre, il est nécessaire que le principe d’autorité et de reconnaissance de l’autorité s’effondre au préalable. Nous sommes dans ce temps. Que chacun veille bien sur ses voies, son témoignage, ses œuvres et son message. Le Seigneur est proche.

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Jérôme Prekel2022©www.lesarment.com

19 comments On Le chrétien doit-il être soumis aux autorités quand elles sont injustes ou incohérentes ?

  • Bonjour,

    en quoi suis-je un rebelle aux autorités si je refuse de me faire vacciner ?
    Je ne contreviens à aucune loi (la vaccination n’est pas obligatoire) et j’accepte au contraire de payer le prix de ce choix.

    • Salut Olivier

      Je pense qu’il ne faut pas tout ramener à la vaccination, même si c’est vrai que cette crise Covid a agi (et continue d’agir) comme un révélateur, qui nous pousse à penser d’une manière plus aiguisée par ex au principe des autorités : leur utilité, le cadre de leur pertinence, leur mandat divin, et tout ce que ça entraîne. La question de la soumission à l’autorité est un grand sujet, qui nous confronte à nos opinions et à nos mentalités. La pensée de Dieu est, comme d’habitude, hors de notre portée (je veux dire hors de portée de la chair) dans le sens que c’est le Saint-esprit en nous qui peut nous amener dans la pleine volonté de Dieu. Mais ça n’empêche pas que nous pouvons la contempler, et l’approuver. Ce qu’elle demande ne m’arrange pas, je ne le comprends peut-être pas et je ne suis peut-être pas en mesure de me hisser à sa hauteur, mais je je peux néanmoins l’approuver, manière pour moi de fléchir le genou, et de montrer que les pensées de Dieu sont élevées au-dessus de mes pensées, comme le ciel est élevé au-dessus de la terre.
      Après, chacun doit se positionner en fonction de sa révélation, et je ne pense pas qu’on puisse te juger pour tes choix. C’est Dieu qui seul peut juger. En revanche, on peut discuter de nos choix, mais pas à l’infini non plus.
      Tu dis : « je ne contreviens à aucune loi », et c’est vrai. Simplement, je pense que la soumission à l’autorité n’a pas forcément besoin d’une loi. Disons que ça ne se joue pas seulement à cet endroit.

  • Bonjour Jérôme,

    A mon sens sur votre blog en ce qui concerne la” vaccination “covid 19, vous n’êtes pas resté dans la soumission et l’obéissance aux autorités, mais vous êtes allé au-delà de que ce que demandent les Ecritures : Vous avez fait de la propagande en faveur de cette injection. En tout cas c’est comme cela que je l’ai ressenti. La soumission aux autorités ne signifie pas relayer leurs discours que ce soit sur le plan moral, religieux, sociétal ou sanitaire.

    La vaccination n’étant pas obligatoire pour tout le monde, je n’ai jamais été dans la désobéissance civile. J’ai juste résisté face à ce déluge d’images d’aiguilles, de slogans incitatifs sur n’importe quel support, à n’importe quel endroit et je n’ai pas intégré cet élan de conformisation à la pensée gouvernementale. Je n’ai jamais été dans un esprit de révolte et de rébellion vis-à-vis des autorités, mais plutôt dans la peur et l’impuissance face à elles.

    Le Seigneur nous demande de prier pour elles, parce que notre bien -être terrestre dépend des décisions qu’elles prennent.

    • Bonsoir Lilli
      Au-delà de la question de la vaccination, nous devrions tous reconnaître que nous avons un problème avec l’autorité. Et l’obéissance. Ce serait une honnête base de départ. Et il me semble que cet article peut amener à cette évidence. Nous avons en nous cet esprit de rebellion : nous faisions partie des fils (et des filles) de la désobéissance (Colossiens 3/6). Et ce qui caractérise les fils et les filles de Dieu, c’est l’obéissance confiante à l’évangile, c’est-à-dire « de renoncer à la colère, à l’animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles équivoques qui pourraient sortir de notre bouche » c’est-à-dire encore « de s’être dépouillé du vieil homme et de ses œuvres, et d’avoir revêtu le nouvel homme » (suite de Colossiens). J’ai presqu’envie de dire que la vaccination ne pèse pas si lourd, en terme de problème ou de défi de la vie chrétienne, face à cette liste. J’aurais pu en prendre une autre, il y en a plusieurs dans le NT.

      Comme cette pensée a déjà été partagée ici, nos mobiles et l’état de notre cœur comptent pour une bonne part dans la valeur de notre obéissance, et ça vaut pour plein d’autres situations, y compris pour le service. Même quand on prêche, qu’on témoigne, ou qu’on écrit des articles d’enseignement. Le zèle et l’amour de la vérité sont précieux, mais peuvent produire des choses qui sonnent creux et desquelles le Saint-Esprit est absent, malgré qu’elles soient très vraies. Tout ça pour dire qu’il n’est pas du tout impossible que, lorsque deux chrétiens se disputent, l’un favorable à la vaccination, et l’autre opposé, ils soient dans l’erreur tous les deux, si la colère, l’animosité, la méchanceté, la calomnie, et les mauvaises paroles, sortent de leur bouche, ou de leurs claviers. Le piège vaut pour nous tous, je n’en suis pas exclu. Les uns et les autres cherchent à obéir à Dieu, et Lui nous demande de viser à une cohérence spirituelle. Ce n’est pas facile, mais c’est une exercice par lequel les enfants de Dieu gagnent en maturité.

      • Et Aggée dit : Si quelqu’un souillé par le contact d’un cadavre touche ses choses, seront-elles souillées ? Les sacrificateurs répondirent : elles seront souillées. Alors Aggée reprenant la parole dit : Tel Est-ce peuple, telle est cette nation devant moi, dit l’Eternel, telles sont toutes les œuvres de leurs mains ; Ce qu’ils m’offrent là est souillé. Ag2 :13-14

        Ok, Jérôme, quand le Seigneur me scrute avec Son regard de flamme et évalue toutes mes réactions face à mes frères et sœurs argumentant en faveur du discours sanitaire gouvernemental, Il y voit de la souillure. J’ai laissé sortir mon vieil homme, enseveli avec christ dans Sa mort, de son tombeau et le contact avec ce cadavre a souillé mes paroles et mes écrits comme il est dit dans Aggée 2.

        Le Seigneur ne peut agréer que les pensées, paroles et actes qui sont le fruit de l’action de Son Esprit en moi. Le Seigneur veut forger, ciseler en moi les traits de caractères de Christ, les vertus de Christ. La rébellion est étrangère à la nature divine. La soumission est inhérente à la nature divine : Dieu le Fils est soumis à Dieu le Père. 1Cor 15:28 Et lorsque toutes choses Lui auront été soumises, alors le Fils Lui-même sera soumis à Celui qui Lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.

  • Petite rectification. Tu dis plus haut : « Soyez soumis aux anciens ».
    Le verset complet est « Jeunes gens soyez soumis aux anciens », je crois que ça mérite d’être noté.

    Autre verset répété jusqu’à la nausée par les autorités abusives : « On ne touche pas à l’oint de l’Eternel ».
    On oublie souvent que quand David a dit ça, il y a longtemps qu’il avait mis les bouts pour se soustraire à l’ « autorité » de Saül.
    Il n’était pas débile au point de penser que rester chez Saül à éviter les coups de lance ferait de lui un meilleur serviteur de Dieu. Il avait fuit dans les cavernes, avec «  tout homme qui était dans la détresse, et tout homme qui était dans les dettes, et tout homme qui avait de l’amertume dans l’âme, et il fût leur chef  » 1 Sam 22:2 Darby
    Drôle d’équipe ! Ce ne devais pas être très glorieux. C’est pourtant de là qu’a démarré la plus belle royauté d’Israël !

    • Salut Olivier/réponse n°1
      Ta première remarque sur la limitation de l’autorité des anciens aux « jeunes gens » m’étonne un peu. La soumission aux anciens c’est la soumission aux autorités spirituelles que Dieu a mises en place dans l’église. C’est tout le corps qui est concerné.

      Extrait de mon étude sur le sujet (que je tiens à dispo):
      Dans la vision de Paul, les anciens ont autorité pour «ordonner de ne pas enseigner certaines doctrines» [1 Tim. 1/3], pour «fermer la bouche aux vains discoureurs» [Tite 1/10], pour «enseigner avec douceur les opposants» [2 Tim. 2/25], et pour «reprendre vertement les séducteurs» [Tite 1/13]. Ça dépasse largement le cadre des jeunes !
      Ils sont appelés «surveillants du troupeau» [Actes 20/28], dans une optique de protection spirituelle effective. Pour Paul, l’ancien est établi par le Saint-Esprit: «Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants» [Actes 20/28]. D’où le principe qui voudrait que l’ancien n’est pas nommé, mais reconnu pour son appel : «nous vous demandons frères, de reconnaître ceux qui travaillent parmi vous …» [1 Thess. 5/12].

    • Réponse N°2 « on ne touche pas à l’oint de l’Éternel »
      Tu as raison de dire qu’il existe des autorités abusives, c’est malheureusement une réalité et le jugement spirituel n’est pas le même sur les autorités dans le monde, et celles parmi le peuple de Dieu.
      Pour David, on voit bien effectivement qu’il a pris la tangente, parce que sa vie était menacée. Il a bien fait de fuir, mais il n’aurait jamais levé la main sur celui qu’il appelle « l’oint de l’Éternel », ni approuvé quiconque le ferait. C’est ce qu’on constate dans l’histoire. Il fait même tuer celui qui lui a annoncé (faussement) avoir achevé Saül : il pensait que David le récompenserait.
      Alors que nous aurions tous applaudi à cette nouvelle (enfin le méchant était ôté ! ça doit te parler), David a déchiré ses vêtements et c’était un drame pour lui. Et ses hommes de guerre l’ont suivi dans les larmes et dans le jeûne d’affliction, parce qu’Israël avait subi une défaite, mais aussi parce qu’un roi de Dieu était tombé. La leçon de cette histoire, c’est que même quand des autorités appelées par Dieu sont rejetées par Lui, il peut arriver qu’il leur laisse l’autorité, et David a respecté ça, alors qu’il savait d’une part que Saül était abandonné et que lui, David, était élu pour être roi à sa place. Il a donc honoré une autorité déchue, jusqu’à ce que Dieu l’ôte et le fasse entrer dans son règne. Plusieurs années d’attente et d’errance. Et s’il est devenu un grand roi, c’est parce qu’il avait ce cœur-là.

  • La Bible nous parle, à propos de l’AT, de choses qui ont été écrites pour notre instruction.
    David a fui pour sauver sa vie : cela ne doit pas évoquer pour nous un moyen de sauver notre vie physique mais plutôt de principes de survie spirituelle. Car le vrai danger pour le croyant est bien là. « La mort ? Pffff ! », comme dirait Mélanchon mais pour d’autres raisons 😉

    On voit que dans cette histoire ceux qui ont suivi Saül sont morts avec lui. Pas tout le peuple certes, mais les leaders. Ca devrait nous questionner.
    On pourrait dire que les mauvaises compagnies corrompent les bonne mœurs. Possible.
    Que Dieu n’a pas voulu laisser vivre tous ceux qui se sont corrompus avec Saül. Possible aussi.
    Car finalement si tout le monde avait laissé tomber Saül , David serait devenu roi plus tôt et le pays ne s’en serait porté que mieux (même s’il fallait que David soit formé par cette épreuve)
    N’y a-t-il pas aussi une occasion de chute pour les non affermis s’ils nous voient manger non pas dans des temples d’idoles mais avec des gens peu recommandables ?
    « Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. » 1 cor 5

    Il serait aussi intéressant d’étudier pourquoi ces gens sont restés, surtout ceux qui, comme Jonathan par exemple, étaient parfaitement au courant de toute l’affaire. Les liens du sang (Jonathan était son fils, Abner son cousin) ? Les intérêts ? La position sociale ?
    Une chose est sûre, cela ne leur a pas réussi.

    « Celui qui aime son père, sa mère, ses amis….plus que Moi… »

    • Olivier : « … pourquoi ces gens sont restés, surtout ceux qui, comme Jonathan par exemple, étaient parfaitement au courant de toute l’affaire. Les liens du sang ? Les intérêts ? La position sociale ? »

      Je ne suis pas si certain que « les gens » aient été « au courant de toute l’affaire ». Nous oui : en tant que lecteurs de l’histoire complète, nous bénéficions d’une vision d’ensemble, ce qui n’était probablement pas le cas de Jonathan. La scène de déchéance spirituelle de 1 Sam. 15 n’est pas publique, mais entre le roi et le prophète. Et Samuel va même accepter de légitimer le roi devant le peuple et les anciens (v. 30 et 31).
      On peut facilement imaginer que ce qui comptait pour ces hommes de l’entourage de Saül, c’était juste d’aller jusqu’au bout. Il était roi de droit divin, point-barre. Ils ne cherchaient pas plus loin. Depuis notre fenêtre, nous avons tous les détails d’arrière-plan, mais ce n’était pas leur cas. Pour eux, la corruption spirituelle de Saül était cachée, et même si son comportement était paranoïaque, le roi incarnait l’autorité divine (Samuel était mort 1 Sam. 25). Le roi, c’est Dieu.

      « Car finalement si tout le monde avait laissé tomber Saül, David serait devenu roi plus tôt et le pays ne s’en serait porté que mieux (même s’il fallait que David soit formé par cette épreuve)»
      Très intéressante remarque ! C’est le bon sens qui parle : arithmétiquement parlant, on aurait évité plusieurs années d’errance. Et en même temps je crois effectivement comme toi qu’il « fallait » que David passe par là. C’est une constante qu’on retrouve souvent, comme chez Moïse par exemple. Que celui qui veut diriger ne soit pas nouvellement converti ? (1 Tim. 3/6)…

  • C’est une bonne question que de se demander pourquoi Jonathan n’a pas rejoint son ami David dans sa fuite au lieu de rester auprès de son père Saül. Jonathan semble être un bon exemple de celui qui respecte l’autorité tout en ne s’alignant pas sur elle. Jonathan savait qu’il ne serait pas roi à la mort de son père mais que c’est David qui était choisi par Dieu pour succéder à son père. Sa 23 :16-18 “ Ce fut alors que Jonathan, fils de Saül, se leva et alla vers David dans la forêt. Il fortifia sa confiance en Dieu, et lui dit : Ne crains rien, car la main de Saül, mon père, ne t’atteindra pas. Tu régneras sur Israël, et moi je serai au second rang près de toi ; Saül, mon père, le sait bien aussi. Ils firent tous deux alliance devant l’Éternel ; et David resta dans la forêt, et Jonathan s’en alla chez lui.” Jonathan est resté au côté de son père, a combattu avec lui contre les philistins, donc on peut dire qu’il était dans la soumission à l’autorité. Mais pourtant, il avait pris clairement position pour David et le défendait face à son père. 1 Sa 20 :34 “ Alors la colère de Saül s’enflamma contre Jonathan, et il lui dit : Fils pervers et rebelle, sais-je pas que tu as pour ami le fils d’Isaï, à ta honte et à la honte de ta mère ? Car aussi longtemps que le fils d’Isaï sera vivant sur la terre, il n’y aura point de sécurité ni pour toi ni pour ta royauté. Et maintenant, envoie-le chercher, et qu’on me l’amène, car il est digne de mort. Jonathan répondit à Saül, son père, et lui dit : Pourquoi le ferait-on mourir ? Qu’a-t-il fait ? Et Saül dirigea sa lance contre lui, pour le frapper. Jonathan comprit que c’était chose résolue chez son père que de faire mourir David. Il se leva de table dans une ardente colère, et ne participa point au repas le second jour de la nouvelle lune ; car il était affligé à cause de David, parce que son père l’avait outragé.” Donc Jonathan s’opposait à son père dans son obstination à vouloir garder la royauté pour lui et pour sa descendance mais il n’est pas allé dans la révolte directe contre son père. Il lui est resté soumis attendant comme David que Dieu Lui-même destitue son père.

    Concernant Abner, il savait aussi que l’Eternel avait choisi David comme roi pour succéder à Saül. 2 Sa 2:9-10″ Que Dieu traite Abner dans toute sa rigueur, si je n’agis pas avec David selon ce que l’Éternel a juré à David, en disant qu’il ferait passer la royauté de la maison de Saül dans la sienne, et qu’il établirait le trône de David sur Israël et sur Juda depuis Dan jusqu’à Beer Schéba.” Pourtant, à la mort de Saül, il a proclamé roi Isch –Boscheth , fils de Saül., s’opposant ainsi directement à la volonté divine qu’il connaissait. Cela s’est mal terminé, puisqu’il a été assassiné. Tout le peuple d’ailleurs semblait aussi savoir que Dieu avait désigné David comme roi. 2Sa 5:1-3 “Toutes les tribus d’Israël vinrent auprès de David, à Hébron, et dirent : Voici, nous sommes tes os et ta chair. Autrefois déjà, lorsque Saül était notre roi, c’était toi qui conduisais et qui ramenais Israël. L’Éternel t’a dit : Tu paîtras mon peuple d’Israël, et tu seras le chef d’Israël. Ainsi tous les anciens d’Israël vinrent auprès du roi à Hébron, et le roi David fit alliance avec eux à Hébron, devant l’Éternel. Ils oignirent David pour roi sur Israël.” Donc les anciens d’Israël auraient dû tout de suite accepter David comme roi au lieu de suivre Abner dans son opposition à la volonté de Dieu.

    On peut donc prendre exemple sur Jonathan en étant soumis aux autorités tout en ne les suivant pas dans leurs mauvaises actions, fruits de leur rébellion contre Dieu. Néanmoins, Jonathan a subi le jugement de Dieu dû à la rébellion de son père. Il est aussi mort sur le champ de bataille .Mais cela relève de la décision souveraine de Dieu à son égard. Le Seigneur est le Roc séculaire sur lequel nous sommes en pleine sécurité.

    • Merci Lilli pour ce commentaire qui éclaire des points précis de l’histoire qui nous intéresse. Votre conclusion me paraît juste difficile à accorder avec le Texte et correspond davantage avec notre notion moderne (et personnelle) de la soumission à l’autorité : dans le contexte, on ne peut pas en même temps « être soumis à l’autorité » et « ne pas suivre leurs mauvaises actions ». Jonathan ne s’oppose à aucune des actions de son père, sauf à sa volonté de tuer David. Et encore le fait-il en demeurant sous son autorité (alors qu’il aurait facilement pu s’y soustraire, et passer dans le camp ennemi). Mais il ne l’a pas fait, et en cela, il a sans doute approuvé de manière passive (« qui ne proteste pas consent ») certaines choses horribles, comme le massacre de la ville de Nob et des 85 sacrificateurs de l’Éternel. On approuve en ne s’opposant pas. Jonathan n’est donc pas une sorte de modèle de rébellion intelligente, même si c’est une figure qui attire notre sympathie. La soumission et la rébellion (ou la résistance, si vous préférez), sont aussi incompatibles que l’eau et l’huile. On ne peut avoir que l’une, ou l’autre.
      Dans cette histoire extraordinaire, il ne faut pas oublier que la figure paternelle est déjà une figure divine, dans cette culture. Le père avait droit de vie et de mort sur ses enfants, et parfois sur sa femme. De multiples exemples bibliques existent. Et il nous est difficile de lire cette histoire avec cet arrière-plan : nous avons le nôtre, et ça parasite la compréhension contextuelle.
      Je pense que Jonathan ne peut normalement PAS désobéir à ce père-là (qui est roi en +) et la rébellion lui est tout simplement interdite, car elle est passible de la peine de mort.
      Et il ne peut pas faire autrement que de mourir avec lui (et pour lui), parce que c’est une question morale, une question d’honneur (très important) et donc une question spirituelle. Le poids de la morale et de l’éthique culturelle est parfois plus lourd que celui de la loi et il n’y a parfois pas d’autre choix que d’aller au bout, de la même manière que jusqu’au siècle dernier, la capitaine d’un paquebot qui coulait ne pouvait pas faire autrement que de couler avec lui. Ça ne se concevait pas autrement. Et en perdant cette grandeur d’âme, nos sociétés ont perdu beaucoup de choses. Nous sommes passés de « les femmes et les enfants d’abord », à « moi d’abord, les autres après », qui est un bon slogan de la société post-moderne. C’est la prophétie des temps de la fin : les enfants deviennent insoumis à leurs parents, et cet esprit infuse dans toute la société, jusqu’à légitimer moralement l’insoumission et l’ériger comme une vertu. C’est la raison pour laquelle ceux qui vivent une foi vivante et qui pratiquent une adoration vivante sont les seuls à pouvoir incarner une soumission confiante à l’autorité de leur Seigneur. Et à sa Parole.

      • Bonjour Jérôme,

        A bien vous lire, on finirait par croire que les chrétiens qui, dans le passé, ont lutté pour l’abolition de l’esclavage ou contre la ségrégation raciale sont eux aussi à classer dans la catégorie des rebelles, des révoltés puisque la soumission consisterait à approuver les autorités et leurs exactions. Dans l’épisode tragique du massacre des sacrificateurs et de la ville sacerdotale, Jonathan n’est pas mentionné. On peut imaginer qu’il ait essayé de dissuader son père, mais il ne pouvait rien faire de plus sans basculer dans la rébellion militaire contre son père, ce qui aurait été un acte d’opposition directe contre Dieu, passible de peine de mort comme vous l’écrivez.

        Je n’ai pas écrit que Jonathan était un modèle de rébellion intelligente. Il est un exemple de soumission clairvoyante plaçant la soumission à la volonté de Dieu au-dessus de la soumission à celle son père. Cela lui a d’ailleurs valu d’être FAUSSEMENT traité par son père de fils rebelle et pervers (1 Sa20 :34 ) , de traitre ( 1 Sa22:8 Sinon, pourquoi avez-vous tous conspiré contre moi, et n’y a-t-il personne qui m’informe de l’alliance de mon fils avec le fils d’Isaï? Pourquoi n’y a-t-il personne de vous qui souffre à mon sujet, et qui m’avertisse que mon fils a soulevé mon serviteur contre moi, afin qu’il me dressât des embûches, comme il le fait aujourd’hui ?) Jonathan n’avait pas rejoint David dans sa fuite mais il était uni avec David dans l’attente patiente et douloureuse de l’intervention directe de Dieu. Et cette amitié avec David et l’acceptation de la volonté de Dieu concernant le successeur au trône royal le faisait apparaitre comme un insoumis à l’autorité aux yeux de son père, alors que Dieu voyait Jonathan comme quelqu’un qui respectait la royauté de son père. Donc la question de la soumission à l’autorité telle que Dieu la conçoit requière une intelligence spirituelle éclairée par le Saint Esprit parce que les commandements de Dieu priment sur les mensonges des dirigeants.

        • Bonjour Lilli,
          À bien me lire, je crois qu’il serait impossible d’imaginer que je puisse faire partie des gens qui considèrent les abolitionnistes comme des gens qui ont tort (des rebelles).
          Mais je vais vous dire d’où vient l’incompréhension : je fais l’apologie d’un principe et vous êtes plutôt tournée vers les différentes manières de l’appliquer ou de l’interpréter. Vous considérez la force du principe à l’aulne d’un cas particulier (ici, l’esclavage).

          À mon avis, les cas particuliers doivent rester des cas particuliers. Ils ne peuvent pas devenir des principes, ou remettre en question les principes. Les principes sont directeurs. Parce que si nous accordions aux cas particuliers le pouvoir de remettre en question les principes, cela reviendrait à faire de l’homme un dieu. Tout y passerait : le mensonge peut sauver des vies, l’assassinat ciblé est préférable au laxisme, et l’amour vrai entre gens du même sexe est bien la preuve que ce n’est pas mal faire, etc.

          Je crois que notre place, la vôtre et la mienne, est du côté des principes divins en étant soumis au Seigneur des principes avant d’être soumis aux principes du Seigneur. Ce que vous dites très bien d’une autre manière, mais avec ce petit bémol qui permet de ménager une porte de sortie, (dans votre dernière phrase et sous réserve que je l’ai bien comprise).

          Mais voilà, ni Paul ni Pierre n’ont mis de bémol, ni ouvert cette porte. Paul n’a pas dit : « soyez soumis, sauf quand les autorités exagèrent ». Il s’est lui-même soumis jusqu’au martyre. Il aurait pu l’éviter, comme je l’ai écrit dans l’article.

          Nous devons donc admettre que cette position-là est la meilleure, sans bémol, même si elle ne nous convient pas. On a le droit de la trouver incomplète. Je vais vous faire une confidence : humainement parlant, elle ne me convient pas. Mais je fais l’effort de laisser de côté ce que je pense, ce que je sens, et je saisis cette exhortation afin de l’intégrer, sans bémol. Parce que la soumission aux principes de Dieu, fait partie de la soumission à Dieu. Pour nous, l’obéissance aux principes de Dieu n’est pas une occasion de devenir plus faibles, ou plus idiots, mais plus forts et plus intelligents. C’est le Monde qui considère que la rébellion est un signe de liberté et d’intelligence.
          Merci pour vos commentaires, dans lesquels on sent la profondeur de la réflexion, et l’amour de la Parole de Dieu.

  • «David vit que Saül était sorti pour attenter à sa vie. David était au désert de Ziph, à Horsha. Alors Jonathan, fils de Saül, se rendit auprès de David, à Horsha, pour affermir en Dieu son courage. Il lui dit: N’aie pas peur. Saül, mon père, ne pourra pas t’atteindre. C’est toi qui deviendras roi sur Israël, et moi je serai ton second; Saül, mon père, le sait bien lui-même.»
    ‭‭Premier livre de Samuel‬ ‭23:15-17‬ ‭NBS‬‬
    Saül et Jonathan étaient au courant.

    • Olivier
      Oui, je parlais dans mon commentaire de la déchéance divine. Pour le reste, tu as raison, comme le précisais aussi Lilli dans son commentaire.

  • Et que pensez vous de la bénédiction du mariage de même sexe ? Personnellement nous avons quitté l’église réformée de notre enfance et jeunesse , à cause de cette prise de décision des protestants . Depuis nous n’avons plus d’église et nous suivons tous les cultes de la porte ouverte chrétienne de Mulhouse car nous sommes en communion avec leur service spirituel . Il me semble que nous devons rester soumis à la parole de Dieu quand les autorités des églises et confession chrétienne ne respectent plus l’autorité des écritures bibliques . Martine

    • Bonjour Martine,
      Vous me demandez ce que je pense d’une église (ou une dénomination, ici) qui ne respecte plus l’autorité des Écritures (cf mariage du même sexe)? Nous connaissons tous la marche à suivre, et au final, certaines choses ne sont pas acceptables. Toute la question est de savoir lesquelles. Dans l’exemple que vous donnez, il n’y a pas débat.
      Ce qu’on pourrait éventuellement ajouter, c’est que la clause de conscience demeure subjective, dans une large zone de l’interprétation de la vérité, je ne vous apprends rien.
      Par exemple, à chaque fois que le légalisme ou le perfectionnisme sont le moteur de la conscience (et non l’Esprit), et que les gens se critiquent, critiquent les autorités, se disputent, se divisent.
      La marque de l’esprit du siècle, c’est l’individualisme, la confiance en soi-même ; et la marque de l’esprit du royaume, c’est la crucifixion de l’individualisme, qui seule permet d’expérimenter un amour et une unité différents.
      On ne peut que déplorer que l’unité appelée par Jésus soit si difficile, parce que son prix est très élevé. Et parfois, elle est impossible comme dans le cas que vous évoquez.

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