Un amour qui déborde

« moi, je suis venu afin que mes brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance » (Jean 10:10).

La version chouraqui, traduit de manière plus littérale : « je viens pour qu’elles aient la vie, et qu’elles aient la vie en SURABONDANCE ». La vocation de l’enfant de Dieu est d’être béni, affranchi, libéré : « Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres, et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour » (Colossiens 1:13 ), et d’être rempli jusqu’à DEBORDER. C’est d’ailleurs ce qui fait que nous sommes des témoins : le débordement de la vie de Dieu en nous.
« Tu dresses devant moi une table, en la présence de mes ennemis; tu as oint ma tête d’huile, ma coupe DEBORDE » (Psaumes 23:5).

Cette action de la vie de Dieu en nous, c’est ce qui permet que nous passions d’une relation extérieure, simplement religieuse, à une relation intérieure, authentique, profonde. Nous ne faisons plus rien parce qu’on nous le demande (légalisme), par contrainte, mais à cause de Son amour : « sa bannière sur moi, c’est l’amour » (Cant. 2/4).

POUR DES FILS ET DES FILLES
Il est écrit : « à ceux qui L’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1). Voilà le chemin, voilà la vocation, voilà à quoi travaille le Saint-Esprit : faire de nous des fils et des filles, nous délivrer du pouvoir du monde, des mentalités humaines, et de la religion. Quelque chose donc qui va plus loin que la relation du serviteur avec son maître, c’est-à-dire la relation d’un Père avec ses enfants. Devenir enfant de Dieu, c’est entrer dans la nature de Dieu (2 Pierre 1/4) ; c’est un chemin, un processus par lequel il est prévu que nous passions du lait à la nourriture solide (1 Corinthiens 3/2) « … jusqu’à ce que Christ ait été formé en nous » (Galates 4:19).

POUR DES HERITIERS
La Parole de Dieu dit encore que seuls, les enfants seront héritiers (Romains 8/17). C’est pourquoi il nous faut connaître cette relation-là. Et les héritiers héritent de tout. Ils reçoivent le droit, très tôt, de porter le nom du Père. C’est cette relation-là qui fait de nous des adorateurs pas seulement extérieurs. Nous ne louons pas parce que c’est dimanche, ou parce que c’est l’heure, ou parce qu’on nous dit de le faire. Ça, c’est l’adoration extérieure. On entend ça, parfois, cet encouragement à louer Dieu « pour Lui faire plaisir » ou « parce que cela réjouit son coeur ». Mais c’est là le plus bas niveau de relation qu’on puisse établir avec Son Père, une attitude à mi-chemin entre l’hypocrisie et le devoir. Ce ne sont pas les adorateurs que le Père recherche (Jean 4).

POUR DE VRAIS ADORATEURS
En fait, l’adorateur en esprit et en vérité est en constant état d’adoration. L’adoration, c’est un état de confiance heureuse, de reconnaissance vivante, qui est le fruit d’une communion intime. David parle des « communications intimes de Dieu* ». Nous avons besoin d’intimité avec Dieu, parce que Dieu cherche à établir une intimité avec nous, à personnaliser à l’extrême notre communication réciproque.
L’adoration d’Abraham a consisté à entendre la Parole de Dieu, puis à l’écouter, puis à y adhérer avec confiance : « donne-moi ton fils, ton unique, celui que tu aimes » (Genèse 22/2). Il croyait qu’il retrouverait son fils, dit l’épître aux Hébreux (11/19).
C’est cette confiance absolue que la Bible appelle, pour la première fois, l’adoration : « nous irons là-bas pour adorer » (Genèse 22/5). Finalement, « adorer » est un synonyme d’« obéir », et « obéir » est le verbe qui traduit la confiance totale et absolue.
La bénédiction qui a résulté de cette confiance absolue a dépassé très largement le cadre de la seule vie d’Abraham. Sa coupe a débordé ! Dieu ne cherche pas des adorateurs qui savent chanter, mais des coeurs confiants dont la foi est éprouvée par le feu.

POUR CEUX QUI MARCHENT PAR LA FOI
Aujourd’hui, dans nos pays modernes, la foi ne coûte plus rien, alors il est normal qu’elle n’ait plus de valeur ! Elle n’est pas précieuse, parce qu’elle n’est pas épurée. Elle n’a pas de force, pas de vitalité, elle est éteinte parce que la vraie foi s’exprime dans l’adversité, elle se vivifie dans l’impossible.
Il nous faut entendre de nouveau la voix de l’Esprit, qui nous appelle à rejoindre le Seigneur dans un endroit de vulnérabilité, un endroit où nous sommes exposés, où notre christianisme a un prix : « je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu » (Apocalypse 3/18). On connaît la célèbre tirade : « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire » et dans la vie spirituelle les mêmes choses produiront les mêmes effets. Sans risques, pas besoin de foi : un christianisme humaniste suffit largement !
Nous devons cesser de tourner le dos à tout ce qui expose, vulnérabilise, engage notre foi. Il ne peut pas y avoir de victoire sans combat et nous savons l’importance de la victoire, celle du Seigneur et la nôtre, par son Esprit agissant en nous, libre en nous : « à celui qui VAINCRA … » (Apocalypse 2/7). Alors désirons le combat plutôt que la fausse paix constituée en fait d’une armistice.

La bénédiction d’Abraham a consisté à retrouver son fils Isaac ! C’était grand ! Mais cette bénédiction a surtout fait de lui un proche de l’Eternel, au travers d’une expérience qui l’a éloigné encore un peu plus des logiques et sagesses humaines, qui nous égarent et nous entortillent dans des raisonnements fondamentalement incrédules : l’épître de Jacques qualifie la sagesse naturelle de l’homme de « diabolique » (Jacques 3/15), et le prophète Jérémie nous apprend que ce n’est pas dans les pensées de notre coeur que nous devons apprendre à nous confier car « Le coeur est trompeur par-dessus tout, et incurable » (Jérémie 17:9).

Abraham ne s’est pas confié dans l’Homme (c’est-à-dire en lui-même), et il en a été béni (Jérémie 17/5 et 7) au delà de ce qu’il pouvait imaginer. Et Dieu a saturé le patriarche de bénédiction. Une bénédiction qui a traversé le vieil homme et qui s’est déversée sur sa famille, ses biens, puis dans son fils, et les fils de son fils, de génération en génération, avec la même force, et la même fidélité ! Et cette bénédiction, cette alliance, dure encore aujourd’hui… parce qu’UN homme a répondu, ne considérant pas ce qui se voyait seulement, mais a engagé sa vie, sa destinée, sa postérité dans un chemin de confiance qui lui a tout coûté.
« Celui qui va pleurant, portant la semence qu’il répand, revient avec chant de joie, portant ses gerbes » (Psaumes 126:6).

Notre vocation est d’avoir la vie en abondance, parce que le Seigneur est venu pour cela. Dieu nous a donné le droit de prendre cette place d’enfants de Dieu. Le droit de prendre, le pouvoir de devenir. Alors prenons-le. C’est à nous de comprendre que nous pouvons « conserver notre vie » en demeurant dans un christianisme factuel, extérieur, émotif, mais sans la puissance de la Vie, ou alors nous laisser entraîner … dans le désert de la force humaine, de la sagesse humaine, de la justice humaine, des résultats humains, de la religion humaine, du christianisme humain. Oui, c’est en premier dans ce désert qu’il nous faut apprendre à larguer les amarres jusqu’au pays promis.

LE PIEGE DE LA RELIGION, A L’INTERSECTION DE L’ERREUR
Que fait la religion (dans le sens péjoratif du terme), et dans quel comportement est entraîné l’homme religieux (et cependant sincère) ?
Il est entraîné à se construire, à se façonner un Dieu qui lui corresponde. Nous pensons souvent que l’épisode du veau d’or est une abomination à laquelle nous n’aurions pas pu participer. Mais à chaque fois que nous considérons le Seigneur comme une aide qui nous corresponde, pour améliorer notre existence, arranger nos affaires et ajouter des bénédictions, nous inversons l’ordre des choses et pénétrons dans l’idolâtrie. Nous amenons l’Eternel à notre niveau, alors qu’Il cherche à nous entraîner, Lui, dans un autre royaume, où Il est Seigneur de tout.
Car c’est NOUS qui avons été amenés à la vie pour être une aide qui Lui corresponde, à l’image de cette épouse qu’Il a donnée à Son premier Fils, Adam, pour qu’elle gouverne « à côté de Lui », à son côté. C’est nous qui sommes « la fiancée », et nous sommes l’Épouse en devenir. C’est à nous d’accepter la préparation de l’Épouse (Apocalypse 19/7), par l’Esprit, par désir et par choix, par abdication de nos droits à conserver toutes nos sécurités et tous nos appuis. Pour que de notre coeur s’exprime cette attente pressante « Viens, Seigneur Jésus » (Apoc. 22/17 et 20).

EN MOURANT À ELLE-MÊME, LA FIANCÉE ÉCHAPPE À TOUS LES PIÈGES
Une fiancée se sépare du courant de la vie, de la mentalité de son époque, elle se réserve, elle se garde, elle se prépare. Elle n’a pas besoin d’attendre d’être mariée pour aimer. Elle aime déjà, avant, dans son attente, son espérance vivante, c’est la raison pour laquelle elle se prépare. Elle se dirige vers une heure où elle abandonnera sa destinée entièrement entre les mains de son époux. Elle accepte, et même elle désire qu’une autre autorité que la sienne propre s’établisse dans sa vie. Elle ne sera plus maîtresse de son destin, et sa liberté est un sacrifice qu’elle concède volontiers, qui ne lui coûte rien, parce qu’elle aime ! Elle n’a pas peur d’appartenir à Un Autre. Elle désire, et dans son coeur brûle une flamme impatiente. Elle perdra son nom, mais elle retrouvera un autre nom, le Sien. Sa vie, c’est son Isaac et elle y renonce en croyant qu’elle la retrouvera.
« quiconque voudra sauver sa vie la perdra; et quiconque perdra sa vie pour l’amour de moi, celui-là la sauvera » (Luc 9:24).

LA PORTE ÉTROITE
A l’intersection de ce chemin se trouve une parole de Christ qui nous appelle, comme Abraham, à quitter ce que nous sommes, ce que nous avons été, et de lui abandonner ce que nous aurions pu devenir, pour remettre entre ses mains notre destinée, et toutes nos peurs (genèse 12/1). « Et il disait à tous: Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix chaque jour, et me suive » (Luc 9/23).

Ne pas être disciple, c’est passer son temps, sa vie, à entendre la Parole de Dieu et à ne pas la comprendre. A être une semence stérile, ou plutôt un terrain dans lequel elle ne portera pas de fruit.
Etre disciple de Christ, c’est entrer dans une communion, une communication intime. Les foules (croyants extérieurs) entendaient les paraboles, mais c’est aux disciples qu’elles étaient expliquées. C’est le chemin de la vie abondante, et de la coupe qui déborde. C’est un chemin difficile qui est considéré comme impossible par la très grande majorité des hommes et des femmes qui entendent la Parole. Certains abandonnent (Jean 6/66), jettent l’éponge, d’autres se détournent affligés de ne pouvoir faire le pas décisif, sans doute pour un temps (Luc 18/23).
Nous ne devons pas chercher d’autre modèle, ni d’autre maître (Jean 6/68). C’est Christ, aujourd’hui encore, malgré les évangiles bon marché et les séductions mensongères enrobées de vérité. C’est toujours un chemin étroit et resserré, celui sur lequel NOUS NE POUVONS PAS servir deux maîtres (Luc 16/13).

Psaumes 37:4 : « Fais de l’Eternel tes délices et il te donnera les demandes de ton coeur ».
Matthieu 6:33 : « mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus ».

Octobre 2007/JP-Le sarment

* Psaume 25/14 : « Le secret de l’Eternel est pour ceux qui le craignent, pour leur faire connaître Son alliance » (version Darby). Le traducteur propose une alternative de compréhension pour le mot « secret de l’Eternel », à savoir « les communications intimes de l’Eternel ». La version Chouraqui donne quant à elle : « L’intimité de l’Eternel est pour Ses frémissants », proche en cela de Darby.

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