La Commission d’éthique protestante évangélique appelle les chrétiens à se faire vacciner

Née en 1995, la Commission d’éthique protestante évangélique est commune aux Églises évangéliques libres (UEEL), à la Fédération baptiste (FEEBF) et aux Églises réformées évangéliques (UNEPREF). Ses trois objectifs sont de “contribuer au débat éthique protestant”, “répondre à des questions éthiques d’actualité” et “former les chrétiens”. Son communiqué du 5 août 2021 :

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Pour l’amour de Dieu et de votre prochain, faites-vous vacciner !

La gravité de la situation sanitaire, provoquée par cette nouvelle vague de la Covid, le niveau de désinformation véhiculée sur les réseaux sociaux, y compris par des chrétiens, le degré d’animosité qui règne sur ce sujet qui porte atteinte à la fraternité chrétienne dans les Églises et humaine dans notre pays nous amènent nous, Commission d’éthique protestante évangélique, à sortir de notre réserve, à lancer un appel à se faire vacciner d’urgence contre la Covid19 et à faire un certain nombre de mises au point théologiques, éthiques, et fraternelles. 

Nous appelons d’abord les chrétiens à ne pas nier la gravité de cette maladie ni l’efficacité, prouvée, de la vaccination pour en éviter les formes graves. Nous les appelons aussi à pratiquer sur ce sujet un dialogue guidé par l’amour, où nous pouvons dire nos peurs et nos craintes, voire nos colères, sans nous laisser enfermer dans des monologues anti-vaccinations qui ne portent pas l’empreinte de la sagesse selon Dieu, qui est porteuse de paix[1]

Oui, aujourd’hui, se faire vacciner est un acte qui relève de l’amour de Dieu, car il relève de l’amour du prochain : les deux commandements sont semblables. « L’amour ne fait pas de mal au prochain » dit Paul. Or ne pas se faire vacciner, c’est être aujourd’hui une menace potentielle réelle pour notre prochain. [Note du Sarment : Cette affirmation est contredite par le fait qu’une personne vaccinée peut malgré tout contracter le virus (mais le vaccin permettra une réponse immunitaire plus forte) et donc malheureusement le transmettre aussi. La CEPE considère sans doute qu’une immunité collective permettrait de vaincre la maladie et donc de sauver des vies, à condition d’accepter la vaccination].

Non, l’obligation vaccinale n’est pas la marque d’une dictature. Le BCG et le vaccin contre la polio sont obligatoires et n’ont pas changé notre régime politique démocratique. En revanche, ils ont permis l’éradication de deux maladies redoutables : la tuberculose et la polio. Interrogeons nos anciens qui ont encore la mémoire de ces fléaux[2]

Oui, le « passe sanitaire » pose des problèmes éthiques de discrimination des personnes, de respect de la vie privée et nous chrétiens, avec d’autres, nous devons rester attentifs et veiller à l’équilibre entre liberté et sécurité sanitaire. Mais non, se faire vacciner ou adopter le passe sanitaire, ce n’est pas recevoir la « marque de la bête ». Ce contre quoi l’Apocalypse de Jean mettait en garde les chrétiens du premier siècle, c’est un acte d’allégeance à un pouvoir qui prend la place de Dieu. Le mot « marque » en grec est le même que celui désignant le sceau de l’empereur romain de l’époque.

Oui ce danger existe encore aujourd’hui sous plusieurs régimes, mais l’obligation vaccinale dans notre pays n’entre pas dans ce cadre. Nous chrétiens qui sommes vaccinés, et qui bénéficions du passe sanitaire, nous n’avons fait allégeance à aucun pouvoir et nous n’adorons personne d’autre que Dieu. Nous avons simplement fait preuve de bon sens et d’amour de notre prochain. 

Non, se faire vacciner ne s’oppose pas à la proclamation de l’Évangile. Au contraire, car la vaccination favorise une libre circulation des personnes, favorable à la circulation de l’Évangile ! 

Oui, on peut avoir des craintes, des réticences par rapport à une innovation biotechnique comme les vaccins à ARN, mais parlons-en à notre médecin traitant, qui doit nous donner une information juste et sincère, et faisons-lui confiance, d’autant qu’il existe plusieurs solutions vaccinales dans notre pays. 

Non, se faire vacciner aujourd’hui, ce n’est pas être un cobaye, car de nombreux essais cliniques ont été menés en amont de la commercialisation de ces vaccins. Oui il y a suffisamment de recul, y compris sur les vaccins à ARN, quand des millions de personnes ont été vaccinées. 

Oui, aujourd’hui la pandémie de la COVID frappe gravement des non-vaccinés, y compris des jeunes voire des enfants (Brésil) et les populations des pays qui ne bénéficient pas de vaccins. En France les services de réanimation sont actuellement en voie de saturation par des malades non-vaccinés, qui représentaient, au 11 juillet 2021 près de 85 % des malades hospitalisés pour Covid-19[3]

Oui cette pandémie est mondiale et appelle à un devoir de solidarité entre les pays pour la juguler par des vaccins fiables, sûrs et économiquement accessibles à tous. C’est pourquoi nous sommes éthiquement favorables à la levée des brevets sur ces vaccins, et à une libéralisation de l’accès aux moyens de les fabriquer, d’autant que le coût de leur recherche-développement par les laboratoires a été financé par les États. 

Alors, nous qui le pouvons, faisons-nous vacciner pour l’amour de Dieu et de notre prochain. 

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Commission d’éthique protestante évangélique le 5 août 2021

Pasteur Luc Olekhnovitch (UEELF), président, Pasteur Louis Schweitzer (FEEBF), professeur d’éthique, ancien membre du CCNE, Pasteur Erwan Cloarec (FEEBF), Pasteur Marjorie Legendre (UEEL), professeur d’éthique, Dr Joël Petitjean (UNEPREF), Alain Lombet, ancien chercheur à l’INSERM, représentant du CNEF, Frédéric de Coninck, sociologue. 


[1] « La sagesse d’en haut est d’abord pure, ensuite porteuse de paix, douce, pleine de compassion … » Jacques 3.16

[2] Antoine Nouis, éditorial de Réforme du 29 juillet 2021

[3] Hôpitaux : 78% des patients décédés du Covid-19 sont des non-vaccinés | Vie publique.fr (vie-publique.fr)

19 comments On La Commission d’éthique protestante évangélique appelle les chrétiens à se faire vacciner

  • En voyant le libellé « Commission d’éthique protestante évangélique », j’ai pensé au début que c’était une prise de position émanant des mêmes fédération d’églises qui sont ouvertes au libéralisme et qui ferment les yeux sur (par exemple) le mariage homosexuel ou pire, l’ordination de pasteurs homosexuels. Mais en vérifiant sur leur site, je vois qu’ils ont pris des positions claires et tranchées sur ces sujets.
    Mais il en faudra + pour convaincre un chrétien antivax déjà convaincu …

  • Texte équilibré parce qu’ils ont osé parler de choses qui fâchent : « Oui, le « passe sanitaire » pose des problèmes éthiques de discrimination des personnes, de respect de la vie privée et nous chrétiens, avec d’autres, nous devons rester attentifs et veiller à l’équilibre entre liberté et sécurité sanitaire » .
    Maisc’est dommage d’assimiler la vaccination à un geste pour l’amour de Dieu, alors que beaucoup (la plupart?) se font juste vacciner pour ne pas être contaminés.
    Cette crise nous a tous pris par surprise et nous entraine dans des situations où il faut prendre des décisions nouvelles (comme cette commission d’éthique). Qui aurait pu imaginer qu’on aurait à se prononcer sur des sujets pareils ? Les plus privilégiés sont ceux qui vivaient dans la communion avec le Seigneur, et dans le service, avant la crise parce que l’Esprit qui parlait leur a donné conseil tt de suite. Le Seigneur parle à ses enfants. Mais pour les autres, les adorateurs du dimanche comme je les appelle, ils ont été pris dans leurs pensées. La crise nous prend là où nous sommes : si nous sommes dans la foi, nous la vivons dans la foi. Si nous sommes rétrogrades, nous la vivons comme les gens du monde. Pas étonnant de voir tant de chrétiens faire les perroquets des fake news. Moi çàa me gênerait de défiler à côté de Lalanne, Bigard, Philippot, et de former un même corps avec des athées et des antisémites. 1co6:16

  • Que Dieu se révèle à vous ! Le vaccin est un poison pour le corps ! Ou est votre foi? Vous avez foi en des hommes sans foi ni loi, bien loin de Dieu qui cachent énormément de choses sur ces vaccins, qui se déresponsabilisent en cas de problémes …ces injections ont déjà fait des morts, ont cause de graves effets secondaires, des jeunes sont victimes de myocardites….comment pouvez-vous parler de l’amour pour Dieu et pour votre prochain ? Inciter des gens à se faire injecter des produits chimiques neuro-toxiques, alors qu’il y a des médicaments reconnus pour guérir de ce virus…..plus de 99% de personnes infectées ont guéri par elles-mêmes….

    Dieu ne nous a jamais demandé de nous faire injecter des produits chimiques toxiques dans le corps, encore moins pour engraisser les industries pharmaceutiques et pour pouvoir jouir des plaisirs de la chair (resto, voyages…..). Livrer son corps, qui appartient à Dieu, à ces païens sans conscience est anti-bibiblique…

    En qui avons-nous foi ? En notre Seigneur ou en ces hommes disciples de Mammon ?
    Il est écrit :
    Matthieu 16:17 Et ce sont ici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les démons en mon Nom; ils parleront de nouveaux langages; 18 ils saisiront des serpents; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal; ILS IMPOSERONT LES MAINS AUX MALADES, ET LES MALADES SERONT GUÉRIS…

    Jacques 5:14 Quelqu’un parmi vous est-il malade? Qu’il appelle les anciens de l’Eglise, et que les anciens prient pour lui, EN L’OIGNANT D’HUILE au Nom du Seigneur; 15 Et la prière faite AVEC FOI SAUVERA LE MALADE, et le Seigneur le relèvera; et s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés..
    Marc 5:25 Alors une femme malade d’une perte de sang, depuis douze ans, 26 QUI AVAIT BEAUCOUP SOUFFERT ENTRE LES MAINS DE PLUSIEURS MÉDECINS, ET QUI AVAIT DÉPENSÉ TOUT SON BIEN SANS AVOIR REÇU AUCUN SOULAGEMENT, MAIS QUI ÉTAIT PLUTÔT ALLÉE EN EMPIRANT tout son bien sans en avoir reçu aucun soulagement, mais qui était plutôt allée en empirant, 27 Ayant entendu parler de Jésus, vint dans la foule par-derrière, et toucha son vêtement. 28 Car elle disait: Si je touche seulement ses vêtements, je serai guérie. 29 Et au même instant la perte de sang s’arrêta; et elle sentit en son corps qu’elle était guérie de son mal.
    30 Aussitôt Jésus, connaissant en lui-même la vertu qui était sortie de lui, se tourna dans la foule, en disant: Qui a touché mon vêtement?
    31 Et ses disciples lui dirent: Tu vois que la foule te presse et tu dis: Qui m’a touché?
    32 Et il regardait tout autour, pour découvrir celle qui avait fait cela.33 Alors la femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui avait été fait en sa personne, vint et se jeta à ses pieds, et lui dit toute la vérité 34 Et Jésus lui dit: Ma fille, TA FOI T’A GUÉRI, ; va-t’en en paix, et SOIS DÉLIVRÉE DE TA MALADIE.
    Luc 18:8 Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l’homme viendra, TROUVERA-T-IL LA FOI SUR TERRE ?

    Que Dieu vous donne sagesse et discernement…

    • @Nadia
      « Dieu ne nous a jamais demandé de nous faire injecter des produits chimiques toxiques dans le corps, encore moins pour engraisser les industries pharmaceutiques et pour pouvoir jouir des plaisirs de la chair (resto, voyages…..). Livrer son corps, qui appartient à Dieu, à ces païens sans conscience est anti-bibiblique… »
      C’est pas si fréquent de rencontrer des chrétiens qui disent encore que le corps appartient à Dieu, et qu’il guérit toutes les maladies. C’est vraiment une bonne vision. Avec cette exhortation à la foi, vous êtes certainement une femme qui ne prends pas de médicaments chimiques toxiques (pour ne pas engraisser les industries pharmaceutiques) comme la pilule par ex, ni non plus anxyolitiques, antidéps, somnifères … j’en passe et des meilleurs.
      Tout ça c’est ds « produits chimiques toxiques » il y a qu’à voir les notices. Même le paracetamol peut tuer il paraît ^^. Un de mes potes chrétiens fume, et il ne veut pas du vaccin, parce qu’on a pas assez de recul, bla et bla, et que d’après lui il contient des produits neuro-toxiques. Et sur les paquets de tabac qu’il achète, c’est écrit en gros FUMER TUE. C’est surement pas votre cas, mais ça montre bien le coté selectif de notre » foi « … Et ça ne l’empêche pas de tenir le même discours que vous. Pareil.

  • « Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? » disait Jésus.(Matthieu 6:30)

    Ne lui avons-nous pas donné notre vie, n’est-elle pas entre ses mains ?
    Alors pourquoi chercher à tout prix à la conserver ? « Celui qui voudra sauver sa vie la perdra » (Marc 8:35)

    N’est Il pas tout-puissant, quelqu’un peut-il résister à sa volonté ?
    Les croyants choisissent-ils le jour de leur mort ?
    S’Il a décidé de reprendre le souffle qu’Il nous a donné, un vaccin pourra-t-il s’y opposer ?

    Nos contemporains se précipitent sur le vaccin pour pouvoir reprendre le cours de leur vie.
    Mais quand bien même le vaccin protégerait à 100 % de ce virus, les garderait-il des accidents de la route, du cancer, des AVC ?
    « Je dirais à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi.
    Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée  » (Luc 12:19)

    Quand Dieu a décidé de faire mourir les fils d’Elie parce qu’ils étaient méchants (1 sam 2:25), les médecins ont-ils pu quelque chose pour eux ?
    Toute la technologie moderne, tout l’argent du monde auraient-ils pu les maintenir en vie ? Un vaccin aurait-il fait mieux ?

    Ce vaccin est inutile a un croyant qui a sa vie cachée avec le Messie, en Dieu, car il est déjà mort : « Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. »(Colossiens 3:3)

    • Bonjour, contributeur/trice anonyme
      Vous avez dû remarquer que la petite fenêtre de dialogue proposée par le site pour publier votre commentaire comporte des champs prévus pour y glisser votre nom, votre email et éventuellement votre site si vous en avez un. Je préconise toujours de remplir ces champs car sinon, nous ne savons même pas si nous devons nous adresser à une femme ou à un homme. Un autre intérêt également est celui d’assumer personnellement son positionnement surtout pour des appels/exhortations tels que le vôtre. Je suis sûr que c’est un oubli.

      Vous dites que le vaccin est inutile à un croyant qui a sa vie cachée en Dieu, et je ne sais pas si vous êtes conscient(e) que cette assertion vous contraint mécaniquement à affirmer de manière péremptoire que les dizaines de chrétiens qui sont malheureusement décédés du covid (par exemple de l’église la Porte Ouverte de Mulhouse) n’étaient pas cachés en Christ. Et que partout dans le monde, les chrétiens qui sont atteints (par ce virus ou par un autre) ne sont pas cachés en Christ. Le problème de ce genre d’affirmation, (c’est une croyance) c’est qu’elle fait de la maladie un signe de non spiritualité. De là à dire que la maladie serait un signe de péché, il n’y aurait qu’un pas.

      Cette croyance doit être questionnée, afin qu’elle démontre sa véracité ou sa vacuité, c’est le seul moyen de révéler ce qu’elle contient vraiment, et où elle nous conduirait si nous l’adoptions. Alors allons-y : Un chrétien caché en Christ ne peut-il pas du tout tomber malade ? Et s’il tombe malade, le chrétien caché en Christ ne peut-il que guérir miraculeusement ? Un chrétien caché en Christ est-il empêché, par son positionnement en Christ, de s’autoriser à recourir à la médecine, la pharmacopée, pour se soigner, lui et ses enfants ? Je crois que parfois, la haute spiritualité à laquelle notre logique religieuse nous pousse, devient dénuée de bon sens.

      Par exemple, nous ne pouvons pas comparer le cas des fils du sacrificateur Elie (ou les fils du sacrificateur Aaron), qui meurent en flagrant délit de transgression dans le service du tabernacle, avec la mort d’un chrétien du covid. Ce serait tordre le sens de ces exemples, et surtout, cela reviendrait à dire que chaque mort est voulue de Dieu. Vous ne devez pas accepter de penser de cette manière. Il faut pousser plus loin votre réflexion.

      Vous avez cependant raison de dénoncer la peur de perdre la santé, qui est devenue une idole moderne. En réalité, nous avons tous plus ou moins cette peur en nous, que nous avons hérité de la Chute. Personne ne veut tomber malade, et c’est bien compréhensible.

      Votre choix personnel de ne pas recourir à la vaccination est respectable, mais pouvez-vous nous dire qu’il est seulement spirituel ? Ce choix n’est-il pas le résultat de quelque chose de plus complexe, dans lequel interviennent par exemple (en vrac) : le doute sur la réalité de la pandémie, la réalité de sa létalité, de sa contagion, le doute sur la composition des vaccins, le doute sur le manque de recul et de tests sur leur fiabilité, le doute sur la toxicité de certains d’entre eux, le risque de prendre une marque, etc. Si aucun de ces paramètres n’a influencé votre choix, et que vous y êtes indifférent(e) alors il s’est effectué uniquement sur une base spirituelle. Sinon, vous vous inscrivez vous-même dans la protection de votre vie et de votre santé. Comme les autres, mais pas de la même manière.

  • Un allié de poids en faveur du vaccin, sur la scène américaine : Donald Trump encourage ses partisans à se faire vacciner. Et forcément, il se fait siffler !
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/trump-siffle-par-ses-partisans-a-qui-il-recommandait-de-se-faire-vacciner_fr_6123935ee4b0e5b5d8ec014a

  • Je suis assez surpris par la naïveté des signataires de ce texte, naïveté d’autant plus impardonnable qu’à priori il s’agit là d’individus sérieux et cultivés, capable de mener une réflexion critique. Déjà, déclarer que la vaccination est un acte d’amour, c’était osé. Quand, de la tête à la base, la société dans laquelle nous vivons nous pousse dans une seule direction, on peut parler au mieux de nécessité (mais du coup, cela exclu la liberté et donc l’amour) au pire de conformisme.

    Le ton de l’article est, du reste, très péremptoire : moult affirmations peu ou mal expliquées. Je ne reviendrais pas sur ce qui concerne l’efficacité du vaccin, n’ayant pas les compétences pour en discuter. Il s’agit, à mes yeux, d’une question secondaire car je crois que le véritable problème, que cet article minimise, se situe dans la prise en charge de la crise par le gouvernement.

    Déclarer, par exemple, que « se faire vacciner ne s’oppose pas à la proclamation de l’Évangile. Au contraire, car la vaccination favorise une libre circulation des personnes, favorable à la circulation de l’Évangile ! », c’est oublier que les restrictions de circulation ont été imposées par l’Etat et ses organismes de contrôle. Par conséquent, ce n’est pas la vaccination elle-même qui permet de circuler à nouveau, mais uniquement l’autorisation du gouvernement. Aujourd’hui, cette autorisation est calibrée sur la validité de votre système immunitaire qui doit s’adapter à une norme. Demain ce sera autre chose, mais la méthode sera identique. Si vous voulez à nouveau être libre d’aller où bon vous semble, c’est donc sur l’Etat qu’il faut agir, pas sur votre système immunitaire. Et j’en profite pour poser une question : à partir du moment où un gouvernement s’autorise un droit de regard sur votre système immunitaire (on est au-delà du privé, on touche carrément à l’intime !), peut-on encore avancer que ce gouvernement-là n’a aucune prétention totalitaire ?

    On retrouve le même problème de manque de réalisme plus loin : « Ce contre quoi l’Apocalypse de Jean mettait en garde les chrétiens du premier siècle, c’est un acte d’allégeance à un pouvoir qui prend la place de Dieu. »

    Comment ne pas voir qu’aujourd’hui encore, le pouvoir prend la place de Dieu (oui, même en France et pas uniquement dans les horribles dictatures orientales) ? Certes, il n’exige pas l’adoration (par contre, il exige une obéissance quasi absolue). Mais quand l’Etat prétend assurer seul notre santé, notre éducation, notre sécurité etc. Quelle place reste-t-il à Dieu concrètement ? À ce stade, la foi ne pourra plus être un engagement total du quotidien, un risque qu’un individu responsable prend seul face à son Dieu : tous ses besoins sont déjà satisfaits par l’Etat.

    J’ai l’impression qu’au final, les membres du commité éthique sont restés bloqués dans une vision anachronique de l’Etat qui les empêche de voir l’idolâtrie dans les formes nouvelle qu’elle prend aujourd’hui. Croire que nous sommes encore dans une démocratie, que l’obligation vaccinale n’est pas le signe d’une dictature, c’est manquer de recul ; la Ve République, comme son nom l’indique, n’a jamais été une véritable démocratie. Affirmer que nos libertés ne sont pas en danger, alors qu’à deux reprise déjà l’Etat a réussi ce tour de force d’enfermer l’intégralité de la population du pays pendant plusieurs mois, c’est grotesque. Avancer que « nous chrétiens, avec d’autres, nous devons rester attentifs et veiller à l’équilibre entre liberté et sécurité sanitaire. », c’est manifester à quel point « nous chrétiens » sommes en retard d’un bon demi-siècle sur les combats actuels : il ne s’agit plus aujourd’hui de veiller à un équilibre liberté-sécurité. Il s’agit de le restaurer, parce que la sécurité a largement pris le dessus au détriment du reste, de tout le reste. C’est-à-dire que, au nom de la sécurité, on va empêcher des hommes et des femmes de vivre une vie décente. Personnellement, je ne peux en tant que chrétien souscrire à un tel programme. Ce serait trahir l’espérance que j’ai reçu en Christ.

    • Bonjour Joseph, merci pour votre réaction.

      Vous dites : « Je ne reviendrais pas sur ce qui concerne l’efficacité du vaccin, n’ayant pas les compétences pour en discuter. Il s’agit, à mes yeux, d’une question secondaire car je crois que le véritable problème, que cet article minimise, se situe dans la prise en charge de la crise par le gouvernement ».

      Vous avez parfaitement le droit de ne pas être d’accord avec la position prise par la commission d’éthique protestante évangélique, ou celle de l’association des médecins chrétiens romands, ou d’autres encore. Ce que je ne comprends pas, c’est que vous dites que vous n’avez pas les compétences pour discuter de la pertinence du vaccin (c’est tout à votre honneur de le préciser) mais vous condamnez leur position — qui traite justement de la pertinence de la vaccination. Étrange contradiction ! Car on le comprend en vous lisant, vous êtes bel et bien opposé aux mesures sanitaires.

      Vous dites : «… on peut parler au mieux de nécessité (mais du coup, cela exclu la liberté et donc l’amour) au pire de conformisme.»

      Je pense que vous avez tort de dissocier la nécessité d’un choix d’avec l’amour et avec la liberté : Paul dit «Si j’annonce l’Evangile, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée » (1 Cor. 9/16). Nous savons vous et moi que Dieu n’a rien imposé à Paul, mais que c’est sa propre conscience, face à ce que Dieu lui a pardonné, et à l’immense enjeu de prêcher la résurrection, qui s’impose à sa volonté et donc à sa liberté. Et que c’est par amour qu’il l’a fait.

      Vous dites : « c’est oublier que les restrictions de circulation ont été imposées par l’Etat et ses organismes de contrôle … peut-on encore avancer que ce gouvernement-là n’a aucune prétention totalitaire ? »

      Visiblement, vous faites partie des personnes qui attribuent la responsabilité des contraintes « au gouvernement et ses organes de contrôle », dans une rhétorique qu’on retrouve dans la plupart des discours complotiste. Je ne dis pas que vous l’êtes, je dis que votre raisonnement est compatible.

      Par exemple, vous dites : « Si vous voulez à nouveau être libre d’aller où bon vous semble, c’est donc sur l’Etat qu’il faut agir, pas sur votre système immunitaire. »
      Ici, nous sommes dans une rhétorique complotiste de type Qanon, avec du sous-entendu de type action contre le gouvernement : que voulez-vous dire par « c’est donc sur l’État qu’il faut agir » ? Voter ? Manifester ? Appeler à la résistance citoyenne ?

      Autre exemple, vous dites : « Affirmer que nos libertés ne sont pas en danger, alors qu’à deux reprise déjà l’Etat a réussi ce tour de force d’enfermer l’intégralité de la population du pays pendant plusieurs mois, c’est grotesque. »

      De votre point de vue, les confinements (partout dans le monde) sont des moyens coercitifs qui nous pénalisent. De mon point de vue, ce sont des mesures de protection. Déjà, à partir de là, tout nous sépare sur le sujet. Mais ce n’est pas le plus important à mes yeux : c’est dans l’analyse spirituelle que nous accusons la plus profonde divergence : pour vous, le gouvernement est responsable, coupable de totalitarisme. Pour moi, c’est Dieu qui est à l’origine de tout ça, ce n’est pas le ou les gouvernements, ou les puissants de la terre, ou les laboratoires pharmaceutiques, les juifs, les démocrates, les chinois ou les satanistes ou tout autre bouc émissaire dont ont besoin les simples. Nous pouvons choisir de croire que les confinements ont sauvé des vies, ou choisir de croire que ce sont des mesures scandaleuses pour nos libertés. Dans un cas comme dans l’autre, ça en dira long sur la conformité de nos sentiments avec ceux qui étaient en Jésus-Christ, lequel n’a pas regardé … (Philippiens).

      À vous lire attentivement, on sent que la liberté est une chose primordiale. Vous avez raison, bien sûr, mais est-ce bien l’exemple du modèle de Christ? Ne devrions-nous pas nous exhorter mutuellement à viser la direction qu’il suivait ? La notion de liberté que défendent certains chrétiens d’aujourd’hui ne sent pas beaucoup la croix quotidienne, c’est-à-dire l’habitude de renoncer à sa volonté propre, renoncer à affirmer ses droits ou pire à les revendiquer. Cela, cette humilité-là, ce n’est jamais une posture. Une manière de reconnaître la bonne odeur de Jésus-Christ et son caractère qui parfois peut sembler naïf, aux yeux du vieil homme. Ou manquer de réalisme.
      Avec vaccin ou sans vaccin, soyons zélés pour les bonnes œuvres : servons l’Éternel, non à notre idée, mais en comprenant quelle est la volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite, même quand nous devons y perdre apparemment – et pour un peu de temps – une chose à laquelle nous tenons. C’est cela qui donne du pris à notre foi. C’est cela aussi, acheter de l’or éprouvé par le feu.

  • Bonjour Jerome,

    Merci pour votre réponse détaillée, qui me permettra notamment de préciser quelques points de ma pensée. Débattre par écrans interposés est un exercice périlleux, j’espère avoir bien compris vos propos. Si d’aventure je venais à déformer le sens de vos paroles, je m’en excuse.

    Si je condamne la position du commité d’éthique, c’est surtout pour ce que j’estime être une sous-estimation des rapports de pouvoir qui, aujourd’hui, s’exercent derrière l’acte vaccinal en France. On ne devrait pas défendre, avec une autorité qui est celle du commité, une position quelconque sans prendre en considération tous les aspects du problème (politiques, sanitaires, spirituels…).

    Alors oui, puisque ma réponse porte beaucoup plus sur l’aspect politique et social de la question, mon discours peut paraître adaptable aux thèses complotistes. Mais je dois faire ici une précision importante : je ne peux que vous rejoindre dans la mise en garde contre la construction de boucs émissaires (ceci dit, je n’irais pas jusqu’à avancer que seuls les « simples » en ont besoin. À moins de considérer l’ensemble de l’humanité comme des « simples », tant ce mécanisme se retrouve partout et à toute époque…). Quand je dis « Etat » ou « gouvernement », je ne vise pas une tranche d’individus que je considèrerais comme coupables ou malveillants. Je n’avance pas la thèse du complot, façon « protocole des Sages de Sion ». Non, je désigne plutôt l’Etat comme organisme, institution de contrôle. Ce que la Bible nous décrit comme étant une idole (il faut relire 1 Samuel 8, où le prophète explique très bien que le peuple, par ses attentes, génèrera un pouvoir contraire à l’ordre divin).

    Vous déclarez croire que c’est « Dieu qui est à l’origine de tout cela ». De quoi parlez-vous exactement, de la pandémie ou des contraintes sanitaires ? Car autant je veux bien considérer que la pandémie est une expression du Jugement (liée à la mauvaise conduite des hommes), autant je maintiens que ce qui relève de la gestion de la pandémie (traduit théologiquement, ce serait alors la manière de recevoir le jugement divin) relève de la responsabilité de l’Etat (et donc de nous, citoyens qui nous soumettons à ses consignes sans poser suffisamment de questions, j’aurais dû le préciser dans mon premier message pour éviter l’effet « bouc émissaire »). Si l’Eglise avait ici un rôle à jouer, ce serait dans l’appel à la repentance et la prière, pas dans l’injonction à se faire vacciner…

    Vous me demandez « que voulez-vous dire par « c’est donc sur l’État qu’il faut agir » ? Voter ? Manifester ? Appeler à la résistance citoyenne ?  » Si seulement j’avais une réponse à vous offrir ! Mais la situation est telle, nos moyens d’actions si limités et dérisoires, que je ne vois pas aujourd’hui ce qui serait possible. L’impasse est réelle : ou nous nous plions aux contraintes imposées par le gouvernement, et la porte est ouverte à la dictature (car j’ai peu d’espoir : les moyens mis en place pendant la crise vont être réemployés à l’avenir pour d’autres occasions, et pourquoi pas à terme la limitation de la liberté de culte), ou une résistance se met en place qui finira sans doute dans un bain de sang et l’instauration d’une autre dictature. Le croyant que je suis ne voit qu’un recours à la prière. D’ailleurs, j’ose avancer que vous serez sans doute arrivé à la même conclusion de la nécessité actuelle de la prière puisque vous pensez que c’est Dieu qui est à l’origine de tout cela.

    En parlant de nécessité, je ne suis pas sûr que l’exemple de Paul soit ici pertinent pour défendre le tandem nécessité/amour ; l’annonce de l’Evangile relève ici de la vocation, de la mission que Dieu lui a confié. S’il y a nécessité, c’est aux yeux de Paul seul dans le cadre de sa relation au Seigneur. Il ne peut se soustraire à cet appel, comme Jonas ne pouvait pas non plus se soustraire impunément à l’appel de prêcher à Ninive (on peut en citer d’autres encore : Moïse, Gédéon…). Mais aux yeux du monde, l’annonce de la Parole de Dieu n’est pas considéré comme une nécessité ! Je crois même que la nécessité de l’ordre que Dieu adresse à l’homme est précisément un facteur de libération vis-à-vis des nécessités de ce monde (mais on s’éloigne peut-être du sujet…) ! Alors, sauf à considérer que l’Etat est le porte-parole du Seigneur, et que le matraquage publicitaire que nous subissons depuis quelques mois au sujet du vaccin soit l’expression de la volonté divine, je ne pense pas pouvoir rapprocher la nécessité dont parle Paul de la nécessité qui nous bouscule actuellement.

    Enfin, je terminerai ce message déjà beaucoup trop long par le problème de la liberté, que vous avez eu raison de souligner. J’ai conscience qu’ici le terrain est glissant, tant le monde s’est saisi de ce mot pour en faire une idole, et écraser son prochain au son nom de tel ou tel droit à la liberté. Mais quand je regarde Christ, je vois un homme libre. Et oui, vous avez mille fois raison de citer le magnifique texte de Philippien : Jésus qui n’a pas regardé comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu, et toute l’aventure de la théodicée. Mais c’était justement là l’acte de liberté ultime de Dieu, que de se dépouiller de sa puissance pour servir (et mourir pour) les hommes et les femmes. Mais pour être capable d’un tel dépouillement, d’un tel renoncement à sa puissance (et donc à ses libertés !), encore faut-il avoir ce pouvoir, cette puissance. Or, ce que j’observe dans ma vie et chez mes proches, c’est l’impuissance à se défendre face à l’Etat, l’impossibilité d’agir sur telle ou telle décision politique. Je ne dis pas qu’il faut systématiquement s’opposer au gouvernement, je souligne simplement qu’en ce domaine, notre liberté est très limitée et cela ôte de la valeur à notre obéissance qui n’est dès lors plus un acte libre motivé par l’amour, mais un conformisme pur et simple. De même, je serais tout à fait d’accord avec le commité d’éthique si aucune pénalisation ne pesait sur les personnes qui choisiraient de ne pas se faire vacciner, s’il n’y avait pas une telle pression sur nos épaules, bref s’il s’agissait là d’un véritable acte libre pouvant donc exprimer mon amour du prochain. Mais voilà, nous vivons dans un monde révolté qui préfère placer sa confiance dans ses moyens techniques, quitte à écraser ceux qui ne partagent pas cette confiance prométhéenne. On peut accorder sa confiance en la technique, on peut proclamer cette confiance et s’aligner sur le discours de l’Etat, mais de grâce ne maquillons pas cela avec un discours chrétien sur l’amour du prochain et l’ordre de Dieu. Prenons les choses pour ce qu’elles sont, sans plus : une tentative humaine, donc limitée et faillible, pour esquiver la mort.

    Faut-il le préciser ? Ce que j’ai écrit là découle d’une position personnelle qui ne peut être normative (et qui est, de plus, relative à une situation donnée et donc susceptible d’évoluer). Ma seule ambition est d’avoir pu souligner ce qui me semble être une limite importante de la lettre du commité d’éthique en faveur de la vaccination. Si ces deux pavés (trois, peut-être quatre en comptant vos réponses) ont pu en amener un ou deux à se poser des questions et nuancer leurs prises de positions, je m’estimerai heureux. Pour ma part je vais continuer à méditer vos propos sur l’imitation du Christ et la recherche de la volonté divine hic et nunc. Il y a là une part de sagesse que je serais fou d’ignorer.

    • Cher Joseph,

      Merci pour le temps pris pour expliciter votre pensée. Votre raisonnement est parfaitement cohérent, mais votre argumentaire est au service de votre colère, dont l’épicentre est votre liberté (et celle de vos concitoyens).
      C’est ce que je trouve contestable, bibliquement parlant, comme je l’ai exprimé hier (nous échangeons ici sur le terrain de la foi, et du royaume de Dieu et pas sur celui des nations et des actions gouvernementales).

      Parce que c’est la gestion personnelle de sa liberté qui a provoqué la chute de l’homme : c’est la divergence de la manière de penser divine, qui comportait une restriction de la liberté, et donc un sacrifice à consentir. Bien sûr, c’est une question qui n’a rien à voir avec la situation actuelle au niveau du contexte, mais qui a tout à voir au niveau du principe spirituel.

      Nous ne pouvons pas envisager notre présence dans ce monde sous le signe d’une liberté qui nous permette d’être maître de notre destin. C’est le fondement de l’illusion spirituelle. Parce que le monde entier est sous la puissance du Malin (1 Jean 5/19). Nous devons donc intégrer et nourrir une autre vision de la liberté, qui n’est jamais pour le chrétien un objet à conquérir ou à défendre « si on te frappe sur la joue … si on te prend ta tunique … » (Matthieu 5/39). Aujourd’hui, même si je mesure bien ce qui peut me séparer de cette position en Christ — car être en Christ, c’est être aussi dans ce sentiment-là — je veux affirmer qu’elle est la position juste. Ce qui va donner un cadre spirituel à ma conception de la liberté, qui va influer sur ma manière de la vivre dans le domaine naturel.

      Il est impossible d’être un chrétien de Christ et manifester dans la rue pour la défense de sa liberté individuelle. Parce qu’on devrait être occupé à y renoncer pour Le servir. Et celui qui a renoncé à sa liberté pour Le servir, peut-on imaginer qu’il aura peur de la moindre restriction ? Certainement pas. Comme vous le disiez justement, celui qui a renoncé à sa liberté est celui qui est réellement libre.

      Les cris des chrétiens contre le passeport sanitaire sont la preuve, à mon avis, qu’ils n’ont pas encore compris à quel endroit le Seigneur les attend. Ils sont scandalisés : attitude naturelle compréhensive, mais spirituellement contestable. Comme je le disais hier, tout ça ne sent pas beaucoup la croix quotidienne, et donc ne peut pas sentir non plus le discours de disciple. Je ne dis pas que le disciple qui a renoncé à sa liberté, ou qui y travaille quotidiennement, ira ou n’ira pas se faire vacciner. Je dis qu’il percevra la question à partir d’une base différente que celle de la chair, qui peut être très prolixe et très spirituelle. Et la pierre de touche, ce sera une position sans violence et sans colère.

    • @Joseph :  » la porte est ouverte à la dictature » ?
      Aujourd’hui, 20 ans après les attentats du 11 septembre, je me souviens de tout ce qui a été dit sur le « Patriot Act » voté dans l’urgence et qui a donné les pleins pouvoirs à l’administration Bush pour traquer les terroristes. C’était hyper liberticide, dans un pays hypersensible au sujet (voir le recours au 2è amendement pour justifier le marché des armes en vente libre à n’importe qui). L’État s’est donné tous les droits, vraiment. Bilan 20 après ? Peanuts. Pourtant, ça sentait vraiment la dictature. Il faut peut-être se calmer. Dans un aquarium, les poissons voient tout avec un effet loupe. Et les ennemis sont comme des géants.

  • Bonjour Colibri,

    J’aimerais quand même faire remarquer que les poissons qui ne se sont pas faits piqués ne peuvent plus nager librement dans l’aquarium ou plus grave encore vont être privés de tout moyen de subsistance ! Il y a effectivement une aliénation qui est infligée à ceux qui ne veulent pas se faire injecter ce “poison “. Ce que je trouve choquant dans les propos de la commission d’éthique protestante évangélique, c’est qu’elle tient le discours officiel sur la vaccination et le présente comme étant vrai et digne de confiance ! S’il y a de la désinformation sur les réseaux sociaux, il y en a aussi dans les médias officiels ! C’est le tohu-bohu. En peu comme en Genèse 1:2 Et dans cet état de désordre et de dégénérescence, Dieu va agir par la séparation. Il sépare la lumière d’avec les ténèbres, les eaux d’avec les eaux par une étendue, les eaux d’avec le sec. Dieu avec Abraham va aussi agir par la séparation : le signe de l’alliance entre Dieu et Abraham est la circoncision qui consiste à trancher, à séparer ce qui est de la nature humaine de ce qui est de l’Esprit. Aujourd’hui encore dans cet épais brouillard actuel, Dieu va agir par la séparation de ce qui en nous est du raisonnement et comportement humain et terrestre d’avec ce qui est de la nature céleste qui a été implantée en nous et qui nous fait avoir les désirs de l’Esprit et marcher selon l’Esprit…

    Dieu est au-dessus des déterminismes et il nous est demandé de prier pour les autorités afin de pouvoir mener une vie paisible et tranquille ( 1Ti2:2) Et prier aussi avec véhémence pour tous nos frères et sœurs persécutés qui vivent déjà l’horreur dans leur vie quotidienne.

  • La suisse impose maintenant aux églises de demander le pass sanitaire pour les réunions de plus de 50 personnes.
    On va pouvoir se retrouver dans la situation suivante : un chrétien fidèle non vacciné (pour des raisons qui lui appartiennent mais qu’il est dangereux de juger) sera privé de la communion fraternelle alors qu’un chrétien charnel vacciné par exemple à la seule fin de pourvoir continuer à aller au cinéma ou toute autre activité mondaine pourra rentrer prendre la sainte cène.
    Seigneur !

    • Bonjour Michel

      Vous parlez d’un « chrétien fidèle non vacciné pour des raisons qui lui appartiennent mais qu’il est dangereux de juger » et je trouve cette phrase intéressante. Elle pourrait d’ailleurs se décliner à l’inverse : « un chrétien fidèle vacciné pour des raisons qui lui appartiennent et qu’il est dangereux de juger ». Bon je ne vois pas pourquoi vous avez choisi l’adjectif « dangereux » mais la vraie question n’est pas là : selon Romains 14, on ne devrait pas juger des choix des uns et des autres. Point barre.
      Mais je me pose une question : ailleurs, le même Paul encourage au jugement, à l’arbitrage et même à la sanction : « Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. Qu’ai-je, en effet, à juger ceux du dehors ? N’est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger? Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous. » (1 Cor. 11 à 13).

      Il y a de quoi réfléchir, j’imagine ! Le dernier numéro de la revue Christianisme Aujourd’hui nous apprend que « 43% des habitants de Suisse auraient rompu leurs relations avec leurs amis, connaissances ou collègues de travail en raison de divergences profondes sur l’obligation vaccinale. Et 20% supplémentaires ont vu leurs relations humaines s’altérer pour cette même raison. Le thème du pass sanitaire et plus généralement celui des bienfaits ou des méfaits de cette vaccination est à l’évidence extrêmement clivant ». D’où peut-être le choix de votre adjectif …

      En réalité, nous devrions être en mesure de juger de tout, dans le sens de discerner : c’est la raison pour laquelle l’assemblée du Seigneur est la colonne et le soutien de la vérité (1 Timothée 3/15) : ça ne vaut pas seulement sur le plan doctrinal.

      Nous sommes prompts à dire que le monde va mal et que c’est la confusion partout, mais on voit une telle division parmi les chrétiens ! Ce n’est pas normal et je crois que ça pointe une chose très grave.
      Demain, dans 6 mois, ou plus, la vérité finira par apparaître : si le vaccin était dangereux ou pire, cela se verra. S’il était non dangereux et un bon moyen de protection, cela se verra. Et il faudra juger, dans le sens biblique du terme, mais également dans le sens pénal, car dans un cas comme dans l’autre, nous allons au-devant d’une fracture encore plus profonde que celle que nous vivons.

      Je ne crois pas que la vraie question soit la limitation de votre liberté d’aller au culte, Michel.

  • Pour ce qui est de l’efficacité du vaccin c’est tout vu : israel, précurseur en la matière ( ils vaccinent depuis décembre 2010) est en train de dire qu’il faudra une 4 éme dose!
    En attendant, tous ceux qui n’ont pas eu la 3 ère dose sont considérés comme … non vaccinés !
    De quoi faire dire tout ce qu’on veut aux chiffres.

    Et donc pour vous qu’on empêche le rassemblement de croyants au nom d’un vaccin ne vous pose pas question ?

    • Michel
      Votre communication sur Israël est au mieux incomplète et au pire malhonnête. D’après LaCroix (et bien d’autres) même si l’État Hébreu fait figure de bon élève de la vaccination, seulement 60% des 9,3 millions d’habitants ont reçu deux doses. La moitié des nouvelles infections se comptent parmi les 2,5 millions de jeunes qui ont pris le chemin de l’école début septembre. Plus de 2 tiers des cas graves sont à répertorier chez les personnes non-vaccinées dont une forte proportion se trouve dans les milieux religieux ultraorthoxes, très opposés.

      Sinon, pour vous répondre, je n’ai pas dit que les empêchements de rassemblement de croyants ne posaient pas de question, j’ai dit que la vraie question (spirituelle) était ailleurs. Par exemple, pour ceux qui se rassemblent pour devenir pire (et non pour devenir meilleurs), c’est plutôt une bénédiction (1 Cor. 11/17) !

      Plus sérieusement, on ne peut pas en même temps faire le constat d’une église refroidie, d’un christianisme mondain, d’un recul de la vraie foi, des désaffections, du manque d’engagement, de la volatilité des membres, et s’étonner qu’ils réagissent comme des gens à la mentalité mondaine dans un problème qui nécessiterait un vrai discernement, puisé sur ses genoux et pas sur les réseaux sociaux …

      Je ne connais aucun disciple de Christ à qui une restriction TEMPORAIRE pour protéger la collectivité ferait peur. L’homme spirituel est libre partout, rien ne peut entraver sa foi et son service. Son culte raisonnable, c’est d’offrir sa vie pour le service de la volonté du Seigneur (Rom. 12). Et un passeport sanitaire ne lui est ni nuisible, ni profitable. On ne devrait pas s’étonner que ceux qui jouent d’habitude à l’église, se retrouvent à jouer aujourd’hui aux chrétiens persécutés, alors que leurs privilèges ont été sauvegardés.

  • Bonjour Jérôme,
    Je suis d’accord avec toi, mais pour la question du  »TEMPORAIRE » cela n’en prend pas le chemin apparemment vu que l’objectif du gouvernement c’est l’immunité collective grâce aux vaccins, mais que ceux ci ce montre bien moins efficaces contre les variants.

    • Bonjour Michaël
      La question du TEMPORAIRE est tout à fait centrale. Je ne pense pas que ce soit ton cas, mais une partie du discours soupçonniste s’articule justement à cet endroit : le durable du pire. La transformation de la société, la dégradation des conditions de vie, le glissement dans le totalitarisme, par le fichage, la surveillance, la perte des libertés, etc.
      En fait, peu importe ce que font les gouvernements : aussitôt que nous aurons les bons signaux, la société de consommation reprendra ses droits et territoires, parce que c’est le poumon de nos économies, et le centre de gravité du Monde. Rien ne pourra arrêter ça. Déjà on parle de retirer le Pass Sanitaire des régions qui souffrent moins de contagions. Ce n’est pas de l’optimisme, ni même du calcul : c’est une bête évidence.
      Que le gouvernement vise l’immunité collective ou pas, il n’a qu’une hâte : que la vie reprenne normalement et que les gens dépensent, empruntent, et dépensent, même ce qu’ils ne possèdent pas.
      Nous sommes déjà entrés dans le temps de l’après crise, et il y a quelques ardoises qui vont faire du bruit, parmi les gestionnaires, c’est normal, mais aussi parmi les faux prophètes.

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