L’acronyme EVARS signifie « Espace Vie Affective, Relationnelle (et Sexuelle) ». C’est un programme de l’Education Nationale, mis en place en 2025, qui s’adresse à tous les élèves, de la maternelle au lycée, de tous les établissements publics et privés sous contrat (y compris catholiques).
L’État définit ainsi l’objectif de ce programme : « L’éducation à la vie affective et relationnelle promeut des relations respectueuses à soi et aux autres, l’égalité de considération et de dignité, en particulier l’égalité entre les femmes et les hommes ; elle contribue à la lutte contre toutes les discriminations et à la prévention des différentes formes de violences, dont les violences sexistes et sexuelles. Elle vise à construire une culture commune de l’égalité et du respect ».
Plusieurs raisons sont invoquées à la mise en place de ce programme, et notamment la défense de l’intégrité des enfants. D’après la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, 5,4 millions de femmes et d’hommes adultes en ont été victimes dans leur enfance ; l’impunité des agresseurs et l’absence de soutien social donné aux victimes coûtent 9,7 milliards d’euros chaque année en dépenses publiques. Les deux tiers de ce coût résultent des conséquences à long terme sur la santé des victimes.
Mais comme le démontre la suite de cet article, il existe d’autres raisons mois avouables.
EVARS : un cheval de Troie spirituel (un de plus)
L’éducation à la sexualité fait partie de ce programme (c’est le S de EVARS) : il s’agit d’un sujet sensible, qui s’est installé difficilement dans le système éducatif, se heurtant aux réticences parentales depuis son entrée officielle dans les programmes au début des années 1970[1]. En consultant l’historique complet on se rend compte de l’insistance à faire entrer l’éducation sexuelle à l’école, et la résistance qui lui a été depuis toujours opposée par les parents. Et c’est seulement en 2001, à la suite du vote de la Loi du 4 juillet sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et la contraception, que l’éducation à la sexualité devient obligatoire dans les écoles, les collèges et les lycées (au moins trois séances par an). Elle ajoute à l’aspect initial de prévention : les questions sociétales (égalité filles-garçons, violences sexuelles, pornographie…). L’EAS entre dans le code de l’éducation (articles L121-1 et L312-16 à L312-17-2).
Jusqu’en 2024, le gouvernement a tenu compte de l’opposition de l’enseignement catholique et des associations familiales, réticentes à la mise en place du programme EVARS. Mais c’est sous la pression de certaines associations, qui se sont donné pour mission de contester le genre biologique, et de prêcher les orientations sexuelles alternatives à l’hétérosexualité, que les choses ont fini par bouger.
En effet, en décembre 2025, une plainte de plusieurs de ces associations a entraîné une condamnation de l’État pour manquement à son obligation d’organiser des séances d’information et d’éducation à la sexualité prévues par la loi de 2001[2]. Sur le site du Tribunal Administratif de Paris, on trouve ce résumé de la décision « Saisi par plusieurs associations, le tribunal administratif de Paris a constaté que cette mission d’information et d’éducation n’avait pas été assurée de façon systématique … Il a jugé que la carence de l’Etat constituait une faute et l’a condamné au paiement de l’euro symbolique que réclamaient les associations en réparation de leur préjudice moral. »
« Saisi par plusieurs associations » : lesquelles ? En téléchargeant la décision officielle, on le découvre : « Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mars 2023 et 30 juin 2025, les associations Le Planning Familial[3], Sidaction[4] et SOS Homophobie[5], représentées par Me A. et Me R, demandent au tribunal … ».
Ces trois associations militent ouvertement « à promouvoir une éducation complète à la sexualité, en agissant pour une systématisation des interventions en milieu scolaire et en veillant à ce que ces interventions soient inclusives pour les jeunes LGBT+ ». Nous trouvons ici une sorte de centre de gravité de leur action.
Derrière le masque : le vrai visage
La conclusion qui s’impose, c’est que le programme EVARS représente un intérêt certain pour les associations qui se sont donné pour mission de promouvoir les orientations sexuelles autres que l’hétérosexualité. Il leur permet de faire infuser un modèle progressiste (comprendre : le contraire du modèle conservateur, c’est-à-dire chrétien), dès le plus jeune âge. Si elles ne peuvent pas être soupçonnées de ne pas rechercher le bien des enfants (selon leurs critères), leur démarche peut être légitimement contestée et estimée condamnable, au nom des critères chrétiens (bien qu’elle soit légale). C’est la règle de la liberté d’expression.
Il est même permis de penser que ce projet de société, conçu par une morale anti-Christ, pour une société sans Dieu, ira vraisemblablement plus loin que ce qui est affiché, comme nous avons pu le voir avec l’émergence de la « théorie du genre » : en 2013, le gouvernement a nié ouvertement qu’il existait un projet de contestation du genre biologique et un projet de démarche anti-genre. Et la suite est bien connue.
Le texte de la loi prévoit par exemple « … au moins trois séances par an adaptées à chaque âge » : cette approximation volontaire pourrait très bien laisser place à une interprétation plus engagée. De même, le programme prévoit de préserver le cycle primaire, mais les directives laissent là aussi place à une certaine interprétation. De même encore pour les « autres intervenants extérieurs » (autres que les équipes pédagogiques) pouvant être associés aux séances de sensibilisation : les associations LGBT+ ne sont pas citées, mais elles pourront être mandatées, parce qu’elles ont fait ce qu’il fallait pour être référencées.
Pendant ce temps, le probable vrai coupable passe sous le radar
Dans son rapport de 2023, l’ARCOM (Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique) révèle que les enfants sont déjà exposés à des images pornographiques avant l’âge de 10 ans. À partir de 12 ans, plus de la moitié des garçons consultent des sites pornographiques chaque mois, et ce chiffre grimpe à deux tiers entre 16 et 17 ans. Cette exposition constitue un traumatisme profond car les enfants n’ont pas les clés de compréhension pour appréhender la violence de ces images. Les psychologues et pédo-psychiatres alertent sur le fait que l’accès à la pornographie est une atteinte grave à la santé mentale et à l’intégrité psychique des enfants.
Par ailleurs, des études nord-américaines indiquent que la confrontation aux codes pornographiques amènerait les adolescents à considérer davantage les femmes comme des objets sexuels. Au Royaume-Uni, une enquête révèle que 42 % des garçons estiment que la plupart des filles apprécient les actes d’agression sexuelle.
Il n’est pas besoin de faire de grandes études pour comprendre qu’il vaudrait mieux leur couper à l’accès à la pornographie, plutôt que de confier à l’État, à des personnels non-formés ou pire : à des associations de la sphère LGBT+, la mission de sensibiliser les garçons au respect des filles dans leurs pratiques sexuelles à venir ? Mais cette réflexion, pour pertinente qu’elle soit, manque cruellement de réalisme.
Imaginer que quelqu’un pourrait débrancher la prise relève complètement de l’utopie … dans ce Monde présent. Même si on assiste à quelques timides initiatives qui vont dans le bons sens : car le réseau internet est parvenu à un niveau d’offre pornographique tellement élevé[6] que le marécage ne peut plus être assaini. Les fabriques d’images destructrices tournent à plein régime, et augmentent chaque jour
Analogies bibliques
La Bible parle de deux époques distinctes durant lesquelles les enfants ont été la cible de l’ennemi du peuple de Dieu. La première se situe au temps de la naissance de Moïse, où les instances de l’Égypte ont tout fait pour affaiblir Israël en cherchant à éliminer toute une génération de nouveau-nés. Dans le Psaume 117, Pharaon est appelé « le dominateur des peuples » et il est un type du diable. Quant à l’Égypte, elle représente le Monde constitué des sociétés sans Dieu, et qui sont adversaires de Dieu, lui opposant leur modèle centré sur l’humain.
La seconde période de l’Histoire biblique qui nous montre un ciblage des enfants, se situe au temps de la naissance de Jésus, avec le « massacre des innocents », qui ont été les victimes collatérales de la peur du roi Hérode de voir se lever un Messie.
Dans les deux cas, ces générations cachaient un libérateur, c’est-à-dire un instrument de Dieu pour libérer son peuple. Il ne fallait pas qu’il naisse, et s’il était né, il ne fallait pas qu’il grandisse. Il ne fallait pas qu’il ait l’opportunité d’être formé par l’Esprit de Dieu. Et dans l’éventualité où il serait formé par l’Esprit de Dieu, il faudrait multiplier dans sa vie tout ce qui pourrait être utilisé afin de l’amener à déchoir, et à perdre lui-même son appel, comme Samson ou comme Salomon. C’est donc une guerre spirituelle qui est menée en arrière-plan, contre le royaume de Dieu sur Terre, incarné par l’Église, le corps des croyants.
Aujourd’hui, la seule manière de protéger les enfants durant leur scolarité semble être de recourir à l’éducation chrétienne, ou toute autre formule privée hors contrat. Car les parents ne peuvent plus s’opposer à ce que leurs enfants suivent les cours du programme EVARS : ils n’en ont plus le droit. Un amendement récent à la loi supprime désormais l’obligation, pour les établissements scolaires, d’informer en amont les parents de la date et du contenu des séances. Cette mesure a été adoptée sous la pression de plusieurs syndicats enseignants qui s’inquiétaient que certains parents n’envoient pas leur enfant à l’école ces jours-là.
Pour les parents chrétiens (mais pas seulement), pour les pasteurs et les églises, le sujet revêt une importance de plus en plus grande, à mesure que l’Heure avance. Mais en réalité, c’est plus largement un affrontement civilisationnel, avec en toile de fond le durcissement d’une influence, d’un esprit, qui travaille d’une manière méthodique à déformer, voire à défigurer, tout ce qui a été créé à la ressemblance de Dieu.
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[1] En 1973 avec la circulaire Fontanet : début des cours d’information et d’éducation sexuelle. Elle distingue l’enseignement scientifique et biologique (procréation) intégré dans le programme du secondaire et obligatoire et une éducation sexuelle facultative en dehors des cours, avec l’accord parental.
[2] L’éducation à la sexualité est inscrite dans le Code de l’éducation (articles L. 121-1 et L. 312-16) depuis la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001. « Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupes d’âge homogène. Ces séances présentent une vision égalitaire des relations entre les femmes et les hommes. Elles contribuent à l’apprentissage du respect dû au corps humain. Elles peuvent associer les personnels contribuant à la mission de santé scolaire et des personnels des établissements mentionnés au premier alinéa de l’article L. 2212-4 du Code de la santé publique ainsi que d’autres intervenants extérieurs conformément à l’article 9 du décret n° 85-924 du 30 août 1985 relatif aux établissements publics locaux d’enseignement. »
[3] L’association … défend le droit à la contraception, à l’avortement, l’éducation à la vie affective et sexuelle.. Elle dénonce et combat toutes les formes de violences et de contraintes envers les femmes, lutte contre les discriminations et les inégalités sociales, s’engage dans la prévention du SIDA et des IST. (Source Planning-Familial.org)
[4] Sidaction appelle à promouvoir une éducation complète à la sexualité, en agissant pour une systématisation des interventions en milieu scolaire et en veillant à ce que ces interventions soient inclusives pour les jeunes LGBT+. (Source Sidaction.org).
[5] SOS homophobie est une association française qui lutte contre les infractions à caractère homophobe ou transphobe (discriminations, violences, etc.), et pour les droits civiques et la reconnaissance des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes), … en particulier en milieu scolaire (Source Wikipedia).
[6] Le chiffre d’affaire mondial de la pornographie est évalué à 140 milliards de dollars par an, équivalant du budget militaire de la Russie en 2024