Le Coronavirus fait-il partie des jugements de Dieu ?

Par Jérôme Prekel. Les textes surlignés sont des références hypertextes à consulter, dont la plupart sont des versets bibliques. Ils représentent la part la plus importante de cet article.

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On se fait assez vite traiter d’obscurantiste ou de fanatique lorsqu’on évoque le sujet des jugements de Dieu, surtout à l’occasion de catastrophes naturelles. Pour l’homme de la rue, l’hypothèse ne peut être que primaire. Mais pour les croyants, habitués à sonder les Écritures, les jugements divins sont omniprésents, du jardin d’Eden au jugement dernier. Reste à savoir comment les définir.

Ce qui doit être précisé d’emblée, c’est que la réponse à cette question ne sera pas complète, parce qu’elle touche à la justice de Dieu et à sa souveraineté, deux domaines que nous n’avons pas la capacité de circonscrire, parce qu’il faudrait être Dieu. Mais les Écritures nous donnent un certain nombre d’indications qui nous permettent de nous approcher, avec humilité, de ce sujet glorieux. Et Dieu le souhaite. Les adorateurs qu’Il cherche sont des personnes qui ont goûté à sa bonté, qui prennent en considération sa Parole (la crainte de l’Éternel), qui cherchent à le connaître et donc à le comprendre. Et la recherche du sens des évènements, particulièrement les plus dramatiques, fait partie des exercices auxquels ils sont invités par les Écritures : « au jour du bonheur, sois heureux, au jour du malheur, réfléchis »(Ecclésiaste 7/14). 

La question en titre mériterait probablement d’être mieux formulée. Nous devrions nous demander si la pandémie Covid-19 est :

  • Un jugement divin
  • Un aléa des systèmes naturels et de leur coexistence 
  • Une attaque du diable

Selon notre Adn spirituel, et notre connaissance de la Parole de Dieu, nous irons plutôt vers l’hypothèse qui correspond à notre système de pensée. Il paraît qu’on finit toujours par tomber du côté où on penche ! 

Les croyants tendance « combat spirituel » verront dans cette pandémie une offensive démoniaque (il y a des versets pour ça) contre laquelle il faut se mobiliser spirituellement : ils ne prieront pas simplement pour que Dieu les sauve, mais chercheront à prendre autorité pour chasser, et détruire le mal. Il y a (encore) des versets pour ça : les disciples ne doivent-ils pas marcher sur les serpents et les scorpions (Luc 10/19) ? Dans ses extrêmes, ce groupe peut souffrir d’une foi parfois présomptueuse, qui se condamne elle-même à triompher … ou à disparaître : en effet, puisque le chrétien est fait pour la victoire, alors Vae victis (les malheurs sont réservés aux vaincus) ! C’est justement le problème de cette vision des choses, c’est qu’elle nous amène à considérer que ceux qui échouent, et qui tombent malades (ou meurent) sont vraisemblablement coupables de quelque chose. Ce que Jésus a clairement contredit.

Les croyants tendance « prophétique » y verront un jugement divin, soit en forme de sanction du monde et de l’Église, soit en forme d’avertissement à revenir à l’Éternel (les deux sont complémentaires) ; ils ne pourront donc pas prier contre une attaque du diable, puisqu’ils considèrent que c’est Dieu qui est à la manœuvre, et n’imaginent évidemment pas s’opposer à sa volonté, mais ils prieront pour le soulagement des souffrances de ceux qui souffrent et pour que la volonté de Dieu s’accomplisse. Dans les extrêmes de ce groupe, on trouve une bonne proportion de catastrophistes, qui sont à l’affût des drames en tout genre, l’œil rivé sur les signes : un tremblement de terre, un tsunami, un attentat, sont autant d’occasions de produire les versets appropriés. Certains sont plus préoccupés par l’avènement de l’Antichrist, que par le retour de Jésus. Ils ne sont sans doute pas les plus représentatifs, mais ils sont souvent ceux qu’on entend le plus.

Les croyants tendance « rationaliste » y verront une cause naturelle, peut-être imputable à des déséquilibres systémiques, un évènement certes imprévu mais qui s’inscrit dans un principe prévisible, et ils prieront pour que Dieu les protège, soutienne ceux qui souffrent et sauve le monde ; parce qu’ils considèrent que l’homme est responsable et autonome dans une création où peut s’exprimer un mal naturel (accidentel), différent du mal moral (intentionnel). Dans ses extrêmes, ce groupe peut souffrir de relativisme, et d’un brin de condescendance à l’égard des deux autres groupes, considérés comme gentiment allumés. 

Les raisons de ne pas croire à un jugement divin

Elles peuvent se fonder ici sur des critères simples : l’être humain se conduit de manière stupide et se comporte souvent comme un parasite de la création (une sorte de virus). Il colonise, phagocyte, déstabilise les équilibres, surexploite les réserves naturelles, industrialise, pollue, détruit … et se plaint des conséquences, en accusant les autres, le diable ou le Ciel. Mais il n’a besoin finalement ni de Dieu ni du diable pour recevoir les retours de bâton. Parce que tout « ce qu’un homme sème, il le récoltera » (Gal. 6/7, inspiré d’Osée 10/13 et Job 4/8) : ces paroles éternelles agissent comme des lois immuables qui entrent en mouvement toutes seules, comme un système autonome : si tu manges du fruit de l’arbre interdit, tu mourras. Si tu rejettes la vérité, tu seras la proie du mensonge, si tu te livres au péché, tu lui appartiendras

Dans cette perspective de compréhension, la pandémie de Coronavirus sera considérée comme un des nombreux résultats de la stupidité de l’homme (car en l’occurrence nous savons depuis des années que les marchés de viandes animales chinois sont propices à des contagions de virus trans-espèces). C’est donc a priori un mal naturel, accidentel, dépourvu d’intentionnalité. 

Pour une société nouvelle, il faut un Dieu nouveau, plus tolérant et plus proche des réalités de l’humanité.

L’argumentaire rationaliste pourra être une option crédible, soutenue par notre répugnance naturelle (synonyme : charnelle) à concevoir un Dieu qui envoie des virus pour tuer des gens innocents, ce qui correspond aujourd’hui à une théologie moyenâgeuse. Dieu est devenu trop bon pour ça. C’est un seuil important qui a été franchi et qui conditionne notre compréhension de Dieu, de sa volonté et de son plan. Le postmodernisme a influencé, au moins indirectement, l’image d’un Dieu dont le caractère a évolué, par rapport à la Bible, surtout à l’Ancien Testament. Pour une société nouvelle, il faut un Dieu nouveau, plus tolérant et plus proche des réalités de l’humanité. Ce faisant, la société qui redessine les traits divins ne peut éviter d’abaisser la divinité à son idée, donc à sa ressemblance, alors que le principe de base est exactement inverse. C’est le péché du veau d’or.

Conclusion : beaucoup de croyants se retrouveront dans la pensée de la foi tendance rationaliste, qui répond à un certain nombre d’exigences modernes. Mais cette foi est très incomplète. Car Dieu est (aussi) un Dieu de jugements, qui a prouvé (et promis) son interventionnisme dans les affaires du monde, auquel il a pourtant donné une autonomie existentielle.  

Les raisons de croire à un jugement divin

Avant d’explorer ou d’examiner cette perspective, on laissera évidemment de côté toutes les interprétations excessives qui font prendre à certains des positions téméraires (pour ne pas dire fanatiques) pour de mauvaises raisons, lorsqu’ils n’ont pas encore compris que leur promptitude à invoquer le sujet des jugements divines (ou à le marteler) cache des aspects de leur personnalité chrétienne qui ont besoin d’être purifiés. Au-delà de ces approches qui devraient être marginales, mais qui regroupent malheureusement beaucoup trop de croyants, nous ne pouvons pas aborder la question des jugements de Dieu sans poser deux préalables : leur légitimité et leur objectif. 

Leur légitimité 

Si nous voulons comprendre Dieu, nous devons laisser de côté le « dieu moderne » évoqué plus haut et chercher à revenir au Dieu original et à une relation qui soit digne de lui.

Si nous croyons en Dieu et si nous faisons partie des gens qui fléchissent le genou devant sa royauté, alors nous ne tenterons pas de le façonner à notre ressemblance. Mais nous nous approcherons de sa sagesse, de sa justice et de sa gloire, avec humilité. Sachant que Dieu est infini, et que nous ne pouvons imaginer en faire le tour, parce que nous sommes des créatures finies (avec un début et une fin). Cependant nous chercherons dans sa Parole tout ce qui peut nous aider à le connaître, et à le comprendre. 

Cette approche nous libère de la nécessité (charnelle) de statuer sur toutes les actions divines, et nous rend capable de nous incliner devant ce qui est incompréhensible, en priant qu’il nous donne la lumière pour comprendre, en son temps. 

Aucune adoration n’est réellement possible sans l’acceptation de la souveraineté divine

Ce qui précède pourrait être une certaine définition de la crainte de l’Éternel. Aucune adoration n’est réellement possible sans l’acceptation de la souveraineté divine : l’Éternel a donné, l’Éternel a repris, que son nom soit béni. Abraham n’aurait pas pu obéir s’il n’avait été dans cette position d’adorateur. Telle est la substance de l’adoration, en contraste avec l’adoration moderne dont l’essence est plutôt émotionnelle et la nature par conséquent volatile.

La foi véritable et l’adoration véritable établissent la légitimité de Dieu dans nos vies et sur toute la création (son conseil, des droits), ce qui s’applique à ses jugements, positifs ou négatifs. Et je dirais même : acceptables ou inacceptables.

Leur objectif  

Les jugements divins sont perçus la plupart du temps comme des punitions, des émanations de la colère du Ciel. Mais si nous sondons sérieusement les Écritures, nous constatons que les jugements divins ont toujours une visée édifiante, spirituellement positiveconstructive, ayant en vue la bénédiction de ses enfants, la protection de la création, la défense de la pureté face au péché, de la vérité face au mensonge, du royaume de la paix face à l’orgueil et à la guerre, et l’affirmation de la gloire encore voilée de Dieu. 

« Les jugements de l’Éternel sont vrais, ils sont tous justes. Ils sont plus précieux que l’or, que beaucoup d’or fin ; ils sont plus doux que le miel, que celui qui coule des rayons » (Ps. 19)

Les différentes formes d’expression du jugement divin s’exercent en faveur de son peuple, comme une pédagogie dictée par l’amour, même s’il faut permettre certaines expériences : 

« Nos pères nous corrigeaient pour peu de jours, comme ils le trouvaient bon ; mais Dieu nous reprend pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté » (Hébreux 12/10)

« Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime » (Apocalypse 3/19)

« Car ce n’est pas volontiers qu’il humilie et qu’il afflige les enfants des hommes » (Lamentations 3/33).

« Car l’Éternel châtie celui qu’il aime, comme un père l’enfant qu’il chérit » (Proverbes 3/12)

« Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde » (1 Corinthiens 11/32)

Le jugement divin est une réalité incontournable et indispensable du royaume de Dieu. Sans jugements, il ne peut pas y avoir d’arbitrage entre le bien et le mal, le vrai et le faux, le pur et l’impur, car l’homme n’étant pas la mesure de toutes choses, il lui est nécessaire de trouver en dehors de lui-même la vérité sur le monde, sur l’invisible, et sur lui-même. Parce que la vérité absolue existe.

En ce qui concerne les jugements négatifs, plus difficilement compréhensibles, ils sont indissociables de ce qui précède : la tour de Babel, le Déluge, la sortie d’Égypte, tout doit être replacé dans une perspective éternelle, avec un centre de gravité qui n’est pas l’être humain, mais le Seigneur Jésus-Christ, vers un aboutissement qui n’est pas terrestre, mais céleste. 

En résumé

1. Tout jugement divin est bon, qu’il s’exprime dans un cadre qui nous est compréhensible, ou pas. À partir du moment où nous nous inscrivons en faux face à une action divine patente, ou à un attribut divin, nous nous élevons à son niveau, en position de juger Dieu, de traiter d’égal à égal avec lui. C’était la logique proposée par le Serpent dans le jardin d’Eden, et c’est la dynamique de l’homme de péché, l’antichrist, dans les temps de la fin. 

2. Tout drame qui se produit dans le monde et la création ne peut pas être considéré comme un jugement divin : lorsque les disciples interrogent Jésus sur les causes de l’accident de la tour de Siloé, qui a provoqué la mort de plusieurs personnes (Luc 13), il leur répond que ce drame ne doit pas être considéré comme un jugement, mais qu’on doit y voir le rappel et la nécessité pour chacun d’être prêt à mourir à chaque instant (d’être en règle avec Dieu). Telle est la leçon première des évènements dramatiques de la vie.

3. Rien de ce qui se produit dans le monde et la création ne peut échapper à l’omniscience et l’omnipotence de Dieu. Et si nous considérons que Dieu « laisse faire » ou « laisse se produire » certaines choses, cela ne peut pas se produire en dehors d’un cadre décisionnel divin, même indirect, même s’il a mis en place des lois et des systèmes autonomes, ce que Jérémie a exprimé dans le livre des Lamentations (3/37) : « Qui dira qu’une chose arrive, sans que le Seigneur l’ait ordonnée ? N’est-ce pas de la volonté du Très-Haut que viennent les maux et les biens ?». Nous voudrions un Dieu qui dirige, ou un Dieu se retire : il est à la fois les deux. Pas un seul passereau ne tombe sans la volonté du Père (Matthieu 10/29) : il ne décide pas de la mort « personnelle » de chacun d’eux, mais ils sont soumis, au même titre que la création toute entière, à l’ensemble des lois naturelles qu’Il a fixées. Et la mort en fait partie, en tant que tout premier jugement divin sur la création, et celui qui nous frappe tous.

4. Il existe bien une intentionnalité du mal, et donc du drame, personnifiée par satan, le prince de ce monde. Pour Jésus, il n’y a aucun doute, le diable est un adversaire qui s’oppose et travaille contre Dieu, ayant le pouvoir d’orchestrer des desseins funestes. C’était également la vision des apôtres et fondateurs de la première église. Et on peut regretter que la foi de tendance rationaliste ait parfois relativisé l’existence de satan.

5. Dieu se servira des drames naturels spontanés ou intentionnels méchants en faveur de l’accomplissement de ses plans pour Ses enfants : « Le mal que vous m’avez fait, Dieu l’a changé en bien » et « Toutes choses concourent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu, qui sont appelés selon son dessein ». Et cela, sans tenir compte du fait que nous sommes responsables ou victimes du mal qui nous arrive. 

En réponse 1 à la question posée en titre

La question centrale n’est donc pas de savoir si le coronavirus est un jugement de Dieu, mais de nous approcher de Dieu pour Le connaître, ce qui impliquera de découvrir et de comprendre sa volonté, son amour et aussi sa justice, qui contient ses jugements. Le Dieu de Noé est un Dieu de jugement, c’est pourquoi Noé est appelé le prédicateur de la justice

Il n’y a aucune injustice en Dieu. Il est le seul juste juge. C’est tellement triste que des croyants puissent en arriver à concevoir un Dieu injuste, ou un Dieu à la justice incertaine. Les jugements de Dieu sont parfaits, même ceux que nous ne sommes pas capables de comprendre : en-deça de cette ligne, la crainte de l’Éternel sera incomplète.

La flèche qui vole en plein jour, la peste qui marche dans les ténèbres, la contagion qui frappe en plein midi, les milliers qui tombent …  sont autant d’interpellations à lever les yeux, sentir notre petitesse, notre nudité, nous repentir, nous convertir … c’est-à-dire en définitive nous réfugier en Dieu, à l’abri du Très Haut, à l’ombre du Tout-Puissant (Psaume 91). Sans la reconnaissance de la souveraineté divine, il ne peut y avoir pour nous de révélation de la toute-puissance. Ni de la gloire.

Dans un second article sera traitée la question de la pertinence actuelle des jugements de Dieu (une réponse 2 à la question posée), qui doit aboutir à une nouvelle attitude de cœur, qui consiste à désirer la venue du Seigneur, qui sera précédé et accompagné des jugements annoncés.

JeromePrekel2020©wwwlesarment.com

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