« La violence conjugale existe dans les églises évangéliques. Elle y est même plus courante que dans la société française en général » 

Cette punchline est extraite d’un article de ServirEnsemble.com, qui met en avant un livre de Mme Muriel Selon, dont le titre est « La violence conjugale dans les églises évangéliques en France ».

Trois réflexions importantes à la lecture de cet article :

  • Nous sommes solidaires de toutes les femmes victimes de violences de quelque nature que ce soit, et a fortiori dans les milieux où la Bible est prêchée ;
  • Nous condamnons toute atteinte aux droits des femmes : les coupables doivent être jugés sans aucune complaisance quel que soient leurs rôles, responsabilités ;
  • Nous approuvons toute sensibilisation et prise de conscience des responsables de communautés pour détecter et affronter les abus en tout genre, et les discipliner, y compris en les portant à la connaissance des autorités.

Ceci étant rappelé, et pas seulement pour la forme, il est impossible de laisser sans réaction l’affirmation selon laquelle « la violence conjugale existe dans les églises évangéliques. Elle y est même plus courante que dans la société française en général ». Pourquoi ?

Premièrement parce qu’on aurait préféré lire que la violence conjugale existe « dans les milieux évangéliques », plutôt que « dans les églises évangéliques ». Reconnaissons que ce n’est pas la même chose et j’invite le lecteur à méditer un instant sur la nuance : parler de violence faites aux femmes dans « les églises évangéliques » revient à incriminer le système et donc les responsables. Bien qu’on ne doive prêter de mauvaises intentions à quiconque, j’ai peur que l’amalgame soit intentionnel, comme on va le découvrir en fin d’article. Or, ceux qui ont eu à affronter dans leur église, en tant que responsables, des situations de violences psychiques ou même physiques, savent que la détection est difficile et que le pouvoir d’agir, la marge de manœuvre, est limitée par la barrière de la sphère privée. Ce sont toujours des situations complexes. « Les » églises évangéliques ne peuvent être tenues pour responsables de cette situation. Pourtant le travail de l’auteur tend à démontrer que les enseignements bibliques et la vision patriarcale favorisent l’émergence et la prospérité de l’injustice.

Deuxièmement, parce qu’Il aurait été plus juste de dire que la violence conjugale peut exister/existe « dans CERTAINS milieux évangéliques », ou certains courants. Parce que l’utilisation de l’article « les » place l’opprobre sur l’ensemble des églises évangéliques – même si on emploie cette expression de manière générique.

Troisièmement parce que les observateurs attentifs et donc réalistes de ce douloureux problème savent très bien que le pourcentage d’abus du masculin sur le féminin dans le milieu chrétien est beaucoup plus important dans les églises ethniques, pour des raisons qui touchent davantage au référentiel culturel qu’au contexte évangélique. Et si un sociologue s’intéressait à cette question en interrogeant une majorité de femmes chrétiennes ou épouses de chrétiens issus d’églises ethniques, il y a fort à parier que les statistiques diraient ce que nous avons envie qu’elles disent. Ce qui s’appelle un biais.

« Elle (la violence conjugale) y est même PLUS COURANTE que dans la société française en général » 

Ici, c’est le comble : on voudrait coller une cible sur les églises évangéliques qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Nous sommes au-delà de la maladresse. La suite de l’article dit :

« 36 % des femmes évangéliques françaises interrogées sont ou ont été victimes de violences conjugales (selon le travail de l’auteur, p. 37), alors que la moyenne nationale est d’une femme sur 10 (page 43 à 46). Certes, l’autrice identifie quelques limites méthodologiques, mais ces chiffres sont cohérents avec ceux des études menées à l’étranger. Les églises évangéliques semblent donc bien être un terrain favorable aux violences conjugales. »

Notons ici que la syntaxe évolue : les églises ne sont plus le terrain favorable, mais elles SEMBLENT l’être : c’est mieux et on respire un peu. On va pouvoir changer le titre, alors ? Et les posts sur les réseaux sociaux ?

Quant aux « limites méthodologiques » identifiées par l’auteur, nous découvrons que l’échantillon de femmes interrogées ici est de … 221 personnes, et qu’elles sont issues pour la plupart du réseau personnel de l’auteur (face aux difficultés d’obtenir des témoignages). Vu de ma fenêtre, je crois qu’on peut dire qu’il est possible de faire mieux, si on veut assoir la légitimité d’affirmations morales graves.  

D’autant plus qu’en consultant brièvement des statistiques accessibles à tous, ce ne sont pas 36% de victimes, mais « plus d’une femme sur deux en France (53%) et plus de six jeunes femmes sur dix (63%) qui ont déjà été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle au moins une fois dans leur vie ». Sondage Le Figaro et FranceInfo (2017). On fait dire aux chiffres ce qu’on veut, c’est bien connu.

Conclusion

Dans un autre article traitant du même sujet (signé Analia Saracco) sur le blog ServirEnsembe, on entrevoit que l’intention n’est pas seulement de lutter contre les violences sexistes, mais plus largement contre les stéréotypes de genre : 

« Dès notre naissance et tout au long de notre croissance, nous sommes bombardés d’innombrables messages sur ce que doivent être une fille et un garçon, et sur les rôles que chacun·e d’eux doit jouer respectivement lorsqu’il·elle atteint l’âge adulte. Le stéréotype pour les femmes est qu’elles sont sensibles, soumises, dépendantes et faibles, qu’elles ont moins d’aptitudes que les hommes à accomplir des tâches nécessitant autorité et direction. On dit que « la femme est un être inférieur » et on la rend responsable de la violence qu’elle subit par des expressions telles que « c’est de sa faute » ou « elle l’a cherché ». C’est ainsi qu’en tant que société nous naturalisons la violence par le langage ».

On comprend que si ce filtre est adopté (ce à quoi s’emploient des personnes bien intentionnées), ce sont des pans entiers de la Bible qui vont devoir être abandonnés. Même Jésus ne pourra éviter d’être censuré. Ses paroles seront acceptées dans leur contexte, mais leur universalité sera censurée. Parce qu’il y a des choses que la culture ne peut plus accepter, et pour la première fois de l’Histoire, elle sera en mesure de les interdire : moment de progrès et de victoire pour les uns, et d’effondrement pour les autres.

On va certainement soupçonner ma réaction de « défendre le patriarcat » ou de ne pas donner au sujet la place qu’il mérite et j’ai longtemps hésité avant de publier cette réaction, mais je crois qu’il faut le faire, malgré les risques d’incompréhension. Parce que je suis profondément convaincu que la vague de violence et de mépris pour la vie, qui balaye le monde entier, ne vient pas d’une mauvaise éducation de genre, mais d’un baptême dans un esprit de rébellion contre Dieu et son modèle de société idéale. Les effets de la révolte morale s’affichent avec fierté, avec arrogance. L’Esprit du monde entraîne le monde dans une spirale, et son influence séductrice n’épargne malheureusement pas des franges de l’Église. Les hommes sont répréhensibles de ne pas aimer leurs femmes comme Christ a aimé l’Église, mais les femmes ne sont pas en reste. Et toutes celles qui entrent en croisade contre le masculin (le « patriarcat ») se trompent de combat.

La droiture et la sainteté, qui étaient des protections, des barrières immunitaires hier, semblent avoir cédé le pas, dans bien des milieux chrétiens, devant l’intérêt personnel, la recherche du plaisir, de la prospérité, et une vision charnelle de l’évangile, avec un Dieu au service du bonheur personnel. Et je ne parle même pas du wokisme, le sens de la justice humaniste.

Si nous ne revenons pas à l’Éternel biblique de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre pensée, hommes et femmes, pour reprendre notre place à Ses pieds dans Sa lumière, pour recevoir Sa vérité, Sa vie, Sa justice, ce sera la fin de tout. Ce que dit la Bible, c’est que sans la lumière de la vie et de la vérité dans nos esprits et dans nos âmes, nous sommes aveugles, paralysés, muets, sourds : en un mot nous sommes déjà morts.

Le choisir, le rejoindre, l’épouser pour lui appartenir et le suivre, c’est la résurrection et la vie.

JérômePrekel2024©www.lesarment.com

34 comments On « La violence conjugale existe dans les églises évangéliques. Elle y est même plus courante que dans la société française en général » 

  • Petit extrait tiré du site Le Mouvement de Lausanne :

    « Deuxièmement, la violence sexiste peut aussi être justifiée par l’application de textes bibliques sans tenir compte du cadre culturel dans lequel ils ont été écrits et de la manière dont cela affecte leur application actuelle. Par exemple, l’affirmation selon laquelle l’homme est « le chef de la femme » peut servir, dans une culture patriarcale, à légitimer la supériorité de l’homme sur la femme. Ce n’était certainement pas l’intention du texte original. Une interprétation littérale du texte biblique n’est pas toujours fidèle au message qu’il porte, et nous courons le risque d’établir des dogmes qui portent atteinte à la dignité humaine.[2] »

    Ce n’est qu’un court exemple parmi un florilège de textes issus du même tonneau.

    Paul a dit aux corinthiens : « C’est pourtant bien une sagesse que nous enseignons parmi les hommes mûrs, mais une sagesse qui n’est pas de ce temps ni des chefs de ce temps, qui sont voués à la destruction.
    Non, nous annonçons la sagesse de Dieu mystérieuse et cachée, celle que Dieu, avant tous les temps, avait préparée d’avance pour notre gloire. (d’autres traductions disent : »une sagesse éternelle »)
    Cette sagesse, aucun des chefs de ce temps ne l’a connue, car, s’ils l’avaient connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire. »

    La sagesse prêchée par Paul et les autres est une sagesse éternelle.
    Il y a aujourd’hui une attaque de grande ampleur contre les enseignements bibliques et cela est justifiée par ce soi-disant principe culturel : certains enseignements (ceux qui dérangent en fait) ne seraient pas adaptés à notre temps !
    Les femmes ont commencé à ne plus se voiler, sous ce prétexte. A s’habiller comme le monde, sous ce prétexte.
    Et les hommes dans l’Eglise ont laissé faire, par lâcheté, par manque de soumission à la parole de Dieu et donc à son autorité.

    Ce qu’on voit actuellement avec ces critiques de la masculinité, des rôles dévolus à chacun, n’est que la suite logique : quand le diable a le pied dans la porte….

    • Bonjour Olivier,
      je te cite :
      « La sagesse prêchée par Paul et les autres est une sagesse éternelle.
      Il y a aujourd’hui une attaque de grande ampleur contre les enseignements bibliques et cela est justifiée par ce soi-disant principe culturel : certains enseignements (ceux qui dérangent en fait) ne seraient pas adaptés à notre temps !
      Les femmes ont commencé à ne plus se voiler, sous ce prétexte. A s’habiller comme le monde, sous ce prétexte.
      Et les hommes dans l’Eglise ont laissé faire, par lâcheté, par manque de soumission à la parole de Dieu et donc à son autorité. »

      Et je suis malheureusement de ton avis à ce sujet et je rajouterai pour contredire l’éternel justificatif « Non mais ça c’était à l’époque biblique, dans un contexte socio-culturel … » qui semblerait être l’argument massue pour dire que l’ordre divin établi n’était pas ce que « Dieu a réellement dit ou voulu dire… » (un peu comme Satan l’a prétendu à Eve, justement pour qu’elle sorte de sa soumission à l’enseignement qu’Adam lui avait donné sur le fruit défendu).

      Mais remettons-nous bien dans le contexte de cet ordre que Dieu a établi depuis Adam et Eve :
      à l’époque d’Adam et Eve, c’était quoi déjà le type de société qui existait autour d’Adam et Eve pour leur laisser un contexte sociétal les poussant vers l’idée de comprendre l’ordre de Dieu selon un préjugé d’interprétation dû à ce que la société environnante leur inculquait ?
      = à l’époque d’Adam et Eve, au début, la seule société qui existait c’était Adam et Eve et Dieu (puis Satan qui est venu les influencer).

      Or si l’Evangile et ce que l’apôtre Paul a dit sur l’ordre divin établi entre l’homme et la femme, est dû au fait qu’Adam a été créé le premier et Eve ensuite, que la femme a été tirée de l’homme et non l’inverse (I Co 11:8-10), cela signifie que cet Evangile à l’époque d’Adam et Eve, alors qu’aucun autre homme n’existât nulle part ailleurs, qu’aucune société de n’importe quel type (matriarcale ou patriarcale ou etc …) n’existât non plus, aurait donc été d’actualité et aurait dû être appliqué par Adam et Eve, indépendamment de toute influence ou contexte d’une société qui aurait influencer la compréhension de la volonté de Dieu dans ses paroles.

      Par conséquent, dire que c’est le contexte sociétale à l’époque de Paul qui induisait un ordre divin entre l’homme et la femme, ce serait comme dire que c’étaient les journaux télévisés et les sites internet de l’époque qui influencèrent Adam et Eve pour leur faire comprendre l’ordre divin entre l’homme et la femme.

      Non, ce qu’il faut comprendre, surtout, c’est d’où venait cet ordre divin que Dieu instaura entre l’homme et la femme dès Adam et Eve. Et cet ordre divin ne vient pas et ne doit pas venir de la force, car Dieu ne force personne à le suivre donc comment donnerait-il comme point de base la force, pour l’ordre qu’il veut voir s’appliquer ; et il ne vient pas non plus des capacités intellectuelles, puisqu’Eve a été tirée d’Adam et qu’ils sont donc de même nature …
      Mais cela vient du fait que celui qui avait reçu la révélation quant à l’enseignement sur l’arbre de la connaissance du bien et du mal, c’était Adam seul, car Eve n’existait pas à ce moment-là mais elle apparut après. Donc Adam avait eu l’enseignement, par révélation depuis Dieu, concernant le fruit défendu et devait donc le transmettre à celle qui ne l’avait pas reçu directement : Eve.
      C’était donc une autorité et un ordre établi issu de l’enseignement reçu et à transmettre, de la révélation reçue et à transmettre, qui donnait alors un ordre établi, du type de l’ordre entre l’enseignant et son élève, du type prof/élève (non pas que l’élève soit moins intelligent que le prof mais au début, c’est le prof qui a ce qui doit être enseigné à l’élève car ce dernier est justement un élève qui n’a pas encore reçu l’idée que le prof a à enseigner).

      C’est pour ça que l’autorité de l’homme est évoqué en même temps que l’enseignement : car c’est ce type d’autorité dont il est question, car Dieu se réserve de donner la primauté de l’enseignement à l’homme (car il l’a voulu ainsi, pour que cela soit justement aussi un enseignement pour tous, au niveau de Christ/Eglise), et car il s’agira toujours d’apporter un enseignement spirituel (par révélation de l’Esprit) et non pas un enseignement intellectuel (que la femme pourrait alors tout aussi bien donner, il est vrai).

      Si on se rappelait que tout doit se faire dans l’Esprit, par l’Esprit, on n’en serait pas à dire qu’intellectuellement la femme peut tout aussi bien enseigner que l’homme (ce qui est vrai mais ce qui n’est absolument pas le type d’enseignement que nous devons rechercher car nous voulons du spirituel, c’est-à-dire des choses qui viennent de l’Esprit par la révélation).
      En comprenant donc bien que dans la Bible, quand on dit « spirituel » ou « choses de l’Esprit », ça ne veut pas dire qu’il s’agit de choses de « haute volée intellectuelle » mais tout simplement de choses provenant du domaine de l’Esprit de Dieu, issues du Saint-Esprit (donc de la révélation et non pas de la déduction intellectuelle car il s’agit de dire ce qu’il se passe réellement dans le domaine de l’esprit et non pas d’essayer de le deviner, par notre déduction).

      Par conséquent, quand Eve qui n’avait pas reçu de Dieu l’enseignement sur le fruit défendu, se mit à enseigner Adam avec une « nouvelle doctrine » que Dieu ne lui aurait jamais donnée, puisque la primauté de la révélation, Dieu l’a réservée à l’homme selon son ordre établi (car Dieu est un Dieu d’ordre), d’où cela pouvait-il venir ?
      Comme pour Pierre qui se mit à dire à Jésus : qu’à Dieu ne plaise, Jésus n’allait pas mourir (alors que l’enseignement sur le chemin de Jésus, devait venir de Jésus, vers les disciples et non l’inverse : de Christ vers l’Eglise, de l’Homme vers la femme/église…)

      C’est pour ça que l’église de Thyatire se fait reprendre par Jésus, dans l’Apocalypse : les enseignants se mettaient à accepter un enseignement issu de la FEMME Jézabel, symbole d’une source qui ne pouvait pas être la source d’origine d’un enseignement, puisque la femme ne peut pas être la source d’une révélation d’enseignement spirituel par révélation (et ça, les serviteurs de Thyatire auraient dû le savoir et ne pas céder sur cette vérité de la Parole, mais ils se sont laissés séduire car ils ont toléré de remettre en cause ce que la Parole enseigne (notamment sur la source d’un enseignement spirituel qui ne peut venir que par l’homme), pour prendre une nouveauté croustillante non issue de la révélation par Dieu, car les serviteurs n’ont pas gardé ce qu’ils avaient déjà (comme Adam l’avait fait d’ailleurs), à savoir ce que la Parole enseignait déjà par rapport à l’ordre divin pour l’enseignement/autorité dans les choses spirituelles.

      Et à notre époque où j’entends même des bruits de couloirs pour que les femmes puissent devenir pasteurs officielles dans de grandes dénominations évangéliques établies, ce n’est pas étonnant qu’on ne voit plus beaucoup, déjà, de voiles qui marquent l’autorité spirituelle dont la femme dépend. Non pas que c’est une obligation mais qu’il aurait été bon de faire comprendre que c’est une grâce laissée par Dieu pour lui rendre gloire sur la façon dont il dirige son royaume (quand tout se fait par l’Esprit, bien-sûr) : même les anges sont sensibles à ce signe qui marque combien celles qui veulent l’afficher, veulent montrer qu’elles veulent l’ordre que Dieu établit dans son royaume, en reconnaissant par là que c’est ce que Dieu veut qui devrait se faire dans son royaume (aussi bien pour la soumission des femmes à l’autorité de l’homme, qu’à la soumission des hommes à leur autorité qui est le Saint-Esprit et non pas leur propre volonté).

    • Bonjour Olivier,
      Nous sommes d’accord sur la nature de l’offensive déployée contre le modèle moral inspiré par Dieu, que tu as rappelé dans le passage que tu as cité et qui parle de « la sagesse éternelle ».
      Pour autant, ne ferait-on pas preuve de myopie ou pire, d’aveuglement, si on ne reconnaissait pas que certaines interprétations littérales « ne sont pas toujours fidèles au message, et que nous courons le risque d’établir des dogmes qui portent atteinte à la dignité humaine[2] » ? J’ai quelques exemples (vécus) en tête… Et que « l’affirmation selon laquelle l’homme est « le chef de la femme » peut effectivement servir à légitimer une supériorité de l’homme sur la femme » ? Voire une domination. C’est triste à dire, mais je pense que oui.

      Pour la question de la pression culturelle (que j’évoque dans l’article, et peut-être même à longueur d’articles) je suis évidemment d’accord sur le fait que c’est souvent un pied dans la porte, comme tu le dis. Mais il y a un aspect que je veux relever, pour dire qu’on ne peut tout simplement pas transposer la culture de l’époque biblique dans la nôtre, et que certains enseignements y sont typiquement confinés. Par exemple l’histoire des cheveux longs ou courts : ce que dit Paul n’est pas une loi éternelle. Ce qui était une honte pour la société de l’époque ne l’était pas dans une autre (Absalom avait une longue chevelure, etc). De même ce qu’il dit des esclaves et de leur maîtres (Eph. 6/5, Tite 2/9): le conseil est devenu caduque puisque la culture ayant évolué, l’esclavage est devenu interdit (enfin, pas vraiment partout). Et c’est très intéressant de voir que le Saint-Esprit n’est pas entré en conflit avec la culture (pourtant on peut penser que Dieu n’a pas créé l’homme pour qu’il soit esclave, mais libre). Néanmoins, il a composé avec la culture, par la bouche de Paul, en tirant vers le haut les mentalités. Et il nous faut donc reconnaître que « la sagesse éternelle » n’est pas littérale, mais intelligente, c’est pourquoi nous sommes exhortés à avoir du zèle, mais avec intelligence. Je reconnais que ça rend l’exercice du discernement plus difficile : on doit dénoncer et combattre le révisionnisme de la loi divine, qui est poussé par un esprit antichrist, mais on doit savoir reconnaître aussi qu’il n’est pas possible d’appliquer tous les détails de la Parole, dans toutes les époques.

      Idem pour la polygamie : dès le début, on a l’impression que Dieu donne un cadre monogame « l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme », mais il n’exprime aucun désavœu à Abraham ou à Jacob pour leurs concubines. Et puis au temps de Paul, on comprend que la culture a évolué, et qu’il faut que l’ancien soit mari d’une seule femme, ce qui induit qu’il est probablement possible de faire différemment.
      Et pour ce qui est du voile, il y a beaucoup de choses à dire !

  • Par exemple l’histoire des cheveux longs ou courts : ce que dit Paul n’est pas une loi éternelle.

    Je suis pas certain de ça, cette mode est revenue chez nous en même temps qu’un grand mouvement d’abandon de la foi (années soixante), je pense pas que ce soit fortuit. Il y avait évidement des nazirs en Israël, mais représenter Jésus sous les traits d’un beatnik comme on l’a trop souvent fait me parait être une grossière erreur.

    Juste concernant le voile, ma femme travaillait pour le diable avant sa conversion, elle était chamane. Et elle se voilait pour les cérémonies ! Elle avait « saisi un truc » avec le voile que peu de chrétiens ont compris, même s’ils disent reconnaître l’autorité des Ecritures. C’est pourtant clairement écrit. On peut démonter aisément tout argument contraire que le diable ne se prive pas de donner à ceux qui ne veulent pas se soumettre.
    Je suis persuadé que c’est le même mouvement qui produit des femmes prédicatrices et tout le reste.
    Ce qui ce passe aux Etats-Unis à ce sujet en ce moment est proprement terrifiant, le nombre de ministères réputés conservateurs qui acceptent ces doctrines de démons est en explosion.

    Evidemment on pourra à l’envie disserter sur les détails, ou sur les exceptions que Dieu dans sa souveraineté a accepté (temporairement), mais ce sera pour filtrer la mouche et mieux avaler le chameau.

    • Jérôme, tu suggères que Dieu n’ayant rien dit à propos de la chevelure d’Absalom ça vaudrait acceptation de sa part.
      Je crois au contraire que Dieu nous a transmis cette histoire pour nous servir d’exemple. Car si rien n’a été  » dit  » , il faut quand même noter que c’est sa chevelure qui a causé sa perte ! (2 Samuel 18)

      Dans le psaume 50 Dieu dit au méchant  » parce que je me suis tu…tu t’es imaginé que je te ressemblais ».
      Le silence de Dieu ne veut pas dire validation. C’est à nous de chercher Dieu.

      • Ok Olivier. Et pour les esclaves ? …

        • Comme Bruno plus bas : esclaves/ maîtres = employés / patrons aujourd’hui.

          D’ailleurs il n’y a pas si longtemps un paysan qui allait à l’usine on disait qu’il allait se vendre…

          • Oui oui, bien sûr, le rapport employés/patrons pourrait être assimilé à celui d’esclaves/maîtres, mais à mon avis uniquement au niveau du devoir moral. C’est-à-dire le même qui existe également dans le contrat moral du mariage, à savoir de ne pas être fidèle seulement dans le visible, mais aussi dans l’invisible…

            Parce qu’il y a une marge sérieuse entre le statut d’employé et celui d’esclave : ce dernier appartient au patrimoine de son maître. Ce qui signifie en gros que … ça n’a tout simplement RIEN à voir.

            Enfin, est-ce que je suis le seul ici à ne pas faire semblant de croire que Paul a composé avec la culture de son époque, alors que le Saint-Esprit de Dieu est forcément opposé à l’esclavage ? Je vais te dire pourquoi personne ne s’engage pas sur ce terrain : parce que ça reviendrait à admettre que certaines recommandations (ou certaines tolérances) de Dieu peuvent être pertinentes dans le contexte (c’est-à-dire dans la culture), mais pas à son échelon. C’est l’histoire de la volonté permissive et de la volonté parfaite. Et ça c’est dangereux pour tout littéraliste dont le Dieu est la Bible, et pas le Seigneur. Mais celui ou celle qui connaît son Dieu sera capable de rester avec Jésus quand il prendra position contre le sabbat, ou dira qu’il est le fils de Dieu, ou demandera qu’on boive son sang. Ou qui pourrait dire : oui, il a paru bon à Paul et à moi, dans le contexte des Corinthiens, de les entretenir du voile pour les femmes. Mais à la fin des temps, si Paul devait s’exprimer, il parlerait davantage de l’esprit de l’impudicité qui affecte les femmes (mais aussi les hommes). Il parlerait de l’habillement des femmes et de la nécessité pour les filles de Dieu de ne pas participer à ces modes qui dévoilent la nudité même quand elles sont vêtues. Il parlerait de l’adultère spirituel et de la communion avec l’esprit de prostitution qui a inondé le monde, et qui n’existait pas dans de telles proportion du temps des Corinthiens, qui représentaient pourtant à une petite échelle ce qui se produirait dans l’Église. Il parlerait de la pornographie et il interpellerait les hommes en leur disant : vous exigez de vos femmes qu’elles soient voilées comme marque de soumission à Dieu et à votre autorité, mais vous, vous êtes avides de consommer la nudité : où est votre voile ? Où est la marque de soumission de l’homme caché du cœur, que vous devez à celui que vous appelez Seigneur ? Où est la sainteté de votre téléphone et de votre ordinateur ? Et probablement qu’avant que quiconque condamne une femme de ne pas porter de voile, beaucoup se tairaient et se retireraient en commençant par les plus vieux, jusqu’aux plus jeunes.
            Notre tristesse devant ce qui se passe à notre époque dans le monde féminin, mais aussi dans le monde masculin et celui de l’enfance, dépasse le cadre habituel d’incompréhension et de déception intergénérationnel. Nous ne sommes pas une génération réactionnaire au progrès, nous sommes entrés dans le jugement, la dernière génération de témoins, appelés à monter et résider sur la montagne, pour recevoir le message et le donner.

  • Bonjour Jérôme et merci pour cet article qui, au-delà de votre prise de position courageuse, met en lumière les formes que prennent les persécutions dans nos milieux occidentaux.
    Car c’est bien le but des attaques et du site duquel vous avez tiré cet article : détruire non pas seulement la réputation, mais surtout la foi des élus de Dieu, en sapant progressivement (c’est bien le mot) les fondements de celle-ci.
    Je remercie également Olivier et Brice pour leurs remarques pertinentes auxquelles je souscris pleinement et je crois qu’il est dangereux de commencer à remettre en question le littéralisme de certains enseignements de l’Ecriture sous prétexte culturel.
    Lorsque Paul nous parle des cheveux courts et longs, il précise : « La nature elle-même ne nous enseigne-t-elle pas … » Or la nature n’est pas soumise à nos cultures. Lorsqu’il est question du maitre et de l’esclave, ce sont bien les relations patron / employés qui sont en vue, et c’est simple à comprendre. D’ailleurs le mot esclave est également traduit « serviteur » dans beaucoup de versions.
    Il ne vous a pas échappé Jérôme que les exemples d’Absalom et de la polygamie sont tirés de l’Ancienne Alliance à laquelle nous de sommes pas soumis en tant que disciples de Jésus-Christ, puisque notre foi est fondée sur son enseignement et celui qu’il a donné par ses apôtres (Ac 2 :42, Eph2 :20).
    Il n’y a rien de difficile dans aucune époque ou culture pour un homme à avoir les cheveux courts, il n’y a rien de difficile pour une femme à se couvrir la tête pour prier ou prophétiser, il n’y a rien de difficile à partager une seule coupe de vin entre plusieurs frères (et non pas sacrifier à la déesse hygiène [hygie] en prenant des petit gobelets individuels), il n’y a rien de difficile pour une femme à garder la place que Dieu lui a donné en se laissant enseigner par un homme établis par Dieu.
    Les tentatives pour remettre en question le littéralisme de ces choses contiennent justement le ferment de rébellion que vous dénoncez (Dieu a-t-il réellement dit …).
    C’est le même stratagème que Balaam a employé pour faire chuter Israël : ne pouvant le maudire directement, il s’est arrangé, par la séduction, pour qu’Israël désobéisse et que Dieu lui-même maudisse son peuple.
    Les seules paroles de la Nouvelle Alliance que nous ne sommes pas invité à prendre au sens littéral sont « l’œil arraché », la « main coupée », « haïr sa famille » qui, comme « la paille et la poutre » sont suffisamment grossières pour que nous comprenions qu’elles ne sont pas destinées à une application littérale. Mais même là, ces images vigoureuses du Maitre nous indiquent un radicalisme à avoir envers les choses de ce monde.
    Alors ce n’est pas parce que des hommes se servent de versets pour être des tyrans avec leur épouse (bafouant ainsi l’Esprit de la grâce) ou qu’il y a si peu, aujourd’hui, d’hommes capables de donner le sens spirituel de tel ou tel commandement du Seigneur, qu’il nous faut mettre de coté certains versets sous prétexte de ne pas choquer nos contemporains ou d’éviter des abus (les abus, Jésus les dénonçaient déjà en déclarant que les pharisiens liaient des fardeaux pesant sur les autres) …
    Je le redis, le but des attaques contenu dans ce site progressiste « servirensemble.com » est de détruire ce qui reste encore de fidélité au Seigneur dans les milieux chrétiens. Les ministères féminins n’existent pas dans la Nouvelle Alliance, aucune apôtresse auprès de Jésus, aucune épitre de Marthe ou de Marie, seule Jézabel se permet d’enseigner (Apo 2) pour sa propre ruine. Mais ça n’empêche pas la femme vertueuse, la fille de Sarah, d’être une bénédiction pour tous les siens !
    Jésus-Christ, celui dont le nom est la Parole de Dieu, est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Portons son opprobre et ne lui offrons pas un sacrifice qui ne nous coute rien.

    • Bonsoir Bruno (et Olivier), merci pour la contribution à l’échange, qui m’a fait réfléchir sur les principes opposés du relativisme et du littéralisme. Est-ce que le fait d’invoquer le contexte culturel relève forcément du relativisme ? C’est une bonne question. Pour ce qui me concerne, la réponse est non.

      Sur le fond de la question, nous sommes d’accord : le relativisme qui remet en question les articles de la loi morale, et la vision divine de la société parfaite, est une plaie. Mais pensez-vous qu’on puisse dire qu’il existe un relativisme biblique (j’en connais qui vont bondir) ? Par ex, on a certainement pris Jésus pour un relativiste de la Loi, lui qui jouait sur les mots et les concepts et qui répondait à côté ou au second degré. Il n’a apparemment pas respecté le sabbat, et en justifiant cette transgression par d’autres parties des Écritures, il était forcément pris par les fondamentalistes (les défenseurs de la Parole de Dieu) pour un relativiste. Réfléchissons un moment à ce rapport de force, et à ce temps suspendu. On a l’habitude de juger les relativistes comme dangereux et c’est souvent vrai. Pourtant ce ne sont jamais les relativistes qui conduisent leurs adversaires au bûcher.

      Le littéralisme est mauvais quand il est mal employé : c’est un peu comme quand un chauffard se rend coupable d’un accident mortel ; on dit alors que son véhicule devient « une arme par destination » : elle n’est pas faire pour ça, mais c’est ce qu’il en a fait.

      Je sais que je vais sans doute vous décevoir, mais je pense, moi aussi, que le contexte culturel a joué un rôle dans la manière dont les acteurs du Nouveau Testament ont communiqué la parole de Dieu. Inévitablement. Mon argument sur l’esclavage ne peut pas être ignoré. Et je pense que la question du voile mérite mieux que la simple convocation des versets habituels, et une fin de non recevoir.

      Je ne suis pas en train de défendre l’esprit que j’ai accusé dans mon article, évidemment : nous parlons ici d’autre chose et je vais essayer de clarifier ma pensée. Je précise (au cas où) que je me considère plutôt proche du littéralisme. Mais ça ne m’empêche pas d’être critique : peut-être parce que j’ai vu des choses. J’ai fréquenté par exemple des milieux chrétiens fondamentalistes (dans le sens non-péjoratif), amoureux de la parole de Dieu, rigoureusement respectueux du sens littéral, avec des femmes qui non seulement portaient le voile, mais qui ne se sentaient pas la liberté de se couper les cheveux, ni même de porter des pantalons. Et certaines trimballaient de sacrées casseroles, et pas seulement à la cuisine. Ce n’est pas une critique pour les femmes qui portent le voile.

      Mais je suis sûr qu’on sera d’accord pour dire qu’il y a un littéralisme absurde : perso je suis abasourdi devant certaines interprétation littéralistes du créationnisme. Un enseignant bien connu vient de publier un livre pour dire que la Science n’ayant pas réussi à donner des preuves solides que la Terre se déplace dans le cosmos (citant à l’appui de son propos une batterie de scientifiques), et surtout au nom du verset qui dit que « la Terre ne se meut pas », alors nous devons en conclure … qu’elle est immobile. En 2024 ! Et le plus incroyable évidemment, c’est que ce raisonnement sert à défendre l’autorité de la Bible … et à condamner ceux qui contestent, en les traitant de relativistes. Soupir !

      Avec le temps, je suis devenu convaincu que nous ne parviendrons pas à donner raison à l’un ou à l’autre (relativisme ou littéralisme), parce que leurs extrêmes sont aussi abominables l’un que l’autre. Et que c’est évidemment une erreur de nous placer dans l’un ou l’autre camp. Il faut se résoudre à reconnaître paisiblement qu’il existe un bon et un mauvais relativisme, et un bon et un mauvais littéralisme. Pointons les actes, pour ce qu’ils sont.

      Parce que le vrai centre de gravité du sujet, ce n’est pas le voile, ni les cheveux, mais c’est le cœur. L’homme CACHÉ du cœur (1 Pierre 3/4, en parlant de la femme). Alors on me dira que si le cœur est gagné, le voile sera sur la tête, et c’est probablement vrai. Mais la nuance est importante parce qu’en exprimant les choses dans cet ordre-là, nous disons que l’obéissance est sur le principe de la révélation, et pas d’une règle ou d’une obligation incomprise, qui n’est alors qu’une posture religieuse. Moi je pense que dans le cadre du service pour Dieu, de l’obéissance, ce qui n’est pas le fruit d’une révélation peut se transformer en péché. C’est pourquoi finalement Dieu condamne l’obéissance extérieure lorsque l’homme caché du cœur n’est pas gagné « Ils m’honorent des lèvres, mais leur cœur est éloigné de moi ».

      • « nous disons que l’obéissance est sur le principe de la révélation, et pas d’une règle ou d’une obligation incomprise, qui n’est alors qu’une posture religieuse. »

        Ou alors c’est de la confiance ? Dieu me le dit, je ne le comprends pas tout à fait peut-être mais je le fais.
        Par exemple : le sexe hors mariage entre adultes libres et consentants, je ne comprends pas pourquoi c’est un péché mais j’obéis. Je connais mon Dieu, il est bon, il ne donne pas des commandements mauvais. Et puis le témoignage est bien meilleur!

        Ou alors c’est une humble soumission à Dieu ? Il est Dieu, je suis un pécheur, je ne comprends pas mais je sais par expérience qu’il m’est « avantageux » de ne pas remettre en question ses ordonnances.

        J’ai rencontré des gens dans les églises, c’est authentique…, à les écouter on en arrive presque à penser que la seule possibilité de perdre son salut c’est si on obéit aux commandements…ce serait risible si c’était pas si grave.

        • Je suis d’accord avec cette vision de soumission confiante. Effectivement, j’ai connu moi aussi des chrétiens qui disaient que l’obéissance c’était du légalisme. Mais bon, je vois que tu as relevé une phrase de mon long commentaire, qui t’a fait réagir. Ça doit signifier que tu es d’accord avec toutes les autres 😉

          • Oui dans l’ensemble, c’est pour ça que je viens sur ce site. Le problème est la compression temporelle dont je suis victime depuis que je suis devenu papa, je vais à l’essentiel désormais, plus le temps pour les salamalecs 😉

  • « Un conseil de l’Eglise protestante de Genève a élaboré un projet visant à «démasculiniser» Dieu, au prétexte que la représentation qu’on s’en fait est celle d’un homme blanc âgé. C’est une blague ou elle a touché le fond? … Il me vient presque l’envie de convoquer les épouvantables robes de bure du Nom de la rose pour traduire cette bouffonnerie en procès en sorcellerie. Au moins, on s’y amuserait, s’il est encore permis de rire du wokisme sans risquer le bûcher ». Un article de Laure Lugon Zugravu, dans le journal LE TEMPS

    Dans un autre article du même journal : « Un premier document produit conjointement par les pasteurs genevois Nicolas Lüthi et Sandrine Landeau, ainsi que par le répondant ecclésial de l’EPG pour les questions LGBTIQ+ Adrian Stiefel, explicite ce besoin de changement: «On l’appelle Père, Fils et Esprit. Si on le représente de manière figurative, c’est sous la forme d’un homme – de préférence blanc et âgé.» Ou encore: «Si Dieu est masculin, il est mâle, et donc le mâle est Dieu.» Des phrases chocs, mais qui traduisent ce qui, pour ces ministres genevois, est une évidence: «Les femmes ne peuvent pas se reconnaître et inclure leur réalité féminine dans leur vie de foi si Dieu n’est que masculin», comme l’assure Laurence Mottier ».

    En creusant un peu, on apprend que « Même si elle n’est pas jugée prioritaire par le Consistoire (le parlement de l’Eglise), cette démarche répond à l’une des revendications formulées par une cinquantaine de femmes bénévoles, diacres ou pasteures lors de la grève des femmes de 2019. Elle demandaient davantage d’équité dans l’Eglise, l’application de l’écriture épicène ou encore une «réflexion théologique sur la représentation de Dieu au-delà du genre», selon le média Watson ».

    • Ces choses témoignent du temps dans lequel nous sommes et sont la parfaite illustration de ce que le Saint-Esprit nous dit par Jean (1 Jn 2:18-24) :
      « Petits enfants, c’est la dernière heure, et comme vous avez appris qu’un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists: par là nous connaissons que c’est la dernière heure. Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu’il fût manifeste que tous ne sont pas des nôtres. Pour vous, vous avez reçu l’onction de la part de celui qui est saint, et vous avez tous de la connaissance. Je vous ai écrit, non que vous ne connaissiez pas la vérité, mais parce que vous la connaissez, et parce qu’aucun mensonge ne vient de la vérité. Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père; quiconque confesse le Fils a aussi le Père. Que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous. Si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous demeurerez aussi dans le Fils et dans le Père. »

  • Il me semble qu il faut aborder le masculin et le féminin de Dieu….. à suivre j y travaille et je partagerai !

  • Bonjour Jérôme,

    A propos de l’exhortation de Paul aux esclaves, je pense surtout que Paul n’a pas eu la chance de participer au Congrès international sur l’évangélisation en 1974 à Lausanne car alors il aurait compris que la proclamation de l’évangile va de pair avec l’action sociale. Il aurait alors orienté ses efforts non seulement dans l’implantation de nouvelles églises mais aussi dans des oeuvres d’amélioration des conditions de vie de tous ceux qui trimaient pour les quelques privilégiés vivant dans le luxe, le farniente, voire dans la débauche. Sa vision théologique de son ministère l’aurait alors porté à appeler les chrétiens à être une “contre-culture pour le bien commun “. Il est vrai que Paul dans ses épitres parle de collectes pour les nécessiteux. De même les églises et missions évangéliques de tout temps ont aidé ceux qui étaient les plus misérables mais elles ont toujours mis l’accent sur la nécessité d’être sauvés de la colère de Dieu et de la perdition éternelle.

    Ensuite, la 2 ème chose (après l’engagement social inséparable de l’évangélisation) qui tient le haut du pavé chez les évangéliques, c’est la notion de contextualisation du message. Le but de cette contextualisation, c’est de rendre le message accessible et visible de tous. “ Le culte et les autres rassemblements doivent donc être vécus comme des représentations publiques. Ils doivent être capables d’interpeller celui ou celle qui est à l’extérieur(e) à ce mouvement de communication avec le Dieu Trinitaire. Mais comment le pourront-ils si le vocabulaire, les rites et les comportements sont incompréhensibles ? … Pourtant, il est bien dit dans 1Cor 2:12-14  » Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. Mais l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. “ Jn 6:44-45 “Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi.” Il existe donc bien un langage spirituel et si Dieu n’attire pas à Lui et si l’Esprit n’éclaire pas l’intelligence et le cœur, même si nous adaptons nos mots à ceux du monde, l’incroyant ne comprendra de toute façon rien du tout à notre message. Il reste que cette notion de contextualisation est plutôt très nébuleuse : ” Il faut garder le juste équilibre culturel en présentant l’évangile”. Finalement l’ancienne norme de séparation d’avec le monde a été obscurcie et les méthodes du monde se sont engouffrées dans l’église.

  • Bonsoir à tous,

    débat passionnant et bien mené , je pense, car effectivement il y a de la thèse et antithèse qui se tiennent…

    Mais sans motivation agressive mais juste pour encore débattre, comme Jérôme dit qu’il a vu des fondamentalistes qui y mettaient la forme mais pas trop le fond (le coeur), alors ce genre d’argument qui est forcément vrai sur le voile parfois (ou sur d’autres sujets), dans certains cas, nous emmènera alors peut-être aussi à se dire : j’en ai vu des baptisés du baptême par immersion qui transgressaient le fond , donc la forme (le baptême) n’a pas besoin d’être autant suivi que ça, c’est juste le coeur qui compte… Et du coup, sur tout ce qui a été laissé comme directives de culte à suivre (sainte cène, mariage par contrat, etc…) pourraient être effacé petit-à-petit, car l’important ne serait pas l’acte mais juste le coeur …
    Mais est-ce que c’est vraiment le chemin à prendre : le nivèlement par le bas, car comme certains ne font les choses que de façon superficielle, alors il ne faut plus regarder qu’au coeur mais pas à la forme ….?

    Non, je pense que c’est justement le gros problème avec le voile, comme ça pourrait l’être avec l’acte de mariage, l’acte du baptême, l’acte de la Sainte cène et autres : à quoi servent ces actes laissés puisque ce n’est que le coeur qui compterait ?
    Et c’est là qu’il faudrait alors comprendre que notre but, c’est de connaître Dieu (Jn 17:3 = La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ). Or il existe des enseignements par le geste aussi, qui exprime une mise en action des paroles de la Bible, afin que cet enseignement nous emmène à connaître davantage Dieu, par la pratique-même, quand on la vit (exple : les disciples à qui Jésus a dit de distribuer les poissons et les pains: Jésus a fait plus que de leur faire un enseignement textuel sur la foi, le don de ce que Jésus nous donne afin d’être une bénédiction pour notre prochain, comme Jésus le fait…).

    C’est plus facile de comprendre ce que la soumission veut dire et implique, justement quand on a se soumettre ; et si cela commence par une toute petite soumission (mettre un voile pour les femmes ou ne pas mettre une casquette pour les hommes, car on ne parle pas souvent de ce que l’homme ne doit pas faire non-plus, comme ne pas mettre un chapeau ou une casquette, lui non plus, quand il prie ou prophétise…. : c’est bizarre de ne voir que d’un côté et de ne pas voir l’autre côté que les hommes ne discutent pas autant, non-plus, s’ils avaient envie, eux, de mettre une casquette en priant, etc …)

    Rappel :
    « Jn 8:31-32 Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui: Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. »
    Ce qui affranchit, c’est de connaître la vérité, pas de ne pas connaître, or comment être plus affranchi = en connaissant plus (pas moins), dans le coeur.
    Or comment pouvoir connaître plus ? = en demeurant dans la parole = rester dans celle qu’on connaît déjà !
    Donc niveler la connaissance par le bas, en gardant de moins en moins ce qu’on a déjà et qui peut nous permettre de connaître davantage, c’est la spirale vers le bas.

    Le truc, ce n’est pas de dire, « moi je ne sais pas ce que ce geste décrit dans Bible signifie en profondeur, donc je trouve qu’il n’y a pas d’utilité à le garder et on devrait donc s’en passer tous car sinon on le fait de façon religieuse », mais ce serait plutôt de se dire: « Mais Seigneur, tu as laissé un geste à pratiquer que je ne comprends pas, alors révèle-moi la profondeur de ce geste, et cela me fera te comprendre et te connaitre davantage, afin que je ne pratique pas ça de façon religieuse juste pour la forme… »
    Et c’est exactement ça que Jésus voulait enseigner en ne pratiquant pas le sabbat comme les pharisiens le pratiquaient = pour donner le vrai enseignement sur ce qu’est le sabbat et non pas pour l’annuler (Jésus visait le vrai enseignement lorsqu’il ne respectait pas la façon de voir des pharisiens, il ne visait pas l’effacement du principe du sabbat mais le rétablissement du vrai principe du sabbat, dans son sens profond).
    L’important c’est l’enseignement sur Dieu (enseignement de coeur qui peut mieux passer quand on le vit, notamment), alors est-ce qu’en ne gardant pas mais en effaçant tout ce qu’on en comprend pas, cela va nous emmener vers plus de compréhension de Dieu ou est-ce qu’il ne faudrait pas plutôt dire à Dieu : « ça je ne comprends ce que ça veut dire, pourtant tu l’as demandé, alors explique-moi, afin de grandir et de sortir de ma religiosité du fait de mon incompréhension (qui est normale car il faut que tu me le révèles par le Saint-Esprit, si ça m’intéresse de plus te conaître )… » ?

    • Merci Brice,
      Petite précision : je ne suggère pas d’effacer quoi que ce soit, évidemment; je dis que nous avons davantage besoin de dévoiler ce qui est caché que de voiler ce qui est visible. Finalement, je pense que je suis pour le voile pour les hommes, davantage que pour les femmes, mais ça n’existe pas, ou plutôt si, mais ça s’appelle autrement : la circoncision. Et tiens, justement, la circoncision est très bien traitée dans son ambivalence par un argumentaire inspiré de Paul, et à mon humble avis, si nous acceptons sa brillante démonstration sur la vraie et la fausse circoncision, alors nous pouvons penser sans risquer de nous tromper que pour le voile, c’est la même chose. En tous cas, c’est le même sujet, et ceux qui défendent à tout crin le voile, accusant les relativistes de couper les cheveux en quatre, devraient logiquement accuser l’apôtre Paul de le faire avec la circoncision. Non ?

      Tu dis « Et c’est exactement ça que Jésus voulait enseigner en ne pratiquant pas le sabbat comme les pharisiens le pratiquaient = pour donner le vrai enseignement sur ce qu’est le sabbat et non pas pour l’annuler (Jésus visait le vrai enseignement lorsqu’il ne respectait pas la façon de voir des pharisiens, il ne visait pas l’effacement du principe du sabbat mais le rétablissement du vrai principe du sabbat, dans son sens profond). »
      Amen !

      • Jerome,

        C’est vrai que j’avais aussi pensé à la circoncision qui n’etait que pour l’homme cette fois-ci, mais comme cet acte etait avant Jésus et la Nouvelle Alliance, il faut bien voir que l’évangile a bien laissé, lui aussi, des actes « religieux » qui ne sont pas de l’ancien Testament comme le sabbat ou la circoncision qui ont été révolus avec la Nouvelle Alliance.

        Mais je pense alors que ces actes « de sacerdoce du nouveau testament » sont un peu comme les actes laissés dans l’ancienne alliance : ils servent à aider pour la révélation de quelque chose qui est spirituel. Donc tout comme le peuple d’Israël devait pratiquer les actes de l’Ancienne alliance jusqu’à ce que la revelation par Jesus arrive et permette alors de comprendre la signification spirituelle de ces actes, nous devons nous aussi garder le respect (la pratique) de ces actes afin d’avoir une revelation entière qui soit délivrée sur leur signification spirituelle: ce serait plus compliqué d’emmener la revelation sur le bapteme par immersion (notamment par rapport à l’immersion) si on ne la pratique plus et qu’on ne veuille plus revenir sur cette « vieille » facon de pratiquer.

        Je pense donc que les actes à pratiquer et qui sont laissés dans le Nouveau testament comme pratiques, devraient être respectès dans leur pratique déjà , car c’est déjà ça que les juifs avaient gardé et qui a servi de base quand la revelation profonde et spirituelle est arrivée par Jésus ( Jesus est venu chez les juifs, parce qu’ils etaient ces petits enfants qui avaient déjà la connaissance des gestes pour pouvoir alors leur apporter la signification de ces gestes, même si les juifs ,ont pas voulu de cette revelation… c’est pour ça qu’il disait à la femme syro-phenicienne qu’il venait pour les enfants d’Israël et pas pour les petits chiens, non pas pour l’insulter, mais pour dire qu’au moins, les juifs avait déjà les bases pour leur apporter la revelation, tandis qu’avec un petit chien, il aurait déjà fallu lui apprendre les beses du langage (les pratiques du sacerdoce) avant de pouvoir lui expliquer la revelation

        Ce serait difficile d’enseigner la signification et la comprehension de ce qu’est internet (un concept complexe) à des eleves qui ne pratiquent pas l’internet du tout mais ont juste lu le mot dans un magazine et ne veulent pas non plus se mettre à pratiquer à nouveau internet parce qu’ils sont passés à autre chose qu’ils préfèrent ..

        C’est pour ça qu’il ne faudrait pas « jeter le bébé avec l’eau du bain », jeter la pratique en se disant qu’on arrivera toujours à mieux saisir l’idée profonde et spirituelle, sans avoir besoin de cette aide pedagogique dans le concret par le geste…
        Comment saisir le  » plus de plaisir à donner qu’a recevoir » si on ne veut pas pratiquer le geste de donner quand Jesus nous tend les 5 pains et 2 poissons à distribuer ? Est-ce c’est juste l’attitude de coeur qui comptera alors, mais pas le geste ?
        C’est donc un peu pareil pour la soumission… : comment savoir ce que ca coûte, ce qu’il faut comme foi en la vérité et confiance en cette veritee, etc… si on n’a pas un petit geste, déjà (car c’est déjà avec des petites choses que Dieu nous fait commencer), qui nous permette d’entrer dans l’enseignement en live et concret (car si on n’est pas fidele dans les petites choses, alors comment pourrons-nous entrer dans les choses plus grandes comme la soumission totale à la volonté complete de Dieu pour aller jusqu’à une croix ou à une decapitation, par exemple, comme certains apotres l’ont accepté ) ?

        si on veut aller loin sur le chemin de la croix, faut commencer par le premier petit pas sur ce chemin…

        • Bonsoir Brice, merci pour ta réponse. Tu as raison bien sûr de dire qu’il ne faut jamais jeter le bébé avec l’eau du bain et que nous avons besoin « de l’aide pédagogique dans le concret par le geste ». Tu faisais référence je pense à la recommandation du voile pour la femme. Il faut reconnaître que si tout d’un coup dimanche prochain les chrétiennes se couvrent dans nos églises, ça risque de marquer les esprits ! Plaise à Dieu que les cœurs soient touchés et que cela se traduise par des marques d’obéissance à la Parole de Dieu – selon ce que l’Esprit conduira.

          Pour le plaisir de l’échange, je reviens sur le fond qui me paraît toujours aussi important. En effet, il reste vrai que, dans un certain contexte, Dieu a demandé la circoncision et que dans un autre, il fallait y renoncer : dans le premier contexte, ne pas y obéir était passible de la peine de mort (Genèse 17/14), et dans le second, y souscrire entraînait la déchéance de la grâce (Galates 5/2 et 4). Je sais que Paul avait de bonnes raisons de dire cela, mais le fait demeure solidement posé là, devant nous, pour nous interpeler. Et depuis que je suis converti, je n’ai jamais entendu le moindre enseignement pour défendre la circoncision face à Paul : c’est un enterrement de première classe, RIP la circoncision (en tout cas dans sa nécessité pour faire partie du peuple de Dieu/plaire à Dieu).

          Cette obéissance était pourtant semblable à celle du voile, et même avec une injonction plus forte, lequel voile ne pourrait donc être considéré comme définitif qu’avec un minimum de prudence. D’autant que le signifié (la réalité spirituelle cachée) est dans les deux cas plus important que le signifiant (sa représentation visible).

          Alors parvenu à cet endroit de mon raisonnement, deux voies s’ouvrent :

          – louer Dieu d’élargir notre compréhension (ce qui entraîne parfois du malaise (lire Ecclesiaste 1/18) : la vérité vous rendra libres.
          – nourrir une certaine tristesse contre les « raisonnements humains » qui coupent les cheveux en quatre et qui sèment le doute (et la désobéissance) dans les esprits;).

          Je comprends tout ça. Je comprends qu’on puisse considérer que le raisonnement soit juste et que le voile ne doit pas être interprété comme un signe spirituel d’obéissance mais que c’est la circoncision du cœur (pour le coup) qui devrait primer : nos actes (la main droite) et nos pensées gardées pures (le front). Néanmoins, certains pourront considérer que nous sommes dans la dispensation de la nécessité du voile : le temps de lui écrire son épître aux Galates ne serait pas encore arrivé.

          Personnellement, tu l’auras compris, je ne crois dans l’utilité des signes que lorsqu’ils sont le reflet d’une vérité et d’une réalité. En dehors de cela, nous sommes dans quelque chose de très charnel et religieux. Je ne préconise pas d’enlever les signes, mais je préconise d’avertir sur leur sens, et d’oser déclarer leur inutilité quand ils sont vides de sens. Un peu comme l’a fait Ezechias avec le serpent d’airain.

          • Jérôme,
            Je suis d’accord avec toi : c’est vrai que la frontière entre obéissance de coeur et religiosité est très mince quand on ne comprend pas le symbolé enfermé dans le symbolant… C’est là tout le problème que Paul a, je pense, soulevé et résolu par le « il faut la conviction dans ce qu’on fait avec un geste ou un objet, sinon c’est juste de la religiosité  » , et le voile en fait parti, comme la sainte-cene ou le baptême.

            Mais au niveau des enseignants, je pense que le chemin n’est pas dans l’effacement du symbolant quand le symbole n’est plus compris, mais dans l’enseignement, justement, du symbole ou du signe, c’est-à-dire redonner le sens au symbolant en expliquant ce qu’il veut dire (c’est le role de l’enseignement, justement). Et là, je parle donc pour les symboles et signes de la Nouvelle alliance (baptême , sainte-cene, voile, etc…) afin de les pratiquer de facon profonde (car les symboles de l’ancienne alliance sont revolus).

            Je pense qu’il faudrait reconnaitre, déjà, qu’effectivement, il reste un « sacerdoce » plus light pour la Nouevlle Alliance mais il en reste un quand-même, pas pour assujettir mais pour enseigner (ce qui permet alors aussi de comprendre l’essence du sacerdoce : comme commencer l’enseignement de la multiplication en apprenant par coeur les tables de multiplication afin d’avoir une base existante pour ensuite expliquer c’est quoi cette nouvelle operation qu’est la multiplication , car elle existe dans les mathématiques et sera necessaire pour aller plus loin dans la connaissance des mathématiques)

          • Euh … un sacerdoce plus light sous la Nouvelle Alliance ? Je pense que tu parlais des choses extérieures, parce que pour le reste, le sermon sur la montagne + le fait de porter sa croix chaque jour pour être disciple + offrir son corps en sacrifice vivant … me paraissent de plus grands sujets que la circoncision ou le voile. Mais bon.

          • Concernant le voile, on pourrait penser que le non-port du voile dans les églises est un épiphénomène quand on voit la longueur des robes et la transparence des chemisiers.
            Mais je crois que c’est bien mal connaître celui qui a dit : « que celui qui est souillé se souille encore, et celui qui se sanctifie se sanctifie encore » et aussi « Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. »
            Le Seigneur m’a d’ailleurs montré que les hommes n’étaient pas indemnes dans le domaine de l’habillement car les femmes ne sont pas attirées par les mêmes parties du corps.

          • Je ne considère pas que le fait de porter un voile sanctifie quiconque, et que le fait de ne pas le porter souille quiconque — Si c’est dans ce sens que tu as cité ton premier verset.
            Et je ne pense pas non plus que l’interpellation du voile aux Corinthiennes puisse être considérée comme un commandement — si c’est dans ce sens que tu as cité ton second verset.

            Ce sera mon dernier commentaire sur la question : d’une part je pense avoir dit tout ce que je pouvais dire, et d’autre part il me semble que le sujet fait partie du second plan. Je vais donc me reconcentrer sur le premier. Mais je lirai les autres commentaires avec attention.

          • Pour la circoncision, il ne me semble que la nouvelle alliance l’ait supprimée pour les juifs, mais uniquement pour les païens.
            D’ailleurs si quelqu’un a des explications sur le concile de Jérusalem, j’ai des interrogations à ce sujet et je vois qu’il y a ici des gens qui ont des choses à dire.

  • Bonjour Jérôme,

    Vous dites : « Je ne suis pas en train de défendre l’esprit que j’ai accusé dans mon article, évidemment »
    Je n’en doute pas un instant et même si mes propos pouvaient le laisser penser, ce n’est pas vous (ni personne d’autre) qui étiez « visés » mais plutôt le principe, la tendance, qui ne cesse de que croître, à interpréter les passages qu’on comprend mal ou qui dérange la chair sous l’angle culturel (le contexte de l’époque…), comme si les commandements et les principes donnés par le Seigneur ou Paul n’avaient plus cours aujourd’hui. Une manière de dissoudre la Parole de sa force.

    Ne tombons pas dans les écueils habituel « laxistes » versus « légalistes » parce que sur le fond nous sommes d’accord, le littéralisme peut être tout autant néfaste que le relativisme parce que l’un et l’autre s’arrangent bien avec la pensée de l’homme.

    Certain trouveront que Dieu est très rigoureux avec Saül (qui lui a offert un sacrifice tout de même !) et trop coulant avec David (qui est adultère et meurtrier). Encore ailleurs, Jésus nous déclare qu’on demandera beaucoup à celui à qui on a beaucoup donné … Dieu agit-il donc différemment en fonction du contexte ? De notre point de vue d’homme on pourrait en effet le penser, mais pourtant ne savons que Dieu ne déroge jamais à sa justice et sa sainteté !

    C’est pourquoi nous ne devons pas comprendre l’Écriture d’en bas (depuis notre époque, notre culture ou nos raisonnements) mais d’en-haut (depuis la vue que le Saint-Esprit donne). Paul dit bien dans 1 Cor 2:12 « Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. »

    Et puisque la question sous-jacente est celle de l’obéissance, Rom 7 nous dit Rom7:6 « Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli. »

    Le principe de comprendre l’Écriture par l’Esprit et de marcher également par l’Esprit étant posé, nous pouvons avancer vers le type d’obéissance qui nous est demandée dans la Nouvelle Alliance. Vous l’avez bien pointée : c’est celle du cœur, bien loin d’une obéissance littéraliste aveugle. Au-delà de nos opinions propres, prenons appuie sur l’Écriture pour le démontrer :
    Rom 6: 17 « Mais grâces soient rendues à Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de cœur à la règle de doctrine dans laquelle vous avez été instruits. »
    Eph 6:5 « Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme à Christ, »
    Mais surtout :
    Jean 14:15 « Si vous m’aimez, gardez mes commandements. »
    Jean 14:21 « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; »

    Dans ces derniers versets, Jésus lie le fait d’obéir au fait de l’aimer … c’est cela l’obéissance de la foi. Cette obéissance n’est qu’une simple réponse à l’amour incomparable que nous avons reçu de Lui (Jean ne si trompe pas 1Jn 4 :19 : « pour nous, nous l’aimons parce qu’il nous a aimé le premier »). Et cela s’accorde pleinement avec la remarque d’Olivier sur le fait de lui obéir parce qu’on lui fait confiance. Il ne s’agit pas de craindre un châtiment (car l’amour parfait bannit la crainte), mais de croire que tout ce qui vient de Lui est bon, comme Lui-même est bon.

    Jésus nous a bien dit de recevoir le Royaume comme un petit enfant … J’ai connu des sœurs qui, à peine converties, ont mis un voile pour prier sans même demander une explication. Elles ne m’ont pas non plus parlé de la nécessité d’une révélation pour obéir. L’une d’elle m’a dit un jour : « lorsqu’on vient Seigneur on ferait tout pour lui plaire … mettre un voile pour prier c’est beaucoup plus facile que de bénir ceux qui nous maudisse » … ça m’a toujours fait penser aux serviteurs de Naaman (« si le prophète t’eût demandé quelque chose de difficile, ne l’aurais-tu pas fait ? » 2Roi 5 :13). On est loin de cette simplicité aujourd’hui.

    La foi (« pistis » en grec) à deux sens de même niveau : la confiance et la fidélité (« le fidèle » dans l’Ecriture est traduit de « pistos »). La véritable fidélité est donc celle qui vient d’un cœur remplit de reconnaissance pour Christ-Jésus. Et le fameux passage commençant à Eph 5:22 « femmes soyez soumises … » nous le prouve : tous les commandement que Paul va donner par la suite sont toujours en rapport avec Christ :
    Eph 5:22 Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur ;
    Eph 5:25 Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle
    Eph 6:1 Enfants, obéissez à vos parents, selon le Seigneur,
    Eph 6:5 Serviteurs, obéissez à vos maîtres (…) comme à Christ,
    Eph 6:9 Et vous, maîtres, agissez de même (…) sachant que leur maître et le vôtre est dans les cieux.

    C’est seulement lorsque nos yeux se tournent vers Christ que nous pouvons voir, nous pouvons comprendre la pensée, la volonté de Dieu parce que lorsque nos yeux sont éclairé par Christ, ils sont en bon état (cf. Mat 6).

    Ainsi la question maitre / esclave n’est pas un réquisitoire pour ou contre l’esclavage. De même lorsque Jésus dit que les chefs des nations les tyrannisent il n’est pas en train de valider la tyrannie. C’est simplement le principe de la soumission aux autorités qui est en vue (principe largement établit par ailleurs, ex : Rom13). « Faites tous ce qu’ils vous disent mais n’imitez pas leurs œuvres » (cqfd). D’ailleurs sur l’esclavage Paul précise « As-tu été appelé étant esclave, ne t’en inquiète pas ; mais si tu peux devenir libre, profites-en plutôt. » (1Cor 7:21).

    De même pour la question du voile : premièrement il ne s’agit pas d’imposer quoi que ce soit (obéissance de cœur). Deuxièmement il y a une ordonnance pour la femme, certes, mais il y en a une aussi pour l’homme ! Pour prier ou prophétiser, l’homme doit avoir la tête découverte, la femme doit avoir la tête couverte (l’un et l’autre sont donc concernés).

    Ensuite est-il question d’un contexte culturel « corinthien » ?
    1Cor 1:2 « à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints, et à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ (…) »
    1Cor 11:16 « Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude, non plus que les Églises de Dieu. »

    Ces 2 versets nous indiquent que les enseignements de Paul (et notamment celui du voile) contenu dans sa lettre étaient donnés à toutes les Eglises et pas aux Corinthiens seuls.

    Ensuite qu’elles sont les raisons que Paul nous donne ?
    1 Cor 11:3 « Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ. »
    1 Cor 11:7 « L’homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme. »
    1 Cor 11:10 « C’est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend. »

    Une fois encore, Paul commence son explication par Christ (puisque c’est en rapport à Christ que nous devons faire toute chose). Ensuite, il est question, lorsqu’on prie (donc qu’on se présente devant le ciel) de ne pas voiler la gloire de Dieu (l’homme) et de voiler la gloire de l’homme (la femme). Pourquoi ? A cause des anges …

    Il n’y a rien de culturel là-dedans, bien au contraire. Tout ce qui est dit ici est purement spirituel. Je ne développe pas davantage (bien qu’il y ait matière), mais ces simples points que je souligne devraient justement nous empêcher de brandir ce que vous appelez une « fin de non-recevoir » de l’ordre du « c’est à cause des prostitués de Corinthe » ou du « ça c’était pour les Corinthiens ».

    Parce que, personnellement depuis 20 ans, la fin de non-recevoir a été pour ces passages : 1Cor 11 / Eph 5:22 / 1 Cor 14:34 ou encore 1Tim 2:11. Jamais je n’ai entendu de vive voix un prédicateurs prêcher ou enseigner précisément ces passages. C’est comme s’ils avaient tout simplement étaient retirés de la Bible. Et nous savons que c’est très grâce (Apo 22 :19 – Deut 4 :2).

    Soyons honnête : ils ne sont pas prêchés parce qu’on a peur d’être traité de légaliste, de bibliolâtre (« tout littéraliste dont le Dieu est la Bible » vous dîtes), ou de macho défendant le patriarcat ! Le monde, par ses mœurs et sa culture exerce donc une force spirituelle pour émietter, verset après verset, la foi des élus et cela devrait nous inciter à nous repentir de toutes les inflexions que nous avons données à la Parole du Seigneur et à combattre tous les compromis. Ne devrions-nous pas, comme Moïse, préférer l’opprobre de Christ plutôt que l’approbation des hommes ?

    Héb 12:12-13 « Fortifiez donc vos mains languissantes Et vos genoux affaiblis ; et suivez avec vos pieds des voies droites, afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais plutôt se raffermisse. »
    2 Tim 3 :12 « Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés. »
    Concrètement qu’est ce que c’est que « suivre des voies droites » et « vivre pieusement en Jésus-Christ » ? N’est-ce pas le préférer, Lui, à notre réputation ? N’est-ce pas passer pour les balayures du monde à un moment ou un autre ? N’est-ce pas, peut-être, accepter d’être traité par le monde ou par des faux frères de macho, de relativiste ou de légaliste (après tout on est toujours le légaliste d’un autre).

    Parce qu’une fois qu’on commence à tirer sur le fil du compromis, c’est tout l’ouvrage qu’on finit par détricoter … Au rythme où vont les choses, l’Evangile ressemblera bientôt à une méthode de développement personnel comme une autre et lorsque le Seigneur viendra … trouvera-t-il la foi (fidélité) sur la Terre ?

    Navré pour la longueur du message ! Bénédictions.

    • Merci Bruno, … ça n’est jamais trop long quand c’est édifiant 😉
      Je me sens bien aligné avec votre pensée. Bénédictions !

    • Merci Bruno, j’approuve tout ce que tu as écrit.
      Un bel exemple de ce que ça donne quand on commence à évoquer l’argument culturel : le pape a dit que si les évêques africains ne voulaient pas bénir les unions homosexuels c’est parce que pour eux, d’un point de vue culturel, c’était quelque chose de mal. Ce sont « des cas spéciaux »
      NEW – Pope says Africans are « special case » when it comes to LGBTQ blessings: « For them homosexuality is something ‘bad’ from a cultural point of view, they don’t tolerate it. »

      https://www.disclose.tv/id/6gta22khfx/

      La parole du pape est infaillible mais d’un point de vue culturel on peut discuter …L’argument ultime en définitive.

  • Merci Jérôme et merci Brice pour cette remarque importante “C’est plus facile de comprendre ce que la soumission veut dire et implique, justement quand on a se soumettre” et que le but de notre foi c’est de connaître le seul vrai Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ ! Amen.

    Merci également Olivier pour l’info sur la doctrine papale à géométrie variable qui rappelle l’avertissement de Tozer sur l’ancienne et la nouvelle croix, où il expliquait qu’il voyait cet autre évangile, subtilement remplacer l’ancien, et que ce nouvel évangile ne brisait pas le pécheur mais il se rendait acceptable à sa nature pécheresse.

    La croix est et restera toujours l’instrument de notre mise à mort aux choses de ce monde.
    Gal 5:23-24 “ Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit.…”

    Ce n’est pas un slogan, c’est quelque chose que nous devons vivre très concrètement ! Mais le Seigneur est notre aide.

  • Bonjour à tous,
    Je me permets d’exprimer un petit chagrin sur les commentaires qu’ont suscité cet – hélas – nécessaire article (merci au Sarment pour oser lancer le sujet).
    L’article, je crois, a pour but premier de dénoncer l’approche à charge d’un article (et d’un livre) qui gonflait la réalité des violences conjugales au sein des églises évangéliques. Bizarrement, on s’est retrouvés à parler du voile…

    Courte parenthèse sur le « voile » : Paul ne mentionne pas l’attitude que les chrétiens et les chrétiennes doivent avoir à propos du « voile », mais à propos du « couvrement de la tête » (il n’utilise le mot « voile » que quand il parle de la chevelure féminine). Son vrai sujet, comme il l’explique clairement, est la REPRESENTATION DE L’AUTORITE DIVINE DANS L’EGLISE, et donc la façon dont l’Eglise fait connaître sa position à ce sujet, non seulement au monde, mais également aux anges (y compris déchus). Paul précise d’ailleurs dans ce même développement que les choses qu’il écrit à ce sujet sont « un commandement du Seigneur » (normal puisqu’on parle de reconnaître l’autorité de Dieu). Le sujet de la couverture de la tête est donc, hélas, d’une importance très secondaire pour nous, puisque c’est sur la reconnaissance – et la soumission à – l’autorité du Seigneur que nous, croyants occidentaux de la fin des temps, sommes défaillants ! À ce titre, je rejoins à 200% un commentaire de Jérôme qui soulignait qu’au lieu de grommeler sur le voile (ou sur son absence sur la tête des soeurs), nous ferions mieux de régler des problèmes autrement plus urgents (impudicité, convoitise, etc.)
    Ce qui m’amène au sujet qui me chagrine : un article nous apprend, en exagérant un peu, que de nombreuses violences conjugales sont commises dans des couples chrétiens… et nous voilà à débattre d’interprétations littéralistes ou relativistes ! Certes je ne suis pas marié (on me dira donc qu’il est facile pour moi de juger)… mais cela m’anéantit d’apprendre que des violences conjugales sont commises par des hommes chrétiens contre leurs propres épouses. L’Evangile dans lequel nous croyons n’est-il pas sensé être un Evangile de puissance et de transformation ? l’Eglise n’est-elle pas sensée être le sel de la terre ? le Royaume de Dieu n’est-il pas au milieu de nous ? À mes yeux (et certainement aux yeux de celles qui en sont victimes), la violence conjugale est un acte d’une inconcevable sauvagerie. Si le péché, d’une manière générale, n’a pas sa place dans l’Eglise – alors combien plus celui-là, qui est d’une extrême cruauté ! Jérôme avance l’idée que le phénomène, dans les églises évangéliques, serait lié à « la culture ». Peut-être (difficile de le savoir avec exactitude)… mais j’ai envie de dire : « et alors ? ».
    Je crois qu’en cette heure de jugement mentionnée plus haut par Jérôme, nous n’avons pas besoin d’apprendre à débattre (« la dîme sur l’aneth et le cumin », c’est-à-dire « les plus petites choses »), mais plutôt d’apprendre à nous repentir !

    • Merci Nicolas pour le recentrage bienvenu sur le sujet initial, qui me ramène dans l’échange. Effectivement, en voyant l’Église comme étant « la femme » ou « la fiancée » de l’Agneau, cela ouvre de nouvelles perspectives, en relation avec sa soumission à l’autorité de son mari !

      Pour ce qui est de l’article et de la notion de « violences conjugales », le Droit dit aujourd’hui : « La violence conjugale est une atteinte volontaire à l’intégrité de l’autre, une emprise, un conditionnement dont il est difficile de se dégager lorsqu’on en est la victime ». Un violentomètre a été créé, une sorte de baromètre pour aider les personnes en difficulté d’identifier ce qui relève des tensions inhérentes à un couple et ce qui n’est pas normal. Ça va de « (il) t’ignore des jours quand il est en colère », jusqu’à la violence ultime, à savoir « (il) t’oblige à avoir des relations sexuelles ».

      Le problème est moins d’identifier les comportements toxiques, dominateurs, manipulateurs et évidemment : violents, que de conserver un caractère de normalité à certaines tensions qui s’inscrivent dans l’histoire d’un couple. Parce qu’aujourd’hui, ça peut être vite fait de coller une étiquette de pervers narcissique ou d’abuseur sur un homme qui « ne respecte pas tes décisions et tes goûts »…

      On ne peut que se réjouir que les victimes puissent bénéficier d’une grille d’interprétation et de compréhension afin qu’elles parviennent à s’extraire d’histoires qui se font passer pour de l’amour et qui ne sont que de la manipulation. Tout ça est rendu nécessaire par l’existence des féminicides et leur alarmante augmentation, qui est très probablement la partie cachée d’un iceberg épouvantable.

      Pour moi, ce drame fait partie des conséquences spirituelles de l’abandon de Dieu, de la culture de Dieu, et de l’émergence des hommes sans torah dont je parlais dans un article récent. Et bien sûr il faut renforcer le Droit, il faut punir et protéger, mais l’ampleur et la profondeur du problème nécessitent le retour du Seigneur. Nous n’avons pas les moyens ni le temps de redresser la course du bateau, puisque nous sommes en plein téléscopage.

      Tu parlais Nicolas de ta tristesse face à la réalité de l’existence de violences conjugales parmi les chrétiens, et tu auras compris que j’ai cherché à tempérer cette affirmation. Pour le dire clairement, je n’y crois pas (telle que cette affirmation est posée). Je n’ai pas dit que le phénomène serait lié à la culture, dans les églises évangéliques. J’ai dit que dans les églises ethniques, et notamment africaines, la culture patriarcale trouve assez facilement à assoir son pouvoir au moyen de versets bibliques. Je ne dis pas que c’est toujours le cas, mais je l’ai constaté. Je me souviens d’un mariage où le mari a demandé à sa femme de confesser publiquement qu’elle lui serait soumise. Et l’hilarité bon enfant de l’auditoire n’est pas parvenue à masquer la réalité de l’attente de ce chrétien. Et le sérieux de sa demande.
      Personnellement je condamne ça sans nuance, mais je condamne aussi l’amalgame fait par le livre de cette sociologue.

      Ceci étant dit, il ne devrait exister aucune violence de quelque sorte que ce soit dans l’Église. Pas plus qu’il ne devrait s’y trouver la moindre injustice. Mais voilà, nous faisons tous face au péché dans nos existences, et ce qui nous différencie, je crois, c’est la présence de la résistance, sa solidité, sa persévérance. La sainteté commence chez l’homme qui s’empêche, qui se censure, qui se retient … toutes choses qui parlent de la croix, de faire mourir le vieil homme, de refuser de lever la main, de jeter des pierres, ou de maldire qui est maudire. Parce que la vie et la mort sont au pouvoir de la langue, et la relation conjugale devrait être un canal privilégié de la bénédiction. Mais dans quel couple, même chrétien, n’a-t-on pas vécu, en marge du bonheur, des déceptions, des paroles malheureuses, des colères justes et injustes et la nécessité de recourir au pardon un nombre incalculable de fois ? Et c’est notre repentance, tu as raison de le rappeler, qui est le chemin.

  • Jérôme,
    Terrifiant témoignage, cette exigence de confession publique de soumission 🙁 Je comprends mieux ta référence initiale aux « églises ethniques ».
    Pour la réalité des violences conjugales dans le reste des églises évangéliques, je suppose que, pour le moment, nous n’en saurons pas davantage. Et j’espère que nous n’en saurons jamais davantage : quand on voit la façon dont d’effroyables scandales de pédophilie ont révélé les souillures cachées de l’Eglise Catholique Romaine, on se souvient comment le Seigneur juge publiquement les institutions qui se réclament de son nom mais qui sont corrompues : en montrant au monde ce qu’elles sont réellement. J’espère que les mouvements évangéliques, qui se réclament tout de même de réveils historiques, ne dissimulent pas une corruption semblable, et n’auront pas à subir un jugement de Dieu similaire…
    Quant au reste de la pensée exprimée dans ton commentaire (et notre besoin quotidien de retour à la croix par la repentance), je la partage entièrement.

    Un dernier mot sur une conviction eschatologique qui m’est personnelle : Dieu a fait commencer l’histoire de l’humanité par la distinction – et la complémentarité – entre l’homme et la femme. Tout démarre là. Puis, sur cette base, il institue le mariage, la famille, etc. Je constate qu’après avoir rageusement déchiré le cadre créé par Dieu de la famille dite « traditionnelle » (père/mère/enfants), puis avoir détruit les fondements même du mariage (d’abord en niant sa valeur, puis en détruisant son sens, particulièrement en « l’ouvrant » aux couples de même sexe), notre culture, animée par un esprit de révolte sans précédent, travaille maintenant à détruire cette distinction homme-femme qui est la pierre angulaire de l’histoire humaine. Et ainsi le cycle de la rébellion ultime contre Dieu est bientôt complet…

Leave a reply:

Your email address will not be published.

Site Footer