Dernière partie du message de David Wilkerson sur le danger de la théologie du « Royaume Maintenant » (Kingdom Now) qui influence notre compréhension eschatologique (les évènements de la fin). Bien que l’épicentre soit étasunien, cette vision de l’Église, du Monde, de Satan, et de la volonté de Dieu affecte déjà bon nombre de communautés évangéliques européennes. Soyez attentifs à ces sujets dans vos églises, surtout celles qui aiment se distinguer par la nouveauté.
« Voici ce qu’affirment les Écritures :
L’Eglise ne pourra pas régner avec Lui avant Son entrée dans Son ministère royal. C’est là le concept apostolique du Royaume de Christ.
Ceci diffère grandement de l’enseignement Laodicéen du “Royaume Maintenant” qui affirme que Christ a chargé l’Eglise de la mission d’administrer le Royaume en Son absence, et d’amener toutes les nations à l’obéissance – afin de Le ramener en tant que Roi à un monde dans lequel tous les ennemis sont déjà mis sous Ses pieds.
Ils enseignent que Christ ne peut revenir qu’une fois que toutes les nations croiront en Lui et que la justice et la paix rempliront toute la terre.
C’est la une déviance radicale par rapport à l’enseignement des apôtres.
Rome a pleinement développé cette doctrine de la domination il y a plusieurs siècles en arrière. Elle fut formulée par Augustin dans sa « Cité de Dieu ». L’Eglise ainsi établie prétend régner au nom de Christ en Son absence. Ils ont poussé l’enseignement jusqu’à sa conclusion logique en affirmant l’absolue suprématie de son évêque, le Pape !
Lorsque le premier amour s’attiédit et que le retour du Seigneur tarde indéfiniment, les Laodicéens deviennent las de porter la croix et commencent à se demander :
« Est-ce que ces paroles décourageantes du Seigneur et des apôtres ne doivent pas être limitées à leur propre époque ? Est-ce que cette hostilité du monde envers l’Eglise doit continuer jusqu’à la fin ? Comment est-ce que cela est compatible avec sa mission céleste et son Evangile d’amour ? N’a t-il pas dit que l’Evangile devrait être comme le levain qui fait monter la pâte, et comme une graine de moutarde qui en grandissant devient un arbre ? N’a-t-Il pas dit que » tout pouvoir est Sien ? » Ne Se donne-t-Il pas Lui-même le nom du « Prince de tous les rois de la terre » ? Est-ce que l’homme fort, Satan, ne doit pas être lié avant que nous puissions piller ses biens ? »
Et lorsqu’au quatrième siècle, Constantin, l’Empereur romain, est devenu croyant et que le christianisme a obtenu la puissance impériale derrière lui, est venue la croyance presque universelle que le jour des souffrances et des persécutions était révolu.
De tous les quartiers chrétiens, le cri de jubilation éclatait : « Satan est lié; le jour de triomphe est arrivé; Christ règne à travers Son Eglise ! » Maintenant, les prophéties peuvent trouver leur accomplissement : « Toutes les nations viendront à Sa lumière, et les rois à la clarté de Ses rayons. » Quelle illusion cela s’est-il révélé être!»
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Commentaire du Sarment (sur les 4 parties)
Ce texte (ce cri) de David Wilkerson est republié ici parce que l’actualité évangélique de la plupart des courants charismatiques américains prouve son caractère prophétique, en 2026. Probablement écrit avant les années 80, sa description de la dérive de la vision prétériste est frappante, qui éloigne finalement les croyants de la croix de Jésus et de Paul, pour une grande croisade d’un nouveau type, afin de conquérir le monde pour Christ. C’est très exaltant et a le mérite d’être mobilisateur ! Les moyens sont différents, mais l’esprit est le même, fondé sur une erreur spirituelle directement issue de l’évangile de l’Homme, et non de l’évangile de Dieu. C’est ce que David Wilkerson s’emploie à démontrer ici.
On peut regretter peut-être la place donnée à Laodicée en tant qu’église de la fin (un marqueur de dispentationnalisme), alors que les sept messages concernent l’Église de toute l’Histoire. Au-delà de ces aspects, la puissance de l’avertissement demeure, et il est clivant : le christianisme post-évangélique (voir l’article « qu’est-ce que le post-évangélisme ») propose un modèle différent, nouveau, qui attire beaucoup de monde. Et le fossé ne cesse de se creuser avec l’évangélisme classique. La charge de David Wilkerson est frontale, et sévère : il sépare littéralement ce qui, de son point de vue, est vrai ou faux. Il accuse la théologie Laodicéenne (Prétériste) de mensonge, et condamne ses prophètes. Pour lui, un croyant qui cherche à gagner le monde a déjà perdu son âme (Marc 8/36).
Une analogie, un type spirituel
Dans notre vie de foi personnelle, que ce soit à l’échelle individuelle ou communautaire, nous avons tous à expérimenter l’absence de Dieu, dans le sens de sa mise en retrait, délibérée, afin que les choses se révèlent librement, que le caractère apparaisse et que la foi puisse exprimer sa nature. L’image à retenir étant celle du jardin d’Eden. Les paraboles sont nombreuses qui montrent un Maître qui s’absente et qui tarde à revenir, ou le fiancé. Et le retard est indispensable parce que c’est dans le retard que le vieil homme arrive au bout de son chemin spirituelo-religieux : on ne peut plus attendre dans cette non-réalisation (stérilité), sans enfanter la promesse de l’Esprit, la vie, la postérité spirituelle promise, sinon elle (l’Église) disparaitra. Nous disparaitrons. Le christianisme et son héritage disparaitront.
Alors c’est le temps de l’Agarisme : ne pouvant enfanter par l’Esprit seul, nous enfanterons avec le ventre du monde et les moyens naturels : après tout, c’est Dieu qui a pourvu.
La suite nous la connaissons : la gloire de Dieu ne passera pas par l’Agarisme. Le principe est définitif, le jugement sans appel. Le christianisme triomphant par l’eschatologie victorieuse, était peut-être inévitable, comme Ismaël le fut. Plus tard, les Corinthiens ont pensé eux aussi qu’il était temps de régner spirituellement (1 Corinthiens 4/8), et Paul, leur apôtre et mentor, s’est employé à les ramener à une autre réalité spirituelle : qu’elle nous édifie, nous aussi !
« Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous avez commencé à régner. Et puissiez-vous régner en effet, afin que nous aussi nous régnions avec vous! 9 Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. 10Nous sommes fous à cause de Christ; mais vous, vous êtes sages en Christ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts. Vous êtes honorés, et nous sommes méprisés! 11Jusqu’à cette heure, nous souffrons la faim, la soif, la nudité; nous sommes maltraités, errants çà et là; 12nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains; injuriés, nous bénissons; persécutés, nous supportons; 13calomniés, nous parlons avec bonté; nous sommes devenus comme les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu’à maintenant. 14Ce n’est pas pour vous faire honte que j’écris ces choses; mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés. 15Car, quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Evangile. 16Je vous en conjure donc, soyez mes imitateurs.»